Décembre 2004 - 18ème numéro de Porcinews

 
 
 
SELECTION D'ARTICLES

1.

Séquençage d'isolements de PCV2 issus d'élevages avec ou sans clinique

2.

Influence de la génétique sur l'expression de la MAP

3.

Prévalence du PCV2 dans les avortons et les morts nés

4.

Transmission horizontale de la peste porcine et vaccination

5.

Sérovars de Haemophilus parasuis au Danemark

6.

Comparaison des profils Haemophilus parasuis de porcelets ayant ou non ingéré du colostrum

7.

Sous-détection des élevages positifs à Salmonella Typhimurium multi-résistant au Danemark

8.

Chlamydiacées et retours en chaleurs

9.
10.

Quelques informations Pfizer
Actualités à l'ISPAIA

 

1. Séquençage d'isolements de PCV2 issus d'élevages avec ou sans clinique.

Le PCV2 est connu comme agent nécessaire mais non suffisant pour l'expression de la MAP. Une hypothèse récurrente pour expliquer ce constat serait qu'il existe des variants de pathogénicité variable. Une équipe néerlandaise a séquencé le génôme complet de 10 isolements de PCV2 provenant de 4 élevages avec clinique et de 6 élevages sans clinique.

La similarité entre les souches est de 95,6 à 100%. De plus, les différences observées n'ont pas d'impact majeur sur les propriétés du génôme. Aucun élément consistant ne différencie les isolements provenant d'élevages avec clinique de ceux sans clinique. Ces données apportent un élément supplémentaire suggérant qu'il est nécessaire qu'un ou des facteur(s) soient associés à la présence du PCV2 pour avoir une expression de la MAP.

 

S.S. Grierson et al. Genome sequence analysis of 10 Dutch PCV2 isolates from a PMWS case-control study, Research in Veterinary Science, 77, décembre 2004, 265-268

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2. Influence de la génétique sur l'expression de la MAP.

Il s'agit des résultats préliminaires d'une étude conduite par les espagnols sur l'influence de la lignée génétique mâle sur l'expression de la MAP. Deux élevages multisites similaires de 5000 truies ont été retenus. Dans chaque élevage, 3 lignées génétiques mâle ont été testées : A (100% Piétrain), B (50% Large White et 50% Piétrain), C (25% Large White et 75% Duroc). Entre 15 et 29 truies étaient inséminées avec chaque lignée dans chaque élevage. Seize verrats ont été utilisés pour la lignée A, 8 pour la B et 4 pour la C. Les truies étaient randomisées en maternité et aucune adoption n'a été pratiquée. Les sérums et les analyses PCR sur semences se sont tous révélés négatifs.

La mortalité 0-21 semaines sur les porcs issus de ces croisements (n=1063) est de 5% dans l'élevage 1 (65,4% attribué à la MAP) et de 7,9% dans l'élevage 2 (67,4% attribué à la MAP). Elle est significativement différente selon la lignée mâle (p=0,001). Pour l'élevage 1, elle est de 1,5%, 4,7% et 9,8% et pour l'élevage 2 de 2,1%, 5,9% et 26,3% , respectivement pour les lignées A, B et C. Les auteurs rappellent cependant que l'on ne peut pas conclure sur cette base s'il s'agit d'une caractéristique d'une lignée génétique particulière ou de l'effet d'une lignée particulière de verrats.

 
S. Lopez-Soria et al., Genetic influence on the expression of PCV disease, Veterinary Record, 155, octobre 2004, 504

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Commentaires de l'ISPAIA : Ces résultats, annoncés comme préliminaires, donc à prendre avec précaution, sont contradictoires avec ceux de Rose (2004). Oppriessnig (2004), de son côté, a comparé la sensibilité de génétiques pures Duroc, Large White et Landrace à la MAP après inoculation du PCV2. Elle a montré une sensibilité accrue du Landrace par rapport aux 2 autres génétiques testées (qui n'étaient elles pas différentes entre elles). Ce n'est donc pas complètement cohérent non plus avec ces premiers résultats… A approfondir donc !

