| Juin 2004
- 15ème numéro de Porcinews |
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| 1. Nouvelle maladie mystérieuse. | |
| C'est sous ce titre qu'une équipe de l'université d'Ames dans l'Iowa a décrit une pathologie encore inconnue. Elle se caractérise par des troubles de fertilité précoce (baisse de la fertilité de 15 à 25%) et des troubles nerveux sur truies conduisant souvent à la mort. Typiquement, les élevages sont confrontés à une chute sévère du taux de mise-bas puis à une période plus longue, pouvant durer deux ans, de performances sub-optimales. Dans les élevages retrouvant leur niveau de performance, des rechutes sont systématiquement décrites après 2 à 3 ans. Les signes cliniques sont souvent limités mais avec l'expérience, les éleveurs et intervenants arrivent à détecter les animaux 1 à 2 jours avant l'avortement ou la mort. Ils observent alors de l'anorexie et de l'agitation. Dans certains cas des symptômes nerveux tels que de l'ataxie, de la faiblesse, de la paralysie, des coups de tête, du pousser au mur sont associés. La mort est alors systématique. Dans la plupart des cas, aucune lésion significative (microscopie : légers signes d'encéphalite et nœuds lymphatiques hémorragiques) n'est observée. Des essais d'inoculation de broyat d'organes ont permis de reproduire des symptômes proches de ceux observés en élevage. Si ces broyats ne contiennent aucun agent infectieux connu, des effets cyto-pathogènes sont observés après inoculation de quelques lignées cellulaires. On y détecte des particules de faible taille par microscopie électronique… Des élevages indemnes ou atteints par le virus SRDP sont concernés. Les premiers cas remontraient à 1995 et concerneraient maintenant 7 états de la Corn Belt. |
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Yoon et al., Clinical diagnostic and research perspectives on a new mystery disease, Congrès AASV 2004, 431 et résumé de V. Dedet, Réunion Triangulaire AFMVP/AVSO/SNGTV porc, juin 2004 |
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| 2. Sérotypes de Streptococcus suis isolés en Espagne. | |
| Dans le cadre d'activité de routine de laboratoires, 383 souches ont été isolées de porcs malades provenant de 99 élevages en Espagne entre 1998 et 2002. Quinze sérotypes différents ont été identifiés, avec par ordre d'importance : le sérotype 9 (54%), le 2 (19%), le 7 (6%), le 8 (6%), le 3 (4%)… Les sérotypes 19, 21 et 23 identifiés dans moins de 1% des cas sont mis en évidence pour la première fois sur des porcs malaldes. Les auteurs observent une forte diminution du sérotype 2 (sérotype le plus fréquent en France, Italie, Danemark) et une forte augmentation du sérotype 9 (sérotype fréquemment isolé en Allemagne, Pays-Bas et Belgique). Ils relient ce constat à l'augmentation de l'importation des animaux venant de ces pays. Les tableaux cliniques peuvent être différents selon les sérotypes. Pour le sérotype 9, un fort pourcentage de porcs avaient des symptômes nerveux (68%) alors que la septicémie n'était retrouvée que chez 20% des porcs de ce sérotype. Par contre, pour le sérotype 2, les porcs présentaient dans des proportions assez proches des septicémies et des symptômes nerveux. Les cas d'endocardites ne sont pas rares pour ce sérotype. |
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| C. Tarradas et al., Distribution of serotypes of Sreptococcus suis isolated from diseased pigs in Spain, Veterinary Record, mai 2004, 154, 665-666 | |
| 3. Séroconversion à Actinobacillus pleuropneumoniae (App) et à Mycoplasma hyopneumoniae (Mh) et interprétation en élevage. | |
