Avril 2003 - 8ème numéro de Porcinews

 
 
 
SELECTION D'ARTICLES

1.

VETSTAT : l'observatoire Danois sur l'utilisation des médicaments vétérinaires

2.

Une nouvelle espèce d'Actinobacillus non-pathogène proche de A. Pleuropneumoniae

3.

Transmission mécanique du SDRP suite à une séquence d'évènements en période douce

4.

Agent causal de la pneumonie nécrosante proliférative

5.

Acquisition de l'immunité passive par le porcelet nouveau né

6.

Bilan électrolytique du porcelet

7.

Avancées en insémination artificielle

8.

Un gel à base de GnRH agoniste pour faciliter l'insémination

9.

Effet d'un lot de céréales contaminé naturellement par Fusarium sur les performances de croissance et les analyses sanguines - efficacité d'un adsorbant

10.

Effets des carbohydrates fermentescibles sur le comportement et la production de chaleur en truies en groupe


Quelques informations Pfizer
Actualités à l'ISPAIA

 

1. VETSTAT : l'observatoire Danois sur l'utilisation des médicaments vétérinaires.

Les pharmacies, vétérinaires et fabricants d'aliment danois doivent désormais enregistrer obligatoirement leurs ventes de médicaments vétérinaires et communiquer tous les mois ces informations au VETSTAT. Cette base de donnée, mise en place au milieu de l'année 2000, recueille toutes ces données et les traite. Sont concernés les médicaments administrés aux bovins, ovins, caprins, porcins, volailles, poissons et animaux de compagnie.

Sur l'année 2001, 91 450 kg d'antibiotiques ont été délivrés par les pharmacies : 82% étaient destinés à des éleveurs, 15% à des vétérinaires et 3% à d'autres personnes (notamment des propriétaires d'animaux de compagnie). La production porcine représente 78% des antibiotiques prescrits en 2001 ai Danemark, avec en tête des molécules les plus utilisées : les aminoglycosides, les macrolides, les pénicillines et les tétracyclines. L'étude chronologique met en évidence l'augmentation de l'utilisation des céphalosporines au cours des mois de 2001, les autres molécules restent stables sur la période considérée.

Les prescriptions enregistrées par les fabricants d'aliment représentent 5 000 kg en 2001, ce qui amène l'utilisation totale d'antibiotiques à but vétérinaire à 96 500 kg en 2001 pour le Danemark.

 
H. Stege et al, VETSTAT - the Danish system for surveillance of the veterinary use of drugs for production animals, Preventive Veterinary Medicine,57, mars 2003, 105-115

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Commentaires de l'ISPAIA : Le système d'enregistrement danois prend en compte le nom commercial de la spécialité vétérinaire et permet de calculer les quantités de matière active prescrites. Ce sont donc bien des poids de matière active qui sont présentés ci-dessus. Pour cette première année pleine de fonctionnement les auteurs relèvent quelques points à améliorer : la qualité du système informatique d'enregistrement puisqu'en 2001 pratiquement 10% des prescriptions soumises ont été refusées par le système de gestion informatique.... ce qui demande à relativiser les chiffres annoncés. Dans une prochaine étape, ils envisagent bien sûr de relier ces informations aux données sur les cheptels afin d'établir de potentielles dérives d'utilisation.

 

2. Une nouvelle espèce d'Actinobacillus non-pathogène proche de A. Pleuropneumoniae ?

 

Deux isolements inhabituels d'Actinobacillus ont été réalisés sur des porcs ne présentant pas de signe clinique de pleuropneumonie. Dans le premier cas, la souche a été isolée des amygdales d'un porc n'ayant présenté ni signe clinique, ni lésion, et issu d'un élevage sans passé de pleuropneumonie. Dans le second cas, la souche a été isolée des poumons et du foie d'un porc de 3 semaines mort sans signe clinique préalable. Les deux souches ont été étudiés d'un point de biochimique et antigénique. Elles ont tout d'abord été identifiées comme A. pleuropneumoniae sérotype 1 et 9 respectivement par technique IMS.

