Décembre 2003 - 12ème numéro de Porcinews

 
 
 
SELECTION D'ARTICLES

1.

Enquête au Royaume-Uni sur l'importance de la MAP et de PDNS en élevages

2.

Réplication du SDRP

3.

Nouveaux virus H1N2 et H3N1 sur des porcs à Taiwan

4.

Peste Porcine Classique : Etat des lieux

5.

Immunisation orale vis-à-vis d'Actinobacillus pleuropneumoniae (App)

6.

Relation entre dose infectante de Lawsonia intracellularis et observations cliniques

7.

Bactéries pathogènes sur les porcs à colite en engraissement en Italie

8.

Effet du mode d'administration et de la dose d'enrofloxacine sur la sélection de résistance sur les salmonelles et les coliformes

9.

Effet du stachyose sur la croissance et l'incidence des diarrhées chez le porcelet

10.
11.

Quelques informations Pfizer
Actualités à l'ISPAIA

 

1. Enquête au Royaume-Uni sur l'importance de la MAP et de PDNS en élevages.

Une enquête téléphonique a été réalisée au Royaume-Uni auprès de 191 vétérinaires sur les incidents de MAP ou de PDNS dans les 12 derniers mois. Parmi eux, 172 ont répondu et ont signalé un total de 73 incidents de MAP, 8 de PDNS et 48 incidents impliquant la MAP et le PDNS.

Sur l'ensemble de ces cas, les enquêteurs ont approfondi l'étude sur 62 élevages pour lesquels ils ont obtenu des données complémentaires. L'étude de ces 62 élevages révèle que la mortalité moyenne sevrage-vente avant l'épidémie était de 3,7%. Elle passait à 12,6% pendant l'épidémie avec un pic de mortalité à 19,9% en moyenne. Après l'épidémie, la mortalité moyenne observée était de 9,8%. Toutefois, les vétérinaires interrogés ont mentionné la difficulté de définir une date de fin d'épidémie.

De plus, d'après cette enquête, la mise en œuvre ou non des mesures recommandées par Madec (1999) n'a modifié ni la durée ni la sévérité de l'épidémie de MAP ou de PDNS. La mortalité avant l'épidémie n'est pas liée à la mortalité durant l'épidémie.

Les auteurs concluent de cette étude qu'il ne faut pas extrapoler autour de ces résultats étant donné la méthode utilisée (pas de randomisation). Toutefois, ils remarquent qu'en Angleterre la MAP et le PDNS sont répandues. A l'inverse des autres régions du Royaume-Uni où moins de cas sont recensés. Mais ils relèvent aussi que cette enquête sous-estime probablement le nombre de cas.

 

A. Gresham et al., Survey of veterinary practitioners on PMWS and PDNS in the UK, Veterinary Record, septembre 2003, 153, 400-403

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Commentaires de l'ISPAIA : On voit bien là les limites de ce genre d'enquête déclarative. Seul 139 cas ont été collectés pour 172 vétérinaires ayant répondu. Cela peut sembler peu. En effet, nos confrères britanniques ne nous parlent-ils pas d'une développement de la MAP selon un mode épidémique. L'enquête portait ici sur les cas recensés au cours des 12 derniers mois. Il n'est donc pas forcément surprenant de ne pas voir d'effet des mesures AFSSA qui nécessitent du temps pour être mise en œuvre et pour en récupérer les fruits. Les formes de PDNS semblent importantes ou marquantes pour les vétérinaires. Elles représentent 56 des 139 cas évoqués. Rappelons enfin qu'en 2000, c'est la MAP qui avait conduit à une erreur de diagnostic avec… la PPC.

 

2. Réplication du SDRP.

La capacité de persistance des infections par le SDRP est un des facteurs principaux de sa dissémination. La dynamique d'infection sur les porcelets infectés en postnatal est relativement connue. L'objet de cet essai est de déterminer les sites de réplication virale sur des porcelets exposés au SDRP in utero. Pour cela, 3 truies ont été inoculées par SDRP à 90 jours de gestation.