 

3. Prévalence du PCV2 dans les avortons et les morts nés.

L'étude porte sur 350 avortons et morts nés apportés au laboratoire entre 2000 et 2002 et provenant de 321 élevages de Corée du Sud. Aucun élevage n'avait connu de signes cliniques de MAP ou de PDNS. Sur les 350 avortons et morts nés, 150 étaient positifs en PCR pour au moins un des virus PCV2, parvovirus (PPV) ou SDRP. Le détail est présenté ci-dessous :

 
Nombre de cas
Stades de gestation
Morts nés
< 30 j
30 à 70 j
70 à 114 j
Prématuré
PCV2
35
4
8
12
5
6
PPV
90
12
23
32
13
10
SDRP
12
0
3
7
1
1
PCV2 + PPV
9
2
2
3
1
1
PCV2 + SDRP
2
0
0
1
1
0
PPV + SDRP
2
0
0
2
0
0

Les cas positifs PCV2 se retrouvent à tous les stades de gestation et sur les morts nés. Des immunohistochimies et des hybridations in situ ont été effectuées sur 12 avortons de fin de gestation ainsi que sur les 5 prématurés et les 6 morts nés des 35 cas à mono-infection PCV2. Le PCV2 a été détecté par les 2 techniques dans les poumons, le thymus, le foie, les ganglions lymphatiques et la rate, mais ni dans le cœur ni dans les reins.

Ces résultats pourraient suggérer selon les auteurs que le virus PCV2 puisse jouer un rôle dans les troubles de reproduction constatés. Les conséquences d'une infection maternelle par le PCV2 à divers stades de gestation pourraient alors être reliées à la capacité des foetus à supporter la réplication du PCV2, plutôt qu'à l'efficacité de la barrière placentaire. D'après les auteurs, il est ainsi possible que la barrière placentaire puisse ne pas jouer un rôle important dans les conséquences en terme de reproduction de l'infection maternelle par le PCV2.

 

J. Kim et al., Prevalence of PCV2 in avorted fetuses and stillborn piglets, Veterinary Record, 155, octobre 2004, 489-492

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Commentaires de l'ISPAIA : Relevons que le PCV2 n'a pas été trouvé dans le cœur ni les reins des 23 porcelets à mono-infection examinés. Or, Wendt (1999) dans sa description des troubles de reproduction par le PCV2 décrivait des myocardites dans lesquelles le virus était abondant. Ce n'est pas le cas ici et les auteurs rappellent bien dans la discussion que les infections à PCV2 étant courantes, la présence du virus ne suffit pas forcément pour conclure. Dans ces conditions, il peut être hasardeux de conclure réellement à des troubles de reproduction à PCV2 pour ces avortons.
Concernant la barrière placentaire, ils évoquent les travaux de Ladekjer (2001) qui avait avancé le passage de cette barrière au vu d'un épisode clinique survenu dans un élevage SPF (porcelets d'une portée avec mortinatalité positifs PCV2 alors que l'élevage venait juste de se contaminer). Cette hypothèse n'est cependant pas validée. Cariolet (JRP 2002) par exemple n'a pas réussi à transmettre le virus aux foetus après inoculation de truies indemnes de PCV2 par voie IM ou trachéale (alors que ces truies avaient été malades après inoculation). Par contre, après inoculation intra-utérine au moment de l'IA, ils avaient contaminé les foetus et obtenu des mommifiés.

 

4. Transmission horizontale de la peste porcine et vaccination.

Deux vaccins existent actuellement contre la peste : un vaccin marqueur subunitaire et un vaccin vivant atténué. L'objet de cette étude est d'évaluer dans quelle mesure la vaccination des animaux réduit la contamination horizontale, c'est-à-dire la contamination des animaux contacts. Pour cela, tous les porcs (n=96) ont été vaccinés avec l'un ou l'autre des vaccins en 1 dose. Les porcs étaient allotés en cases de 8 et 2 animaux par case ont été inoculés avec une souche terrain de peste soit à JO (jour de la vaccination) soit à J7, soit à J14 post-vaccination (salles différentes selon le jour de l'inoculation).