Les deux souches produisent la toxine ApxII. Parallèlement, elles présentent le gène de la toxine apxIICA, ce qui n'est pas habituel des sérotypes d'A. pleuropneumoniae. D'autre part, les deux souches présentent des résultats négatifs aux tests PCR, notamment du fait de l'absence du gène pour la toxine apxIV.

Ces souches ont été inoculées par voie intranasale à 24 porcs EOPS de 8 semaines (station de Ploufragan). Les porcs ont été euthanasiés 55 jours post-inoculation. Aucune lésion macro ou microscopique de pleuropneumonie n'a été décelée. La bactérie inoculée n'a pas été isolée des poumons, prouvant l'absence de pathogénicité. Les porcs inoculés avec une des souches ont produit des anticorps qui leur ont conférés une immunité croisée avec A. pleuropneumoniae sérotypes 1, 9, 11.

L'analyse phylogénétique montre que ces souches sont similaires d'un point de vue génétique (appartiennent à la même espèce), mais différentes sur le plan antigénique. Elles constituent un groupe phylogénétique séparé, distinct des autres espèces d'Actinobacillus.

 
M. Gottschalk et al., Non-pathogenic Actinobacillus isolates antigenically and biochemically similar to Actinobacillus : a novel species ?, veterinary microbiology, 92, mars 2003, 87-101

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Commentaires de l'ISPAIA : Comme le soulèvent judicieusement les auteurs, on est en droit penser que cette nouvelle espèce peut expliquer en partie certaines situations évoquant des résultats d'analyses faux positifs (analyses positives pour A. pleuropneumoniae 1, 9, 11 et pas de symptomatologie en élevage).

 

3. Transmission mécanique du SDRP suite à une séquence d'évènements en période douce.

L'objectif de cette étude est de retranscrire une situation d'élevage et d'évaluer si les camions de transport peuvent être à l'origine de la transmission du SDRP d'un élevage à l'autre. Le protocole était le suivant : des échantillons de terre (21 cm de circonférence) ont été inoculées avec 104.4 TCID50 (2 fois la dose d'inoculation pour des truies) d'une souche terrain de SDRP. Ces échantillons de terre ont été fixés sur un camion. Une personne a ensuite conduit le camion jusqu'à une station de nettoyage à 50km, a lavé l'extérieur du camion (eau à 46°C + détergent), est remonté dans la cabine et l'a conduit pendant 50km. Là, il a déposé une boîte (précédemment placée dans la cabine) dans une entrée factice d'élevage. Différentes boîtes ont été utilisées : glacière en polystyrène, boîte en carton, boîte plastique ou métallique. L'opération a été renouvelée 10 fois. Des témoins avec de la terre inoculée par un placebo étaient réalisés parallèlement. Les températures extérieures étaient comprises entre 10 et 16°C.

Ce protocole avait déjà été mis en oeuvre avec des boules de neige inoculées, en période froide. Il avait permis de démontrer avec succès la transmission mécanique du SDRP dans 8 occasions sur 10 (cf. porcinews n°6, décembre 2002).

Lors du nettoyage, le chauffeur a marché dans la boue contaminée et est ensuite monté dans sa cabine. Les boîtes posées au sol dans l'entrée de l'élevage sont entrées en contact avec la boue qui s'est écoulée des bottes.

Le virus du SDRP a été isolé par PCR sur le sol de la station de nettoyage dans 9 répétitions sur 10. Dans 4 répétitions sur 10, il a aussi été détecté sur les bottes du conducteur à l'arrivée à l'élevage factice. Cependant, le virus du SDRP n'a pas été détecté sur les boîtes (sauf 1 sur 40 en PCR, mais pas en bio-essai). Les témoins étaient tous négatifs. Ces résultats montrent donc que la transmission mécanique du virus du SDRP est possible lors de température douce, mais semble beaucoup moins fréquente que lors d'études effectuées en témpérature froide..