Soixante quatorze pour cent des porcelets sont nés virémiques et 54% sont morts dans les 21 premiers jours. Les résultats d'analyses sur les sérums prélevés à la naissance permettent de distinguer 3 groupes : 4 porcelets négatif par isolement viral (VI) et séronégatifs. Ces porcelets n'ont pas été infectés in utero mais probablement au moment de la mise-bas. Treize autres porcelets étaient positifs par VI mais séronégatifs, et 7 porcelets étaient positifs par VI et séropositifs.

A environ 60 jours d'âge, tous les sérums des porcelets étaient négatifs par isolation virale. Ensuite, des porcelets ont été euthanasiés régulièrement entre J63 et J132. Aucun site de réplication virale n'a été détecté dans les poumons ou les organes non lymphatiques. Par contre, le virus a été facilement détecté dans les amygdales et les ganglions lymphatiques. Ces tissus ont été identifiés comme des sites de réplication. Même si la réplication était faible, le virus a été facilement transmis à des porcs sentinelles.

 
R.R.R. Rowland et al., Lymphoid tissue tropism of PRRSV replication during persistent infection of pigs originally exposed to virus in utero, Veterinary Microbiology, octobre 2003, 96, 219-235

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Commentaires de l'ISPAIA : Les treize porcelets nés VI positifs mais séronégatifs ne sauraient correspondre à des animaux IPI (Infectés Permanents Immunotolérants). Des travaux ont été organisés pour tester cette hypothèse mais ils n'ont jamais pu mettre d'IPI en évidence dans une infection par le virus SDRP. D'autre part, ces porcelets ont été infectés trop tardivement pour pouvoir donner des IPI (le système immunitaire du porcelet se met en place vers 70 jours de gestation). Ces animaux correspondent donc à des porcelets qui se sont contaminés plus tardivement que ceux positifs en VI et en sérologie. Ils n'ont tout simplement pas eu le temps de développer des anticorps.
Les auteurs ont voulu évaluer l'importance de ce moment de contamination in utero sur la survie post-natale. Pour cela, ils se sont intéressés aux porcelets ayant fait un épisode clinique de SDRP au cours des 21 premiers jours. En fonction de leur survie ou non, ils ont fait deux groupes et comparé le statut sérologique à la naissance de ces porcelets. Sur les 10 porcelets survivants, seul 1 était séropositif à la naissance alors que sur les 13 porcelets morts, il y avait 6 séropositifs (p= 0,036). Cela confirme donc leur hypothèse de mortalité supérieure sur les porcelets contaminés précocement.

 

3. Nouveaux virus H1N2 et H3N1 sur des porcs à Taiwan.

En 1998, un programme intensif de surveillance des élevages de porcs à Taiwan avait mis en évidence principalement des souches H1N1 et H3N2, mais aussi plusieurs isolements de H1N2. Par la suite, ce nouveau virus H1N2 a contribué à la majorité des épidémies de grippes des porcs à Taiwan.

Récemment, 11 isolements ont été détectés comme virus H3N1. Ils sont attribués à 3 sites d'origine : 2 élevages de porcs et un marché. Les 2 premiers isolements proviennent d'un même élevage de porcs en octobre 2001 et mars 2002. Ensuite, le 3ème isolement viral H3N1 a été identifié sur des porcs de 6 à 7 mois apparemment en bonne santé achetés sur un marché en mai 2003. Et, à la fin du mois de juillet 2003, une épidémie respiratoire s'est développée dans un élevage. Dans cet élevage, 8 isolements viraux de H3N1 ont été mis en évidence sur les porcs en engraissement. La morbidité dans cet élevage était pratiquement de 60% et la mortalité de 2%. Les liens entre ces 2 élevages et le marché sont en cours d'étude.

Il s'agit de la première description de virus H1N2 et H3N1 chez le porc à Taiwan. Les premières analyses des séquences révèlent que ces 2 nouveaux virus sont issus de recombinaison entre le virus "classique" porcin H1N1 et le virus porcin H3N2 d'origine humaine. Les auteurs en concluent que la surveillance des grippes chez les porcs doit être maintenue non seulement du fait de leur importance vétérinaire mais aussi en tant que signal d'alerte d'une future pandémie de grippe humaine.