| Au début de l'étude en 1997, 7 élevages multisites (N/PS/ENG) étaient recensés au Danemark. Sur ces 7 élevages, 6 étaient infectés par ces 2 agents et ont été inclus dans l'étude. Cela représente 36 bandes de porcs, soit 1161 porcs. Les porcs étaient sevrés entre 3 et 4 semaines et conduits ensuite par bande en tout plein / tout vide. Aucun traitement antibiotique n'était utilisé en routine sur les truies ou les porcelets. La vaccination Mh était partiellement mise en place selon les élevages. Des prélèvements sanguins étaient réalisés au sevrage, à la mise en engraissement et lors du premier départ de porcs de la bande à l'abattage. Peu de porcs séroconvertissent en post-sevrage alors que de grandes variations existent en engraissement. Au niveau des porcs 58% séroconvertissent à App 2 en engraissement, contre 24% à Mh. Au niveau des bandes, dans 15 bandes sur 36 aucun porc ne séroconvertit à App 2 et dans 8 bandes sur 36 à Mh. Une analyse a été conduite (critères : élevage, bande, portée, porc) afin de comprendre les sources de variation de la séroconversion. Pour App 2, le coefficient de corrélation intra-classe est d'environ 90% entre les porcs et les bandes. Cela signifie que dans la plupart des bandes soit tous les porcs séroconvertissent App2 soit aucun. A l'inverse, pour Mh, le coefficient de corrélation intra-classe est d'environ 40% entre les porcs et les bandes. On peut en conclure que la capacité de Mh à diffuser entre les porcs d'une même bande est plus faible que pour App2. La diversité des niveaux de séroconversion entre les bandes, à l'intérieur du même élevage, est large pour App 2 (corrélation d'environ 10%), alors qu'il existe un coefficient de corrélation intra-classe relativement fort (50%) entre les bandes d'un même élevage pour Mh. En d'autres termes, la transmission de Mh est plus compatible à l'intérieur d'un élevage, correspond plus à un profil d'élevage, tandis que la présence d'App 2 varie entre les bandes d'un même élevage. |
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H. Vigre et al., Intra-unit correlations in seroconversion to Actinobacillus pleuropneumoniae and Mycoplasma hyopneumoniae at different levels in Danish multi-site pig production facilities, Preventive Veterinary Medicine, avril 2004, 63, 9-28 |
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Commentaires de l'ISPAIA : Et la vaccination Mycoplasme dans tout ça ! Les auteurs expliquent dans la discussion qu'ils n'ont pas voulu l'inclure comme variable indépendante car elle est mise en place uniquement dans les élevages où la pathologie s'exprime. |
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| 4. Evaluation de la transmission de Mycoplasma hyopneumoniae par le personnel. | |
| La transmission par contact direct entre animaux est rapportée comme la principale voie de contamination par M. hyopneumoniae. Cet essai a pour but d'évaluer l'importance du rôle du personnel comme autre voie de transmission. L'essai a été conduit en été en automne 2001, sans période très froide. Pendant 20 semaines, 3 vétérinaires ont réalisé, chaque semaine, des prélèvements sanguins et des écouvillons nasaux sur des porcs d'un élevage A largement infecté par M. hyopneumoniae. Lors de chaque visite hebdomadaire, ils passaient 3 à 4 heures dans les cases pour réaliser ces prélèvements. A l'issue de leur visite, ils prenaient une douche, changeaient de vêtements et se rendaient dans un élevage B, indemne de M. hyopneumoniae. Arrivé dans l'élevage B, ils mettaient des combinaisons et des bottes (pas de charlotte, ni de gants ou masque) et allaient réaliser des prélèvements sanguins et des écouvillons nasaux sur une même bande de 120 porcs en engraissement pendant environ 1 heure. Dans l'élevage A, sur les 200 porcs prélevés, 8% étaient séropositifs au sevrage et 35% 18 semaines plus tard. Dans l'élevage B, sur les 30 porcs prélevés, aucun n'était séropositif au sevrage et 22 semaines plus tard, sachant que cet échantillon de 30 porcs permettait de détecter une prévalence d'au moins 13% avec une probabilité de 99%. Les analyses PCR sur les écouvillons nasaux donnent des résultats similaires aux sérologies dans les 2 élevages. Il faut aussi remarquer qu'aucun des 120 porcs de l'élevage B n'a présenté de symptôme clinique. Ces 3 éléments (sérologies, PCR, clinique) permettent donc aux auteurs de conclure que les porcs étaient toujours indemnes 22 semaines après leur premier contact avec les vétérinaires. Ces observations suggèrent que le risque de transmission de M. hyopneumoniae entre élevages par des intervenants peut être réduit par la mise en place de procédures simples de biosécurité. Les auteurs espèrent que ce type d'étude sera renouvelé afin d'évaluer les bénéfices réels des protocoles de biosécurité en élevage. |