 

S. Dee et al., Mechanical transmission of porcine reproductive and respiratory syndrome virus throughout a coordinated sequence of events during warm weather, Canadian Journal of Veterinary Research, janvier 2003, 67, 12-19

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Commentaires de l'ISPAIA : Cette étude est bien sûr à replacer dans son contexte puisque c'est une souche nord-américaine qui a été testée ici. Elle complète une étude parue précédemment (cf. porcinews n°6, décembre 2002) réalisée selon le même protocole mais en période de gel. Il ressort de la comparaison de ces 2 études que la transmission mécanique semble plus facile en période froide : 31 prélèvements sur boîte sur 40 positifs en PCR dans l'essai en condition de gel, contre 1 sur 40 dans l'essai en condition tempérée. Sans présumer de l'origine, il convient de remarquer que c'est aussi en période hivernale qu'une quinzaine de centres d'insémination artificielle ont été contaminés en SDRP ces dernières années.

 

4. Agent causal de la pneumonie nécrosante proliférative.

L'objectif de cette étude est de déterminer sur des poumons de porcelets ayant présenté des symptômes de pneumonie nécrosante proliférative, les prévalences du SDRP, du PCV2 et de grippes (SIV). Un total de 60 cas a été analysé provenant de poumons de porcs archivés sur la période 1988-1992 (n=30) ou 1997-2001 (n=30). Sur les 30 animaux analysés de chaque période, 10 étaient des porcelets non-sevrés (entre 3 et 21 jours d'âge) et 20 des porcelets sevrés (6 à 14 semaines d'âge.

Au total, le SDRP a été décelé dans 55 des 60 poumons atteints de pneumonie nécrosante proliférative. Dans 30 poumons sur les 60, le virus du SDRP a été isolé comme seul agent viral, et dans 25 poumons il a été isolé avec du PCV2. A l'inverse, le PCV2 n'a jamais été isolé comme seul agent viral dans cette étude. Tous les poumons positifs PCV2 étaient issus de porcelets sevrés. L'analyse par âge montre ainsi que 25/40 poumons sont positifs PCV2 dans cette classe d'âge, soit 63%. La grippe a été détectée dans un poumon. Dans les 4 poumons restants aucun des 3 agents viraux recherchés n'a été trouvé.

Les auteurs concluent que la quantité d'acide nucléique de PCV2 mis en évidence sur certains poumons dans cette étude fait qu'il est difficile de croire que ce virus n'ait pas d'effet délétère sur les poumons, ceci même si le PCV2 est largement répandu indépendamment de toutes pathologies. Le PCV2 contribuerait à la sévérité des lésions de pneumonie nécrosante proliférative, sans être essentiel ou nécessaire à son développement puisque des poumons atteints étaient négatifs au PCV2 (porcelets non-sevrés et un tiers des porcelets sevrés). D'après ces auteurs, le virus du SDRP doit être considéré comme l'agent éthiologique clé associé à la pneumonie nécrosante proliférative.

 
R. Drolet, Detection rates of PRRSV, PCV2 ans SIV in porcine proliferative and necrotizing pneumonia, Veterinary Pathology, 40, mars 2003, 143-148

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5. Acquisition de l'immunité passive par le porcelet nouveau né.

De par son épaisseur, la placentation épithéliochoriale chez la truie empêche tout transfert d'anticorps de la mère aux fœtus au cours de la gestation. A la naissance, le porcelet possède certes la majorité des éléments de son système immunitaire, mais ils sont encore insuffisamment développés. Durant les premières semaines de vie, il est donc totalement dépendant de la qualité de sa prise colostrale, unique source de transfert d'immunité passive. Ceci a été mis en exergue par plusieurs études rétrospectives. Les porcelets qui meurent en cours de lactation présentent dès leur première journée de vie une concentration sérique en anticorps inférieure à celle des porcelets survivants.