 

C. Tsai et al., New H1N2 and H3N1 influenza viruses in Taiwanese pig herds, Veterinary Record, septembre 2003, 408

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4. Peste Porcine Classique : Etat des lieux.

Il existe actuellement 2 types de vaccins : le vaccin vivant et le vaccin sub-unitaire. Le vaccin vivant est le plus utilisé : en une seule vaccination, il confère une rapide, solide et durable immunité. Le vaccin sub-unitaire procure une immunité en une seule vaccination au bout de 10 à 14 jours. Cette immunité peut persister plus d'un an mais de façon incomplète. Ces 2 vaccins sont considérés comme sûrs. Le principal avantage du vaccin sub-unitaire est qu'il permet une différentiation entre les porcs infectés et les porcs vaccinés (vaccin DIVA). Toutefois, les kits ELISA permettant cette détection ont besoin d'être amélioré. En effet, ils présentent des sensibilité et spécificité insuffisantes. Il existe dans ce domaine une grande marge de progression.

La population de sangliers a énormément augmenté depuis la seconde guerre mondiale. Dans les pays où la PPC est endémique, le meilleur moyen de contrôle reste les campagnes de vaccination systématique et les mesures de contrôle classiques. La vaccination orale des sangliers peut contribuer à diminuer l'incidence de la PPC et ainsi limiter la menace sur l'élevage de porcs domestiques. Par contre, dans les pays indemnes, la vaccination n'est pas recommandée mais un état d'alerte permanent doit être maintenu. En cas d'introduction, un programme de vaccination d'urgence doit être très rapidement mis en place si l'on veut en tirer un maximum de bénéfice. Le vaccin de choix est alors le vaccin vivant car il confère une immunité plus rapide à l'élevage que le vaccin sub-unitaire. Comme cela a déjà été mentionné il ne permet malheureusement pas de distinguer les animaux atteints des animaux vaccinés

Par ailleurs, de nombreuses recherches portent sur l'élaboration de nouveaux vaccins PPC DIVA. Mais d'après l'auteur, une mise sur le marché d'un tel vaccin n'aura pas lieu avant 5 ou 10 ans. Dans ce contexte, même si l'éradication de la PPC semble extrêmement difficile, selon l'auteur cette option doit toujours être considérée.

 
J. Van Oirschot, Vaccinology of classical swine fever : from lab to field, Veterinary Microbiology, novembre 2003, 96, 367-384

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5. Immunisation orale vis-à-vis d'Actinobacillus pleuropneumoniae (App).

Un vaccin oral à partir d'antigènes inactivés d'App sérotype 1 a été préparé. L'objectif de cet essai est d'en comparer l'efficacité par rapport à un vaccin par voie injectable à adjuvant aluminium. Trois groupes de 9 porcs chacun sont constitués : un groupe témoin non vacciné, un groupe vacciné en intra-musculaire (IM) à 28 et 42 jours d'âge et un groupe vacciné 4 fois par voie orale à 4, 14, 28 et 42 jours d'âge. Les porcs sont tous inoculés par voie intra nasale à 56 jours.

Tous les porcs témoins et les porcs vaccinés IM sont morts dans les 15 jours suivants l'inoculation, contre uniquement 1 porc sur 9 dans le groupe vacciné par voie orale. A J7 post-inoculation, les résultats sont les suivants :

 
Vaccination orale
Vaccination intra-musculaire
Témoin
Mortalité
1/9
3/9
5/9
Fièvre > 40°C
4/9
6/9
7/9
Dyspnée
2/9
3/9
4/9
Lésions pulmonaires
4/9
6/9
8/9


Tous les animaux morts étaient autopsiés et les survivants euthanasiés à J14 post-inoculation pour recherche de lésions pulmonaires. Les auteurs concluent de ces résultats que la vaccination par voie orale procure une meilleure protection que la vaccination par voie intra-musculaire avec un vaccin à adjuvant aluminium.