Pour les porcs vaccinés avec le vaccin vivant, aucune transmission du virus n'a été mise en évidence sur les porcs contacts, même lorsque l'inoculation avait lieu le même jour que la vaccination (0/12 porcs contacts positifs à JO, J7 et J14). Pour les porcs vaccinés avec le vaccin subunitaire, aucun porc contact ne s'est contaminé lorsque l'inoculation avait lieu 14 jours post-vaccination. Par contre, pour l'inoculation à J7 ou J0, respectivement 5/12 porcs et 10/12 étaient positifs en isolement viral (11/12 et 10/12 en sérologie).

Les auteurs mettent en évidence que lorsqu'un animal est inoculé, il ne devient infectieux que 3 à 4 jours après, ce qui est suffisant pour que des animaux vaccinés (vaccin vivant) le jour de l'inoculation acquièrent une immunité suffisante. Ils en concluent que l'utilisation d'un vaccin vivant en vaccination d'urgence pourrait être aussi efficace que la dépopulation dans la prévention de la dissémination de la maladie.

 
J. Dewulf et al., Efficacy of E2-sub-unit marker and C-strain vaccines in reducing horizontal transmission of classical swine fever virus in weaner pigs, Preventive Veterinary Medicine, 65, octobre 2004, 121-133

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Commentaires de l'ISPAIA : La limite de l'application pratique reste d'avoir la certitude de vacciner avant contamination des animaux. Rappelons que la virulence des souches est variable et que la clinique s'exprime après une période d'incubation en relation avec cette virulence. Cariolet et al. (JRP 2003) ont ainsi montré qu'avec une souche moyennement virulente, les premiers signes cliniques apparaissaient sur quelques animaux 5 jours après inoculation alors qu'ils étaient tous virémiques à J3 mais sans signe clinique.

 

5. Sérovars de Haemophilus parasuis au Danemark.

Cent trois isolements de terrain provenant de diagnostic de routine au Danemark ont été sérotypés par hémaglutination indirecte. Les sérovars les plus fréquents sont, par ordre, le sérovar 5 (36%), le sérovar 13 (21%), le sérovar 4 (13%). Les autres sérovars observés sont 1, 2, 6, 7, 9, 12, 14 et 15. Par ailleurs, 15% des isolements n'ont pu être sérotypés.

L'identification du sérovar a été mise en relation avec les symptômes observés sur le porcs. Sur les cas de bronchopneumonie, seuls les sérovars 1, 4, 5, 12 et 13 ont été isolés. Sur les cas d'infections systémiques (polysérosite, arthrite, méningite), tous les sérovars ont été isolés au moins une fois (sauf le sérovar 1, mais peu d'isolements). La seule association significative concerne le sérovar 4, qui est plus souvent détecté sur des cas de bronchopneumonie (p=0,05) que sur des cas d'infections systémiques (polysérosite, arthrite, méningite).

Les prévalences relatives des différents sérovars varient entre les pays (Allemagne, USA, Canada, Australie, Espagne, Danemark), mais globalement les sérovars 4, 5 et 13 restent les plus présents. Les auteurs insistent sur la connaissance des sérovars car elle a un impact en terme de vaccination, la protection croisée entre sérovars étant variable. D'autre part, ils rappellent que les relations entre sérovars, virulence et symptômes sont encore inconnues.

 
O. Angen et al., Serological characterization of Danish Haemophilus parasuis isolates, Veterinary Microbiology, 103, novembre 2004, 255-258

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6. Comparaison des profils Haemophilus parasuis de porcelets ayant ou non ingéré du colostrum.