La richesse du colostrum à la mise bas est bien entendu variable en fonction des truies mais chez toutes les truies, la concentration en IgG décroît très rapidement au cours de la première journée. Ces grosses protéines que sont les anticorps sont protégées des protéases de l'estomac du porcelet (chymosine) par des inhibiteurs de protéases présents dans le colostrum. Leur absorption se fait par endocythose au niveau des entérocytes fœtaux. Seulement, les entérocytes produits après la naissance perdent cette capacité à absorber les anticorps. Contrairement à une idée répandue, cette modification ne saurait expliquer complètement l'arrêt d'absorption des anticorps qui survient au cours des 24, 36 premières heures de vie. En effet, à huit jours de vie, il reste 38% d'entérocytes fœtaux. En fait, l'événement essentiel semble être l'arrêt du passage des anticorps au niveau de la membrane basale de tous les entérocytes. On parle alors de fermeture du tube digestif (" gut closure "). Celle-ci se met en place au cours de la première journée de vie et semble être conditionnée, selon un mécanisme complexe, à l'ingéré d'une quantité minimale de nutriments. Lorsque le tube digestif est perméable aux grosses molécules que sont les IgG, le porcelet est plus susceptible d'être contaminé par des agents pathogènes. L'enjeu n'est alors pas de retarder la fermeture du tube digestif mais d'optimiser une prise efficace de colostrum avant cette fermeture.

La prise de colostrum est directement corrélée au poids de naissance des porcelets. Plus ils sont lourds, plus ils prennent de colostrum. Néanmoins, on n'observe pas de relation entre la quantité de colostrum ingérée par un porcelet au cours des 24 premières heures et sa concentration sérique en IgG. Un des éléments clé qui ressort alors est le début de prise colostrale par rapport à la mise bas. En décalant les premières tétées de quelques heures, il a pu être montré que la concentration plasmatique en IgG des porcelets demeurait inférieure à celles de porcelets témoins alors qu'ils ingéraient des quantités similaires de colostrum. Cette observation est à mettre en relation avec la chute rapide de la concentration du colostrum. Les derniers nés au cours d'une mise bas seraient désavantagés. Des essais alimentaires sur truies ont aussi été tentés pour enrichir le colostrum. Il semble qu'une augmentation des teneurs de certaines vitamines(A, C, E) puisse être une bonne approche.

Enfin, des travaux récents de Rooke montrent une relation entre la concentration plasmatique en IgG d'un porcelet à 7 jours d'âge et celle à 28 jours. Les auteurs soulignent que la mise en place de l'immunité active semblerait positivement reliée au niveau d'immunité passive.

 
JA. Rooke et al., Livestock Production Science, 2002, 78, 13-23

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Commentaires de l'ISPAIA : Ces auteurs de l'université d'Aberdeen ont fait une remarquable synthèse qui mérite toute notre attention. Elle reprend des travaux de Le Dividich (et al.) chez nous qui avaient montré le rôle du froid, le lien entre l'ingestion du colostrum et le poids de naissance. Certes, des questions sur le déterminisme réel de la " gut closure ", sur le lien immunité passive-active restent en suspens. Néanmoins, au vu de ces informations, il y a des actions à imaginer ou à renforcer sur les petits porcelets, les derniers nés : séchage, gavage avec du colostrum de multipare, mise à la tétée, etc…

 

6. Bilan électrolytique du porcelet.

L'essai porte sur 38 porcelets de 8 kg en moyenne recevant une ration avec une des 3 balances électrolytiques (Na+ + K+ - Cl-) suivantes : -35, +112, +212 respectivement pour ration acide (RA), ration témoin (RT) ou ration basique (RB). Les porcelets étaient sevrés entre 15 et 21 jours et recevaient un aliment d'adaptation pendant une semaine environ avant le début de l'essai (à J28). L'essai a duré 15 jours.