 
C. Liao et al., Oral immunization using formalin-inactivated Actinobacillus pleuropneumoniae antigens entrapped in microspheres with aqueous dispersion polymers prepared using a co-spray drying process, Preventive Veterinary Medicine, 61, septembre 2003, 1-15

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Commentaires de l'ISPAIA : D'après les observations cliniques, la vaccination orale (4 interventions) semble effectivement plus efficace. Toutefois, la taille des groupes ne permet pas de réaliser d'analyse statistique. De plus, il faut noter que le suivi des IgG sériques montre que le taux d'IgG du groupe "vaccination orale" diminue à partir de J42 (date de la dernière vaccination). A l'inverse, le taux d'IgG du groupe "vaccination IM" diminue beaucoup plus légèrement et uniquement à partir de J56. Une étude sur la persistance de l'immunité conférée par ces 2 voies de vaccination serait donc intéressante pour compléter ces données.

 

6. Relation entre dose infectante de Lawsonia intracellularis et observations cliniques.

Un inoculum a été préparé à partir de muqueuses d'intestins de porcelets infectés par Lawsonia intracellularis (LI). Aucun autre agent pathogène n'a été identifié dans l'inoculum. Soixante quatre porcelets de 5 semaines provenant d'un élevage cliniquement et sérologiquement sain vis-à-vis de LI ont été répartis en 4 groupes : un groupe témoin, un groupe inoculé à faible dose (5,4.108), un groupe inoculé à dose moyenne 5,4.109), un groupe inoculé à forte dose (5,4.1010). Dans chaque groupe, les porcelets ont été inoculés par voie intra-gastrique et ont reçu un volume équivalent d'inoculum (60 ml). Les animaux ont ensuite été observés pendant 20 jours. Les résultats sont présentés dans le tableau ci-dessous :

 
"forte dose"
"dose moy."
"faible dose"
témoin
Mortalité
25% a
6,3% b
0% c
0% c
GMQ
91 g/j a
186 g/j b
259 g/j b
440 g/j c
Porcelets avec diarrhées ou fécès anormales
63% a
50% ab
39% b
16% b
Porcelets avec scores cliniques anormaux
18% a
11% ab
5% b
0% c
Notes de lésions intestinales
3,1 a
2,0 ab
1,8 b
0 c


On observe une réponse dose dépendante. Pour les différents critères présentés dans le tableau, les réponses sont significativement différentes entre les groupes (a, b, c différents à p<0,05). D'autre part, les porcelets du groupe "faible dose" ont déclenché des diarrhées une semaine après les porcelets du groupe "forte dose", à 14 jours contre 7 jours PI. E. coli K88 a été isolé de quelques porcelets diarrhéiques du groupe témoin.

 

R.M. Guedes et al., Relationship between the severity of porcine proliferative enteropathy and the infectious dose of Lawsonia intracellularis, Veterinary Record, octobre 2003, 153, 432-433

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Commentaires de l'ISPAIA : On notera de manière intéressante dans ce tableau que s'il n'y a pas de différence en terme de mortalité entre le groupe témoin et le groupe "faible dose", ni en terme de pourcentage de porcs diarrhéiques, les GMQ de ces 2 groupes sont pourtant significativement différents.

 

7. Bactéries pathogènes sur les porcs à colite en engraissement en Italie.

Cette étude présente une synthèse des agents pathogènes isolés à partir d'échantillons fécaux ou de porcs provenant d'élevages à colite. Soixante quatorze élevages sont inclus dans l'étude. Ces élevages présentaient des symptômes de colites sur des porcs de 30 à 150 kg.

Lawsonia intracellularis (LI) a été mis en évidence dans 45% des élevages (nested PCR sur fécès ou muqueuse), Salmonella Typhimurium dans 31% des élevages (identification après enrichissement), Brachyspira dans 30% des élevages (culture sur gélose au sang puis identification par la technique phénotypique de Fellstrom et PCR), E. coli K88 dans 8% des élevages. Aucun agent pathogène n'a pu être identifié dans 7% des élevages (5/74). Sur les 74 élevages, un seul agent pathogène a été détecté dans 56 élevages. Sur ces 56, dans 21 cas il s'agissait de LI et dans 18 cas de salmonelles.