Certains auteurs mettent en avant l'importance du statut immunitaire des porcelets dans le développement de la maladie de Glasser, et notamment l'effet protecteur des anticorps maternels. Afin d'étayer cette hypothèse, les auteurs ont conduit l'étude suivante sur 90 porcelets issus d'un élevage positif Haemophilus parasuis : 52 porcelets ont été laissés sous la mère et 38 ont été privés de colostrum. Les porcelets ont été inoculés par voie intratrachéale entre 21 et 35 jours d'âge.

Sur les porcelets sous la mère inoculés, aucun n'a présenté de signe clinique ou d'élévation de la température corporelle. 66% présentaient un résultat positif en PCR ou en isolement bactérien sur tissus. La plupart des porcelets élevés sous la mère présentaient un titre en anticorps inférieur à 0,9 (seuil de positivité du test ELISA - Biovet) le jour de l'inoculation.

Sur les 38 porcelets privés de colostrum, 24 ont atteint 21 jours d'âge et ont été inoculés. Ils ont tous présenté des signes cliniques pouvant être associés à la maladie de Glasser sauf 2. 86% présentaient un résultat positif en PCR ou en isolement bactérien sur tissus. Les titres en anticorps des porcelets privés de colostrum étaient tous compris entre 0 et 0,1 le jour de l'inoculation. Les auteurs considèrent qu'un titre de 0,3 à 21 jours d'âge correspond à une protection immédiate contre l'infection. Ces résultats confirment l'importance de l'immunité passive contre la maladie.

 

I. Bianco et al., Comparison between Haemophilus parasuis infection in colostrums-deprived and sow-reared piglets, Veterinary Microbiology, 103, octobre 2004, 21-27

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Commentaires de l'ISPAIA : Dans la discussion, les auteurs relatent une observation surprenante suggérant que l'immunité passive ne soit malgré tout pas absolue. En effet, pour la même dose inoculée aux porcelets sous la mère à J21, J27 ou J35, les animaux infectés plus tard présentent moins de lésions. Ceci semble donc contredire l'hypothèse "moins d'anticorps - plus d'infectiosité" et suggère qu'il existe d'autres facteurs impliqués dans le développement de la maladie. Néanmoins, on peut remarquer que le niveau d'immunité passive de ces porcelets au moment de l'inoculation n'est pas précisé. Les auteurs semblent donc considérer que tous ces porcelets ont le même profil d'immunité passive et que les plus vieux ont donc moins d'anticorps. Or, on sait bien qu'il existe une forte hétérogénéité de prise colostrale, et ce même au sein d'une portée.

 

7. Sous-détection des élevages positifs à Salmonella Typhimurium multi-résistant au Danemark.

Au Danemark, la détection de Salmonella Typhimurium multi-résitant DT104 (MRDT104) repose sur le système de surveillance national. L'objet de cette étude était d'évaluer si les méthodes d'échantillonnage et de diagnostic utilisées entraînaient une sous-détection des cas.

Le programme de surveillance danois prévoit que des prélèvements de fécès doivent être réalisés, pour typage des salmonelles, pour les élevages classés en niveau 2 ou 3 d'après le suivi sérologique mensuel réalisé à l'abattoir. De même, les élevages multiplicateurs réalisent des prises de sang régulières pour recherche de salmonelles, et si l'index est supérieur à 5 des prélèvements de fécès sont envoyés pour typage. En conséquence, la sous-détection peut provenir de 3 facteurs : résultat faux négatif en bactériologie sur les fécès prélevées dans les élevages de niveau 2 ou 3, absence de recherche bactériologique pour les élevages de niveau 1 (faible séroprévalence en salmonelles), et absence de recherches sérologique et bactériologique pour les élevages de petites tailles (moins de 200 charcutiers / an).