Le régime n'a pas d'effet sur l'ingestion si sur la croissance (480 à 500 g/j, p>0,10). Par contre, le pH urinaire est modifié : 5,71, 6,02 et 7,65 respectivement pour les régimes RA, RT, et RB, de même que le pH sanguin 7,48, 7,48 et 7,53 respectivement. La diminution de la balance électrolyique n'entraîne pas de baisse du gain mineral osseux ni du taux de cendres, ni de la balance de calcium et phosphate.

 

R.A. Budde et al., Chronic metabolic acid load induced by changes in dietary electrolyte balance increased chloride retention but did not compromise bone in growing swine, J. Anim. Sci., 81, janvier 2003, 197-208

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Commentaires de l'ISPAIA : Les résultats sur le pH urinaire vont dans le même sens que ceux de Mc Kenzie chez la jument ( cf. porcinews n°6). Les animaux testés ne sont pas des truies mais cela confirme l'intérêt et l'attention à porter à cette approche de l'alimentation dans le contrôle de la pathologie urinaire.

 

7. Avancées en insémination artificielle.

La congélation de la semence est une voie de recherche assez ancienne. Elle vise à améliorer le management des verrats et faciliter la gestion des doses en élevage. Toutefois, du fait de leur structure, les spermatozoïdes porcins supportent mal la congélation et la fertilité en est affectée. Les derniers résultats dans ce domaine sont présentés dans le tableau suivant :

Types de paillette
Quantité de spermatozoïdes
Taux de mise-bas (%) - (n)
Taille de portée
Référence
0,5 ml
3,8 milliards
100 - (22)
11,4
Thilmant, 2001
0,25 ml
3,8 milliards
90,9 - (22)
11,8
0,25 ml
1,9 milliards
86,4 - (22)
11,1
-
3,0 milliards
80
-
C. De Alba, 2003
-
5 à 6 milliards
60
-


Une autre méthode actuellement étudiée est l'insémination profonde. Le tableau ci-dessous présente une synthèse des derniers résultats :

Méthode
Quantité de spermatozoïdes (106)
Taux de mise-bas (%) - (n)
Taille de portée
Référence
Insémination profonde (col de l'utérus)
1000
86,9
12,1
Watson et Behan, 2001
Insémination ultra-profonde (tiers supérieur de la corne utérine)
500
77,3 - (22)
12,6 *
Wolken, 2002
100
65,2 - (23)
12,5 *
100
61,5 - (26)
11,3 *

* : embryons vivants à 28-35 jours

En conclusion, quand l'insémination naturelle permet d'inséminer 20 truies par verrat, l'IA dite traditionelle permet d'en faire 200 par verrat et l'insémination ultra-profonde 2000 à 4000 par verrat !

 

C. de Alba et al., Artificial insemination with boar frozen semen, 34th AASV meeting, Orlando, mars 2003, 287-289
P. Mermillod et al., Biotechnologies de la reproduction porcine, JRP, 35, février 2003, 323-338

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Commentaires de l'ISPAIA : On peut être surpris par cette technique d'IA ultraprofonde. On utilise moins de spermatozoïdes et l'on ne les met que dans une seule corne. La fécondation des ovules produits par l'ovaire de l'autre corne semble malgré tout avoir lieu. les auteurs argumentent que les spermatozoïdes fairaient effectivement le chemin in utero ou par voie extra-utérine (aurait été démontré une fois).

 

8. Un gel à base de GnRH agoniste pour faciliter l'insémination.

L'essai porte sur 126 truies provenant de 2 élevages. Il a été conduit entre avril et juin 2002. Neuf répétitions ont été réalisées. Au sevrage (21 jours de lactation en moyenne), les truies étaient réparties de manière équilibrée selon leur rang de parité et leur durée de lactation dans un des traitements suivants : Témoin (n=42, pas de traitement), GnRH-96 (n=41, un gel de GnRH agoniste est déposé dans la partie antérieure du vagin 96 heures après le sevrage), GnRH-O (n=43, un gel de GnRH agoniste est déposé dans la partie antérieure du vagin au début de l'oestrus).