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| L. Batista et al. Assessment of transmission of Mycoplasma hyopneumoniae by personnel, Journal of Swine Health and Production, avril 2004, 12(2), 75-77 | |
| 5. Influence de la source de Sélenium sur les performances de reproduction dans le temps. | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Cent vingt six cochettes ont été incluses dans l'étude et suivies sur
4 gestations. Les différents groupes comparés et les résultats sont
présentés dans le tableau ci-dessous :
Plus la supplémentation en sélénium est importante, plus les taux sériques de sélénium sont élevés. Dans tous les groupes, la concentration sérique en Sélénium diminue entre 70 et 110 jours de gestation. Cependant elle augmente ensuite entre 110 jours et le sevrage pour les groupes recevant un aliment supplémenté, alors que ce n'est pas le cas pour les animaux du régime témoin. La quantité de sélénium exportée dans le colostrum varie en fonction du régime : elle augmente linéairement avec l'apport quand il s'agit de sélénium organique. Quand il s'agit de sélénium inorganique, la quantité exportée dans le colostrum est significativement supérieure au groupe témoin mais inférieure au groupe recevant le sélénium organique (cf. tableau). On observe les mêmes tendances dans les tissus des porcelets à la naissance et au niveau du sélénium sérique au sevrage. Au niveau du lait et des tissus, le mélange des 2 sources de sélénium (0,15 organique + 0,15 inorganique) donne des résultats similaires au groupe recevant 0,15 ppm de sélénium organique. De plus, l'analyse par rang de parité montre que chez les truies en 4ème portée, la rétention du sélénium dans les tissus est plus élevée quand il s'agit de sélénium organique. Les auteurs concluent que quelque soit la source de sélénium les résultats de reproduction des truies sont similaires à 0,15 ppm. Par contre, les truies recevant le sélénium organique transfèrent davantage le sélénium dans le colostrum, le lait, les porcelets. |
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| DC. Mahan et al., Long-term effects of dietary organic and inorganic selenium sources and levels on reproducing sows and their progeny, Journal of Animal Science, mai 2004, 82, 1343-1358 | |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Commentaires de l'ISPAIA : Dans cet essai, la teneur en sélénium du
régime témoin varie selon les aliments. Ce sont les mêmes animaux qui
ont été suivis au cours des 4 gestations. Ils ont reçu 0,070 ppm pour
les 2 premières gestations et 0,055 ppm pour les 2 suivantes. Pour les
aliments en lactation, on observe également une légère diminution :
0,085 ppm en 1ère lactation et 0,067 ppm pour les suivantes. Les aliments
testés étaient enrichis de 0,15 ou 0,30 ppm par rapport au témoin. Pour
rappel, la norme en sélénium (NRC, 1998) est de 0,15 ppm pour les truies.
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| 6. Quantification de l'impact des facteurs de risques associés au GMQ en maternité. | |||||||||||||||||||||||||
| Sachant que le poids au sevrage est un élément primordial de la rentabilité de l'élevage, les auteurs de cette étude ont cherché à quantifier l'impact des facteurs influençant le gain de poids en maternité. Les données de 3 élevages naisseurs-engraisseurs danois ont été analysés. Cela représente 581 truies, 277 cases de maternité, 814 mise-bas et 8241 porcelets. Sur les 8241 porcelets, l'âge moyen au sevrage est de 27 jours pour
un GMQ naissance-sevrage de 208 g/j. En plus de ces 8241 porcelets, 1303
porcelets sont morts avant le sevrage et ne sont donc pas inclus dans
l'étude des facteurs associés au GMQ sous la mère. En moyenne 11,5 porcelets
ont été sevrés par truie. Aucun effet élevage n'a été mis en évidence.