Au total, LI a été identifié dans 33 élevages : 21 cas comme seul agent pathogène, 10 cas avec Brachyspira et 2 cas avec des salmonelles. Les auteurs en concluent que la prévalence de LI est élevée dans les élevages à colite en engraissement. D'autre part, le typage des brachyspires montre que B. hyodysenteriae est isolé deux fois plus souvent que B. pilosicoli (13 contre 7).

 

G. Merialdi et al., Bacterial pathogens in field cases of clinical colitis in growing and finishing pigs in Italy, Veterinary Record, octobre 2003, 153, 529-530

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8. Effet du mode d'administration et de la dose d'enrofloxacine sur la sélection de résistance sur les salmonelles et les coliformes.

Quarante porcelets sains de 8 à 10 semaines sont infectés avec un mutant de Salmonella Typhimurium dont la sensibilité aux fluoroquinolones est réduite. Ils sont ensuite traités à l'enrofloxacine en intramusculaire (im) ou par voie orale (po) à 4 ou 24 heures post-infection. En intramusculaire, 3 doses sont testées : 2,5 mg/kg (dose recommandée), 7,5 mg/kg et 15 mg/kg. Par voie orale la dose est de 2,5 mg/kg administrée par intubation. Les traitements sont réalisés pendant 3 jours et des prélèvements fécaux sont effectués pendant le traitement et durant 13 jours après la fin de traitement.

Quelque soit la dose, la voie d'administration ou le moment de début du traitement, la fréquence de résistance aux fluoroquinolones augmente rapidement sur les coliformes. Cette résistance persiste au moins 2 semaines.

Par contre, la sélection de résistance vis-à-vis de la souche de salmonelle inoculée est réduite en administration im par rapport à po. De plus, l'augmentation de la dose (x3 ou x6) permet de limiter la sélection de résistance et la durée de portage de salmonelles par les porcs. Quelque soit le niveau de résistance observé, l'infection par salmonelle a été résolue en 2 semaines.

Cette étude montre que les résistances à l'enrofloxacine sont faciles à sélectionner avec un traitement à la dose recommandée, mais aussi que l'intensité de la sélection peut être réduite en utilisant la voie intramusculaire et en augmentant la dose.

 
C. Wiuff et al., the effects of oral and intramuscular administration and dose escalation of enrofloxacin on the selection of quinolone resistance among Salmonella and coliforms in pigs, Research in Veterinary Science, décembre 2003, 75, 185-193

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9. Effet du stachyose sur la croissance et l'incidence des diarrhées chez le porcelet.

Cent quarante quatre porcelets sont sevrés à 28 jours et répartis selon 4 régimes alimentaires : les 3 premiers régimes sont à base de maïs et de lait et supplémentés à 0, 1 ou 2% en stachyose (oligosaccharide). Dans le 4ème régime, le lait est substitué par du soja, fournissant 0,78% de stachyose et 0,21% de raffinose. L'essai porte sur 3 semaines.

L'incorporation de stachyose dans le régime entraîne une diminution de la croissance : 210 et 170 g/j respectivement pour 1 et 2% de stachyose contre 250 g/j pour le régime témoin (p<0,05). Les animaux recevant le régime "soja" présentaient un GMQ intermédiaire (220 g/j).

L'incidence des diarrhées étaient enregistrées pendant les 14 premiers jours. Les animaux témoins (0% de stachyose) avaient le score le plus faible (2,05). A l'inverse, les animaux recevant le régime "soja" ont obtenu le score de diarrhées le plus élevé (4,55, p<0,05). Les animaux recevant les régimes à 1 ou 2% de stachyose avaient des scores intermédiaires. Ces résultats indiquent que le stachyose a un effet négatif sur la croissance. Sa présence pourrait en partie expliquer les moins bonnes performances observées chez les porcelets quand le soja est incorporé dans l'aliment comme unique source de supplémentation protéique.