Les chaleurs sont détectées en présence du verrat 2 fois par jour de J3 à J10 post-sevrage sur toutes les truies. L'ensemble des truies est également échographié toutes les 12 heures entre J3 et J10 afin de déterminer le moment d'ovulation. Les truies sont inséminées à +2h et +26h après le début de l'oestrus pour les groupes Témoin et GnRH-O. Pour le groupe GnRH-96, l'IA est faite systématiquement en aveugle à +8h et +32h après l'application du gel. Les résultats sont présentés dans le tableau ci-dessous :

Témoin
GnRH-O
GnRH-96
p
Nombre de truies
41
43
42
Truies éliminées pour problème sanitaire
-1
-1
-6
 
Truies éliminées pour non venue en chaleur
-3
-6
0
 
Nombre de truies inséminées
37
35
36
% d'oestrus dans les 7 jours suivant le sevrage *
90,7
83,5
88,6
0,06
% de 1ères inséminations dans les 24h précédant l'ovulation
18,1
47,0
0,0
0,0001
% de 2ndes inséminations dans les 24h précédant l'ovulation
88,9
94,3
85,3
0,49
Durée des chaleurs (h)
65,2
57,5
49,0
0,0001
Intervalle début d'oestrus - ovulation (h)
43,2
39,5
33,9
0,03
Intervalle sevrage - ovulation
154,3
150,6
144,9
0,003
Taux de mise bas *
80,0
75,6
72,2
Nés totaux
10,0
10,1
11,2
0,2

* Truies éliminées pour problème sanitaire exclues, mais truies n'ayant pas exprimé de chaleurs dans les 10 jours suivant le sevrage incluses.

Le taux de mise-bas des truies Témoin est supérieur à celui des truies GnRH-96, mais il n'y a pas eu de test statistique sur ce critère. D'autre part, il existe une diminution de 4 points entre le taux de truies confirmées gestantes et le taux de mise-bas dans tous les groupes. Les auteurs relèvent également que cette technique demande à être validée par d'autres études à des saisons différentes et dans des élevages avec des performances de reproduction moins bonnes.

 
RV. Knox et al., Intravaginal GnRH agonist-gel advances time of ovulation and facilitates timed AI in weaned sows, 34th AASV meeting, Orlando, mars 2003, 495-498

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Commentaires de l'ISPAIA : Cette technique semble présenter un intérêt certain. Elle reste à valider notamment dans des conditions de performances de reproduction plus proches de ce qu'on connaît pour envisager son utilisation en France. En effet, le taux de mise-bas dans tous les groupes ne peut pas être qualifié d'extraordinaire, même si les auteurs relèvent que dans le contexte américain ce sont de bons résultats (69% de taux de mise-bas moyen en 2001 sur les truies inséminées en 1ères chaleurs).

 

9. Effet d'un lot de céréales contaminé naturellement par Fusarium sur les performances de croissance et les analyses sanguines - efficacité d'un adsorbant.

L'objectif de cet essai est d'évaluer l'impact sur la croissance des porcelets de céréales (maïs et blé) naturellement contaminées en mycotoxines. Pour cela 175 porcelets de 10 kg en moyenne ont reçu pendant 21 jours un des 5 aliments suivants : lot 1 : témoin recevant un aliment non contaminé, lot 2 : aliment contaminé, lot 3 : aliment contaminé + 0,05% d'adsorbant (neutralisant des mycotoxines), lot 4 : aliment contaminé + 0,10% d'adsorbant, lot 5: aliment contaminé + 0,20% d'adsorbant. L'aliment contaminé (lot 2) contenait 4,6 ppm de DON, 0,5 ppm de 15-ADON, 23,4 ppm d'acide fusarique et 0,3 ppm de zearalenone. L'aliment témoin contenait (lot 1) comportait pour sa part 0,8 ppm de DON et 29,7 ppm d'acide fusarique.