La quantification des facteurs de risque est présentée dans le tableau
suivant :
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M. Johansen et al., Factors associated with suckling piglet average daily gain, Preventive Veterinary Medicine, avril 2004, 63, 91-102 |
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Commentaires de l'ISPAIA : Attention à ne pas extrapoler trop vite
l'effet saison. En effet, entre un été danois et un été français, les
conditions ne sont pas les mêmes ! Dans un essai publié en 1994, Armelle
Prunier et ses collaborateurs avaient montré que conformément à la littérature,
ils observaient des poids de naissance supérieurs l'été mais que la
croissance des porcelets sous la mère étaient inférieure à celle observée
en hiver (plus de 15g de GMQ en moins). La température subie par les
truies était un des critères explicatifs notamment pour le GMQ sous
la mère. La chaleur limite l'ingéré des truies l'été mais aussi leur
capacité laitière. Cet effet chaleur est sans nul doute plus marqué
chez nous qu'au Danemark…
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| 7. Consommation d'aliment en péri-sevrage. | |
La consommation d'aliment au sevrage est un facteur clé. Il faut 3 à 5 jours en moyenne aux porcelets pour assurer la couverture de leurs besoins énergétiques d'entretien, et 8 à 14 jours pour qu'ils retrouvent leur niveau énergétique d'alimentation d'avant sevrage. Dans ce contexte, des porcelets sevrés entre 3 et 4 semaines d'âge mettent en moyenne 4 jours à retrouver leur poids de sevrage. La faible consommation d'aliment a des répercussions sur le métabolisme. En effet, le bilan énergétique est négatif au cours de la première semaine après le sevrage. Le porcelet puise donc dans ses réserves lipidiques. A 26-28°C, la fonte des réserves est estimée à 18 g/j. Elle passe à 25 g/j à 20°C. Le porcelet perd ainsi en moyenne 11% de ses lipides corporels et cela peut atteindre 32%. Or, le gras corporel est un très bon isolant thermique pour le porcelet. Du point de vue microscopique, la quantité d'énergie métabolisable (EM) ingérée explique 46 à 60% de la variation de la hauteur des villosités dans la partie proximale de l'intestin grêle. Si l'on tient compte de la réduction simultanée du diamètre des villosités, on peut calculer que, 3 jours après le sevrage, la surface de digestion et d'absorption sont réduites à 33% de leur valeur initiale. L'auteur suggère donc que la sous-alimentation post-sevrage est une cause commune de la majorité des perturbations associées au sevrage. Rendre la transition allaitement - sevrage plus douce devient un enjeu majeur. Plusieurs essais ont été réalisés en ce sens. La consommation d'aliment sous la mère a déjà été étudiée et montre que la consommation est marginale (5 à 40 g/j/porcelet la semaine précédent le sevrage) et représente 4 à 10-12% maximum de la quantité d'EM ingérée. Dans ces conditions, l'impact sur la croissance est faible. Par contre, sur la base qu'une alimentation humide stimule la consommation au sevrage, l'auteur a testé l'humidification de l'aliment sous la mère. Les résultats montrent que les portées qui ont accès à un aliment humide consomment en moyenne 6 fois plus (5980 vs 1040 g/portée) au cours de la semaine précédant le sevrage que celles qui ont accès à l'aliment solide. Toutefois, curieusement, la croissance n'est pas améliorée et leur consommation au sevrage non plus. L'humidification de l'aliment au sevrage est également une piste. La littérature rapporte un effet bénéfique pouvant aller de 75 à 150% d'augmentation de l'ingéré la première semaine suivant le sevrage. L'auteur est moins optimiste et présente des travaux avec une amélioration de 47%. De même, si des travaux annoncent une augmentation de 44 à 70% du GMQ et une amélioration de l'indice de consommation, l'auteur est plus prudent avec + 28% sur le GMQ (230 vs 180 g/j) dans ses travaux et pas d'amélioration de l'indice. De plus, des divergences existent quant à la persistance de l'effet favorable jusqu'à l'abattage. Un effet favorable des protéines plasmatiques sur la consommation et la croissance pendant la semaine suivant le sevrage a été montré, mais il ne persiste pas. Cet effet varie peu selon l'origine de ces protéines (porcine, bovine, aviaire…), mais il s'exprime d'autant mieux que les conditions sanitaires sont mauvaises. Ceci suggère que les IgG contenues dans les protéines, bien que non spécifiques contre les pathogènes porcins, pourraient avoir un effet favorable sur le tube digestif. Malheureusement, malgré leur intérêt, les protéines plasmatiques ne sont plus autorisées en alimentation porcine. Quelques études montrent également que la supplémentation de l'aliment de sevrage en colostrum bovin (riche en IgG) permet d'améliorer le démarrage de la consommation et la croissance. Son effet est là aussi temporaire. Cette voie nécessite des précautions sanitaires notamment vis-à-vis de la tuberculose (rare) et de la BVD (relativement fréquent). |