 

Z. Liying et al., Effects if stachyose on performance, diarrhoa incidence and intestinal bacteria in weanling pigs, Archives of Animal Nutrition, février 2003, 57, 1-10

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10. Sevrage précoce pour améliorer la croissance des porcelets en période de stress thermique

Cent trente neuf truies sont incorporées dans l'étude et réparties en 2 salles de maternité (température 21°C vs 32°C), en 2 durées de lactation (14 jours vs 19 jours) et 2 groupes selon la parité (primipares vs multipares). Les porcelets étaient donc selon le cas sevrés à 19 jours ou sevrés à 14 jours et alimentés pendant 5 jours avec un lacto-remplaceur. Les performances des porcelets sont observés à 19 et à 66 jours.

Le stress thermique en maternité entraîne une perte de poids des truies : - 13,3 kg à 32°C contre +4,58 à 21°C (p<0,01) ainsi qu'une baisse de la consommation (7,5 kg/j contre 4,5 kg/j). En condition de stress thermique (32°C), le sevrage précoce permet de limiter la perte de poids des truies en lactation (-16,6 kg en sevrage 19j contre -10,1 kg en sevrage 14j). De plus, en condition de stress thermique, les porcelets sevrés à 14 jours présentent des poids plus élevés à 19 jours (7,37 et 8,12 kg respectivement pour les primipares et les multipares) que les porcelets sevrés à 19 jours (5,57 et 6,04 kg).

Les porcelets issus de primipares présentent des croissances en post-sevrage plus faibles que les porcelets de truies multipares (p<0,01). Les porcelets sevrés à 14 jours et qui étaient les plus lourds à 19 jours sont toujours les plus lourds à 66 jours (p<0,01). Les auteurs en concluent que le sevrage précoce associé à un lacto-remplaceur permet de préserver la truie et la prise de poids des porcelets en condition de stress thermique.


J.D. Spencer et al., Early weaning to reduce tissue mobilization in lactating sows and milk supplementation to enhance pig weaning weight during extreme heat stress, Journal of Animal Science, août 2003, 81, 2041-2052

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Commentaires de l'ISPAIA : En période chaude, on pense parfois à sevrer les truies plus précocement pour éviter qu'elles ne maigrissent trop. Ce n'est pourtant pas le seul effet négatif de la chaleur. Messias de Bragança et al. ont montré en 1997 (JRP) que les truies en situation de stress thermique ont aussi une production laitière inférieure. Cette étude arrive donc en complément, sous l'angle croissance des porcelets. Les âges au sevrage utilisés dans ce travail ne sont pas utilisables en routine dans l'Union Européenne. Tout ce travail se joue en 3eme semaine de lactation. Or, c'est en 4eme semaine que les porcelets commencent réellement à consommer de l'aliment sec sous la mère. Dans ces conditions, on ne peut être sûr d'obtenir les mêmes résultats en abaissant l'âge au sevrage à 28 ou 21 jours. Néanmoins, c'est une piste de réflexion intéressante.

 

11. Eros Centre ? ….

A quoi pensiez vous? … Pour les auteurs, c'est clair, il s'agit d'un type de verraterie qui favorise les contacts entre les verrats et les truies dans l'optique de favoriser les venues en chaleurs et la fertilité. Une fois les truies sevrées, elles sont mises en cases bloquées classiquement. " L'astuce " est que ces cases sont disposées tout autour d'une case verrat de 13,5m2. Pour améliorer ce dispositif, le verrat est changé tous les jours de manière à ce qu'il n'y ait pas " d'accoutumance " à un verrat.

Les auteurs ont conduit un essai comparatif dans un élevage de 1300 truies en Croatie. Pendant un an, 272 truies de rang 3 à 5 ont été affectées au sevrage soit dans un module " Modified Eros Centre " ou dans une verraterie " truies en groupe ". Dans ce système, les truies étaient six par case et un verrat était amené deux fois par jour devant leur case (15 minutes à chaque fois). La gestion des truies était similaire dans les 2 groupes (alimentation à volonté du sevrage à l'insémination). La détection des chaleurs avait lieu deux fois par jour et les truies étaient suivies par échographie transrectale de manière à pouvoir détecter le moment d'ovulation. Une fois détectée en chaleurs, les truies étaient inséminées toutes les 12h jusqu'à la fin des chaleurs.