Le GMQ moyen des porcelets recevant l'aliment témoin (lot 1) est de 428 g/j contre 280 g/j pour le lot 2. (p<0,0001) sur la période totale de l'essai (21 jours). Cependant, les indices de consommation ne sont pas différents. Parallèlement, les taux d'immunoglobulines à 21 jours sont modifiés : IgA : 0,489 mg/ml pour les témoins contre 0,993 pour les porcelets recevant l'aliment contaminé (p<0,05) et IgM : respectivement 3,80 mg/ml contre 5,28 (p<0,05). D'autre part, les poids des foies et des amygdales relativement au poids total sont plus faibles chez les porcelets ingérant les mycotoxines que chez les témoins (p<0,05).

L'adjonction d'un adsorbant dans l'aliment prévient une partie des effets des mycotoxines. Les teneurs en IgA et IgM sont significativement diminuées (p<0,05) par rapport aux porcelets recevant l'aliment contaminé et se rapprochent ainsi des valeurs du témoin. Toutefois, ceci n'est vrai que pour le lot 4 (adjonction à 0,10%). Ces phénomènes ne sont pas observés pour les lots 3 (0,05%) et 5 (0,20%). De plus, l'effet bénéfique potentiel ne se reflète pas au niveau des performances de croissante : GMQ non amélioré par rapport au lot "aliment contaminé".

 

H. Swamy et al., Effects of feeding a blend of grains naturally contaminated with Fusarium mycotoxins on swine performance and efficacy of a polymeric glucomannan mycotoxin adsorbent, Journal of Animal Science, 80, décembre 2002, 3257-3267

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Commentaires de l'ISPAIA : Une synthèse sur les mycotoxines présentée dans le précédent porcinews donnait les seuils de toxicité suivants : 0,8 ppm pour le DON et 1 ppm pour la zearalenone. On voit donc ici que l'incorporation dans l'aliment de céréales naturellement contaminées peut génèrer des taux de présence de mycotoxines dans l'aliment supérieur à ces seuils de toxicité et entraîner des effets.

 

10. Effets des carbohydrates fermentescibles sur le comportement et la production de chaleur en truies en groupe.

L'objectif de cet essai est d'analyser l'impact d'un aliment enrichi en polysaccharides non-amylacés (PNA) sur le comportement des truies logées en groupe et leur production de chaleur. Quatre niveaux d'incorporation d'ensilage de pulpe de betterave (0, 10%, 20% et 30%) comme source de PNA ont été testés. Les rations étaient similaires par ailleurs (cf. tableau suivant). Toutes les truies étaient non gestantes et alimentées une fois par jour.

0
10%
20%
30%
Nombre de truies
16
16
17
17
Ingéré en PNA fermentescibles (g/kg0,75/jour)
7,06
9,18
11,61
13,73
Amidon (g/kg0,75/jour)
17,19
15,14
12,64
10,19
Energie métabolisable (kJ/kg0,75/jour)
523
518
514
493
Ingéré en matière sèche (g/kg0,75/jour)
38,05
38,38
38,53
38,35
% du temps passé debout
11,6
14,3
9,4
9,8
Production de chaleur (kJ/kg0,75/jour)
437
443
434
420

Les truies recevant un aliment moins riche en PNA passent plus de temps en position debout (p<0,01) et produisent plus de chaleur (p<0,05). Toutefois, les auteurs restent prudents sur cette relation. En effet, il semble que selon les matières premières utilisées, l'utilisation énergétique puisse varier énormément. Les mécanismes impliqués ne sont pas complètement élucidés.

 
MMJA. Rijnen et al., J. Anim. Sci., janvier 2003, 81, 182-190

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