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J. Le Dividich, Adoucir la transition nutritionnelle allaitement - sevrage : la clef pour un bon sevrage du porcelet ?, Journées Nationales GTV, Tours, mai 2004, 397-403 |
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Commentaires de l'ISPAIA : Ces résultats sont remarquables. Ils nous interpellent. Tout en étant attentif à l'hygiène de la distribution, ce travail sur l'aliment humide nous donne l'envie de conduire un essai en élevage de production. Par exemple, comparer aliment humide en maternité et en début de post-sevrage vs aliment sec avec prise en compte des scores diarréhiques serait des plus intéressant. N'oublions pas que dans l'étude épidémiologique de l'AFSSA (1995-1996) les diarrhées débutaient le 4ème jour après sevrage et concernaient un maximum de cases à 7-9 jours (106 élevages). |
| 8. Antibiorésistance des Campylobacter isolés sur des porcs arrivant à l'abattoir. | |
| L'étude porte sur 10 abattoirs français et 600 échantillons fécaux de porcs réalisés en 2000. Un seul porc était prélevé par élevage. Sur les 600 échantillons, 323 étaient positifs Campylobacter par PCR dont 98% par Campylobacter coli, 1% par Campylobacter jejuni, les autres isolements n'ayant pas pu être identifiés. Les résistances les plus fortes pour C. coli sont observées pour l'erythromycine (65% des souches) et la tétracycline (83). Ces données ont été mises en relation avec l'utilisation en élevage de coccidiostatiques, les traitements antibiotiques et les additifs distribués aux animaux. Aucune différence significative n'est apparue sur ce plan. Les infections humaines à Campylobacter sont généralement traitées avec des macrolides ou des fluoroquinolones. D'autre part, la résistance est généralement plus forte pour C. coli que pour C. jejuni. Dans ce contexte, le pourcentage d'isolements de C. coli résistant à l'erythromycine est considéré élevé chez les porcs en France en comparaison des isolements de C. coli sur les poulets réalisés dans une étude similaire en France en 1999. Ces observations sont cohérentes avec d'autres données de la littérature. Les auteurs relativisent l'absence de lien significatif entre les pratiques d'élevage et les antibiorésistances observées. En effet, les informations sur les élevages étaient déclaratives et réalisées par le personnel DSV en charge également des prélèvements. La prochaine campagne de suivi des antibiorésistances chez le porc pourra éventuellement révéler si l'interdiction de la tylosine comme promoteur de croissance affecte le pourcentage de résitance aux macrolides. |
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| L. Avrain et al., Antimicrobial resistance in Campylobacter from pigs in French slaughterhouses, Revue de Médecine Vétérinaire, mars 2004, 155, 156-158 | |
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Commentaires de l'ISPAIA : Pour rappel, c'est surtout Campylobacter jejuni qui pose problème en médecine humaine. Dans plusieurs pays, on lui attribue même la première place des diarrhées aiguës. Une complication sévère de cette affection est connue sous le nom de Syndrome de Guillain Barré. |
| 9. La phamacovigilance en production porcine ? | |
| La pharmacovigilance vétérinaire est centrée sur la surveillance des effets indésirables et toxiques des médicaments vétérinaires. Toutefois, son champ d'action s'est étendu en 2003 à l'absence d'efficacité, aux problèmes de résidus et aux effets sur l'environnement. Dans ce contexte, il est nécessaire de pouvoir chiffrer le risque. Or le calcul de l'incidence (nb d'effets indésirables observés / nb d'animaux traités pendant une période donnée) est difficile à évaluer : le nombre d'effets indésirables observés a tendance à être sous-évalué et le nombre d'animaux traités sur-évalué. C'est particulièrement vrai pour la filière porcine. Vous pouvez voir dans le graphique ci-dessous qu'avec pourtant 25 millions de porcs produits, elle n'apparaît même pas. Il y a donc un travail à conduire sur la remontée des informations.
Pour rappel, les 2 centres de Pharmacovigilance Vétérinaire Français (CPV) sont : le CPVO à l'ENV Nantes (Tel: 02 40 68 77 40) et le CPV Lyon à l'ENV Lyon (Tel: 04 78 87 10 40). Le système interactif "à la française" est opérationnel. Il reste cependant du chemin à parcourir afin que l'ensemble des acteurs de la santé animale s'investisse complètement dans la démarche. |
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| M. Gogny et al., La pharmacovigilance vétérinaire en 2003, Journées Nationales GTV, Tours, mai 2004, 117-118 | |
| Quelques informations Pfizer | |
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