Sur la base d'études préalables sur ces différents critères et sur les données des années antérieures, le nombre d'élevages non détectés MRDT104 positifs a été estimé par modélisation sur 1 année (août 2001 à juillet 2002). Les auteurs estiment que 52 élevages d'engraissement étaient infectés MRDT104 contre 23 détectés, 38 élevages naisseurs-post-sevreurs contre 7 détectés et 5 élevages multiplicateurs contre 3 détectés. Au total, cela représenterait 102 élevages infectés pour 33 détectés. La proportion estimée d'élevages non-détectés varie selon le type d'élevage.

 

H. Rugbjerg et al., Estimating the number of undetected multi-resistant Salmonella Typhimurium DT104 infected pig herds in Denmark, Preventive Veterinary Medicine, 65, octobre 2004, 147-171

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Commentaires de l'ISPAIA : Ce travail fait partie d'une étude danoise plus large de type coût / bénéfice sur la pertinence de la gestion des cas de salmonella MRDT104, dont nous vous avions déjà parlé en août (Porcinews n°16). L'article précédent suggérait un assouplissement des mesures très restrictivres sur l'épandage des lisiers pour les élevages salmonella MRDT104 positifs. Ici c'est un autre aspect de la gestion des cas MRDT104 qui est abordé : la qualité de recherche. On voit donc que les Danois continuent d'approfondir leurs travaux sur les salmonelles dans un esprit toujours très pragmatique.

 

8. Chlamydiacées et retours en chaleurs.

Une équipe suisse a cherché à évaluer le rôle des chlamydiacées dans l'augmentation des retours en chaleurs irréguliers des truies. Ils ont réalisé des écouvillons vaginaux et des prises de sang sur 65 truies présentant des taux élevés de retours en chaleurs irréguliers (groupe A - 24 élevages à problèmes de reproduction) et sur 128 truies sans problème de reproduction (groupe B - 14 bons élevages). Parallèlement, 21 tractus génitaux de truies avec des taux élevés de retours en chaleurs irréguliers et 20 avortons de différents stades ont été soumis à analyse.

Chlamydophila abortus a été isolé par PCR sur 7 écouvillons du groupe A (7/65) et sur aucun du groupe B (0/128), p=0,0007. Chlamydia suis a également été détecté mais plus rarement (1/65 dans le groupe A et 3/128 dans le groupe B).

Sur les 193 sérums, 52,3% étaient positifs aux chlamydiacées dans le groupe A et 66,4% dans le groupe B (non significatif, p=0,08). En outre, les organismes apparentés aux Chlamydia ("Chlamydia-like ") ont été détectés dans 29% des écouvillons du groupe A contre 22% dans le groupe B (non significatif).

Il n'y avait pas de corrélation entre les titres observés et les résultats PCR. Les analyses PCR sur les prélèvements sur les tractus génitaux donnent 7 résultats positifs sur 21 pour Chlamydophila abortus et 17/21 pour les organismes apparentés aux Chlamydia. Un avorton sur 20 était positif Chlamydophila abortus. Les auteurs observent ici des prévalences de Chlamydophila abortus beaucoup plus faibles qu'en Allemagne (60 à 70%). De plus, les retours en chaleurs irréguliers ayant également une caractéristique saisonnière, ils restent prudents sur le rôle des chlamydiacées.

 
U. Camenish et al., Diagnostic investigation into the role of Chllamydiae in cases of increased rates of return to oestrus in pigs, Veterinary Record, 155, novembre 2004, 593-596