Les truies sevrées dans le module " Modified Eros Centre " sont mieux venues en chaleurs : 94,4% dans les 10 jours contre 79,1% pour les truies en groupe (p<0,01). L'ISO est meilleur aussi. Si avec les truies en groupe, il est correct à 5,01 jours, il devient excellent dans le module étudié (3,79 j). La taille des follicules ovariens n'est pas modifiée. Les auteurs observent une corrélation négative entre le délai " moment d'ovulation / début des chaleurs " et l'ISO (p = 0,005). Ils précisent avoir adapté les protocoles d'insémination à ces excellentes venues en chaleurs. Toutefois l'avantage observé pour les truies du Eros Centre n'est pas transformé en résultats techniques. Les taux de mise-bas sont similaires et les nés totaux sont légèrement améliorés (p= 0,1).

Dans un deuxième article paru dans la revue de l'AASV (Journal of Swine Health and Production), ces même auteurs présentent une étude rétrospective sur 27 élevages hongrois et croates (modalités de sélection non précisées) de janvier 1999 à juillet 2003. La comparaison porte sur les résultats de 2589 truies en Eros Centre et de 3105 en système conventionnel (non décrit). Là aussi, ils constatent une meilleure venue en chaleurs (5,75 vs 7,17 j ; p<0,01). Le taux de mise-bas est amélioré (89,1 vs 83,1% ; p<0,05) mais il n'y a pas de différence sur les nés totaux.


GB Molnar and G Bilkey, Reprod Dom Anim, 2003, 38,236-238 et Mauch CP and G Bilkey, Journal of Swine Health and Prod,2003, vol 11, n°6,p 304-

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Commentaires de l'ISPAIA : La corrélation négative observée sur l'ensemble des truies entre le moment d'ovulation par rapport au début des chaleurs et la durée des chaleurs semble classique. On a effet habitude de dire que l'ovulation se produit à un certain stade des chaleurs en moyenne au deux tiers, trois quarts de la durée des chaleurs (cf. Kemp et Soede, 1996, Journal of Animal Science : ovulation à 70% de la durée des chaleurs). Plus l'ISO est long et plus la chaleur est courte, donc on retrouve bien au final la corrélation évoquée. Plus les truies ont un ISO long et plus le délai début des chaleurs - ovulation est court.
Le détail des résultats de l'étude est troublant et nous surprend car on n'y retrouve plus cette corrélation. Ceci nous amène donc à développer cet aspect dans la partie commentaires et avec des réserves. Ainsi, les auteurs avancent que le délai début des chaleurs - ovulation est plus court dans le groupe " Eros " (p=0,05) alors qu'il a justement l'ISO le plus court ! Cela est donc contradictoire car la corrélation paraît alors positive ce qui est au vu du premier paragraphe surprenant. Ils ont ventilé les truies en trois groupes en fonction de l'ISO. Celles avec un ISO très court (2-4 jours) ont un délai début de chaleurs - ovulation plus court que les truies avec un ISO moyen (5-6 jours). Cependant, les truies avec un ISO long (> 6 j) avaient classiquement le délai le plus long. Le résultat inattendu semble donc provenir des truies avec un ISO très court. Dans un sevrage du jeudi, il correspond à des truies en chaleurs entre le samedi (!) et le lundi. Pour les truies du lundi, ce résultat apparaît toujours bien surprenant d'un point de vue terrain. Par contre, on détecte rarement avant le dimanche soir en élevage. Si des truies sont en chaleurs le dimanche matin, on s'en rend donc compte au plus tôt le dimanche soir. Au vu de la corrélation négative évoquée ci-dessus et admise, ce n'est pas inquiétant. Maintenant, si on venait à vérifier qu'elle puisse être caduque sur les truies qui viennent exceptionnellement tôt en chaleurs…

 


Quelques informations Pfizer

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Actualités ISPAIA

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