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Commentaires de l'ISPAIA : Quelques précisions de nomenclature apportées par les auteurs : l'ordre dans lequel on trouve la famille des Chlamydiaceae regroupe aussi d'autres familles que les auteurs appellent Chlamydia-like car elles ont un cycle similaire mais sont bien différentes d'un point de vue morphologique comme d'un point de vue antigénique. La famille des Chlamydiaceae regroupe les genres Chlamydia et Chlamydophila. Chlamydophila abortus correspond à Chlamydia psittaci sérotype 1.
Ce n'est pas la première étude qui rapporte la présence de Chlamydies dans des prélèvements uro-génitaux. L'an passé, Dasting de l'université de Vienne avait présenté un travail dans ce sens au congrès de Rome sur les pathologies émergentes. 202 avortons ou morts-nés avaient été analysés. Si la famille des Chlamydiaceae avait pu être isolée dans 36% des portées, d'autres pathogènes étaient mis en évidence. Ainsi; le virus SDRP était isolé dans chaque portée ou un agent avait été identifié. Dans 61% des portées aucun agent (SDRP, PCV2, leptospires, chlamydies) n'avait été trouvé. Taylor dans l'édition 1999 de Diseases of Swine suggère que beaucoup des infections génitales sont cliniquement inapparentes.

 

9. Présence de moisissures dans l'air et impact sur la santé.

Après avoir défini la meilleure méthode de prélèvement, une équipe de l'université de Berlin, a mesuré les quantités de moisissures présentes dans l'air en élevage bovin, ovin, porcin et volailles. 22 prélèvements effectués en porcherie ont donné des concentrations conformes à la littérature (180 à 7500 CFU/m3). En porc comme dans les autres espèces, ce sont Aspergillus, Penicillium et Cladosprium qui dominent en fréquence d'isolement (> 90 % des échantillons). La plupart de ces moisissures peuvent pénétrer dans les poumons (70%) et 3% sont susceptibles d'atteindre les alvéoles pulmonaires.

Ils ont ensuite évalué le pouvoir inflammatoire de ces moisissures en utilisant un test permettant d'observer la réponse en cytokines. Comparant les résultats obtenus, ils mettent en évidence un pouvoir inflammatoire de ces moisissures qui est voisin de celui des béta-glucanes (composant des parois des bactéries Gram +, comme des moisissures). Néanmoins, ce pouvoir inflammatoire est très inférieur à celui des lipopolysaccahrides (composant des parois des bactéries Gram -). Seulement, les auteurs font remarquer que l'air d'un élevage contient généralement plusieurs contaminants. Ils suggèrent alors de considérer que les pouvoirs inflammatoires de ces contaminants s'additionnent a minima et qu'il est possible qu'il puisse y avoir un effet synergique.

 
W. Müller et al., Sampling and differentiation of airborne molds in animal houses, ISAH Congress, Saint-Malo, octobre 2004, 201-202

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Commentaires de l'ISPAIA : Dans le n° 11 de Porcinews, nous évoquions les travaux de Van Gucht et al. montrant l'effet potentialisateur du virus SDRP vis-à-vis des lipopolysaccharides. Le congrès ISAH avec une session consacrée à la qualité de l'air, nous a permis de mieux appréhender la contamination de l'air en élevage et ses effets potentiels. Tim Murphy de l'université d'Adhélaide (Australie) a montré les contre-performances de porcs soumis à des concentrations croissantes d'ammoniac. Les chutes de croissance étaient exacerbées quand les porcs étaient soumis à une contamination bactérienne intra-nasale. L'ITP a montré que la quantité de poussières présente dans l'air (support pour de nombreuses bactéries) est maximale en hiver quand la ventilation est plus faible. Enfin, une équipe australienne a présenté plusieurs travaux sur les facteurs influençant la qualité de l'air. Il faut se rappeler que le climat australien est différent du nôtre, mais retenons que les concentrations en endotoxines augmentent avec l'humidité. Nos conditions hivernales ne semblent donc pas favorables qu'aux contaminations virales…

 

10. Gestion des porcelets à faible poids de naissance.

L'objet de cet essai est d'évaluer l'intérêt et les modalités d'adoptions pour les petits porcelets. Cinquante cinq portées issues de truies de rang 2 à 4 ont été étudiées. Les adoptions avaient lieu dans les 12 heures suivant la mise-bas. Quatre types de portées ont été constitués :
A : 4 porcelets de faibles poids de naissance (0,9 à 1 kg) élevés avec 4 porcelets à fort poids de naissance (> 1,6 kg) - petites portées (8 porcelets)
B : 6 porcelets de faibles poids de naissance (0,9 à 1 kg) élevés avec 6 porcelets à fort poids de naissance (> 1,6 kg) - grandes portées (12 porcelets) ·
C : 4 porcelets de faibles poids de naissance (0,9 à 1 kg) élevés avec 4 porcelets à poids de naissance moyen (1, 2 à 1,6 kg) - petites portées (8 porcelets)
D : 6 porcelets de faibles poids de naissance (0,9 à 1 kg) élevés avec 6 porcelets à poids de naissance moyen (1, 2 à 1,6 kg) - grandes portées (12 porcelets).

Le comportement (nombre de tétées ratées, lutte pour obtenir une tétine, consistance du choix de la tétine) des porcelets à faible poids de naissance ne varie pas significativement avec le poids de leurs congénères. Par contre, les porcelets à faible poids de naissance manquent plus de tétées et passent plus de temps à obtenir une tétine (lutte), dans les grandes portées que dans les petites (p<0,05).

La mortalité des porcelets de faible poids de naissance est plus élevée dans les grandes que dans les petites portées. Dans les petites portées, le poids des congénères n'influe pas sur la mortalité, alors que dans les grandes portées, la mortalité des porcelets de faible poids de naissance est agravée si les congénères sont lourds.

Les porcelets de faible poids de naissance qui sont dans des grandes portées avec des congénères lourds présentent le GMQ 0-21 jours moyen le plus faible (0,11 kg/j). A l'inverse, les porcelets de faible poids de naissance, dans des petites portées avec des congénères de poids moyen présentent le GMQ 0-21 jours moyen le plus élevé (0,22 kg/j).

Les performances sont affectées en premier lieu par la taille de portée, puis en second par le poids des congénères dans les grandes portées uniquement.

 
M.G.H. Deen et al., Cross fostering of low-birthweight piglets, Livestock Production Science, 90, novembre 2004, 279-284

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Commentaires de l'ISPAIA : On peut regretter qu'il ne soit pas précisé dans ce travail (donc pas pris en compte ?) le nombre de tétines fonctionnelles pour constituer les portées. Toutes les truies avaient entre 12 et 14 tétines. Mais le résultat ne sera pas le même d'un point de vue compétition si on a 12 porcelets pour 12 tétines d'un côté et 8 porcelets pour 12 tétines de l'autre. Selon les recommandations de Peter English, il faut toujours avoir 1 à 2 tétines fonctionnelles de plus que ce qu'on a de porcelets. Les truies à 12 tétines auraient dû être alors réservées aux petites portées pour limiter les effets compétition justement observés dans les grandes portées.
Maintenant, on peut être surpris de constater que les petits porcelets des petites portées ont un meilleur GMQ quand ils sont avec des congénères de poids moyen que quand ils sont avec des gros. Comment expliquer cela alors qu'aucune différence de comportement n'est observée entre ces portées ? De plus, on aurait pu penser que les gros porcelets stimulant plus la mamelle, on pouvait espérer une production laitière globalement plus élevée dans leurs portées. Cette question reste sans réponse sauf à imaginer que des tétées ratées par les petits n'aient pas été détectées ou d'imaginer une lactation inférieure sur leur mère pour des raisons propres à la truie. Le GMQ des porcelets moyens et gros qui n'est pas précisé aurait été intéressant pour discuter cet aspect. Ce point n'est pas anodin car il pourrait permettre de répondre à une question d'élevage. Vaut-il mieux ne regrouper que des petits sur une truie, ou bien les laisser avec 2 gros pour avoir une meilleure stimulation de la mamelle ? Le postulat pour que cela marche est que les 2 gros ne perturbent pas les petits en voulant leur "piquer" leur tétine…

 


Quelques informations Pfizer

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Actualités ISPAIA

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