| Février 2005 - 19ème
numéro de Porcinews |
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| 1. Alimentation des truies : I. Nature de l'énergie et performances. | |
| Ce travail avait pour but d'évaluer l'intérêt d'un apport d'énergie sous forme d'huile pendant la gestation et la lactation. Selon la bibliographie, cet apport est en effet susceptible d'améliorer la survie et la croissance des porcelets en jouant sur leurs réserves corporelles et sur la nature du colostrum et du lait. Soixante truies ont été suivies. Dans une formule de base gestante ou allaitante, elles ont reçu du 35ème jour de gestation au jour du sevrage, un apport de 5% d'huile de soja (lot huile) ou de 11,3 % de maïs (lot amidon). Les rations distribuées en gestante étaient adaptées en fonction de l'énergie nette pour avoir des truies de poids et d'épaisseur de lard dorsal similaires à la mise bas. A la naissance, le poids des porcelets ne diffère pas entre les lots. Par contre, il y a une tendance à la diminution du nombre de portées avec des morts nés (53% vs 30% dans le lot huile, p=7%). La survie des porcelet après adoption est aussi améliorée (10% de portées sans morts vs 40% avec le lot huile, p<1%). La croissance des porcelets sous la mère est améliorée (+ 200g de GMQ / portée, p<1%). Au sevrage, les porcelets présentent des teneurs lipidiques supérieures dans la carcasse et le tissu adipeux dorsal. Les cellules adipeuses sont significativement plus nombreuses quelque soit le tissu étudié. A l'abattage, une teneur lipidique plus élevée demeure dans le muscle long dorsal mais les TVM des 2 lots sont similaires. Alors que les truies ont des ingérés similaires en lactation (soit une consommation énergétique supérieure pour le lot huile), les truies du lot huile perdent significativement plus d'épaisseur de lard dorsal en maternité (4,3 mm vs 3,5, p<5%). Aucun impact sur les venues en chaleur n'est noté mais l'ISO est très bon dans les 2 lots (4 jours). Dans la discussion, les auteurs soulignent que la source de matière grasse utilisée est importante et peut expliquer certaines variations entre études. C'est justement ce que montre le travail Danois suivant. |
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N. Quiniou et al., Influence de la nature de l'énergie allouée à la truie pendant la gestation et la lactation sur ses performances de lactation et celles de sa portée et sur la composition corporelle des porcs au sevrage et à l'abattage, Journée de la Recherche Porcine, 37, février 2005, 203-210 |
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| 2. Alimentation des truies : II. Source de matières grasses et performances. | |
| Cet essai vise à évaluer l'impact d'une supplémentation de l'aliment des truies en lactation en huile de différentes sources sur les performances des porcelets. Six sources de supplémentation lipidique (à 8%) ont été testées : graisse animale, huile de colza, huile de poisson, huile de noix de coco, huile de palme, huile de tournesol. Un septième traitement était inclus comme témoin sans supplémentation (concentration en matières grasses de l'aliment témoin : 2%). Au total, 175 truies ont été réparties entre les 7 traitements en équilibrant les rangs de portée. Le plan expérimental a commencé à 108 jours de gestation. Les truies des différents lots ont alors reçu le même niveau énergétique journalier jusqu'à 3 jours post mise-bas. Ensuite, les truies étaient à volonté jusqu'au sevrage à 28 jours. Les ingérés en lactation étant similaires entre les différents traitements (idem N. Quiniou, article ci-dessus), les truies supplémentées ont comparativement ingéré davantage d'énergie. Les pertes de poids en lactation ne sont pas significativement différentes entre les groupes. Excepté pour l'huile de poisson et l'huile de colza, la supplémentation lipidique permet d'améliorer le GMQ naissance-sevrage. Les meilleures performances de croissance sont obtenues avec la graisse animale et l'huile de tournesol (+ 390g de GMQ / portée au sevrage par rapport à l'aliment témoin). La supplémentation lipidique entraîne une augmentation de la concentration en acides gras et en vitamine E et A dans le lait (p<0.05). |
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| C. Lauridsen et al., Lactational dietary fat levels and sources influence milk composition and performance of sows and their progeny, Livestock Production Science, 91, décembre 2004, 95-105 | |
| 3. Alimentation des truies : III. Plan d'alimentation et performances de mise-bas. | |
| Considérant la très forte augmentation des besoins énergétiques pour le développement intra-utérin de la portée en fin de gestation, les auteurs ont testé l'effet d'une augmentation de la ration au cours des 14 derniers jours (lot "Haut"). L'objectif était malgré tout d'avoir des animaux de même épaisseur de lard dorsal à la mise bas pour juger pleinement de l'effet du plan d'alimentation. Celui-ci a donc été ajusté en conséquence : jusqu'au 14ème jour de gestation les truies avaient la même ration, puis l'alimentation était ajustée individuellement jusqu'au 100ème jour en fonction du niveau alimentaire que les truies recevraient ensuite. Ainsi, les truies du lot "Haut" qui ont reçu en moyenne 780g d'aliment en plus pendant les 14 derniers jours de gestation, avaient eu globalement moins d'aliment avant. 330 gestations ont ainsi été étudiées en fonction du programme alimentaire reçu (certaines truies ont fait plusieurs cycles). Sans surprise, il n'y a pas eu d'effet sur le poids de naissance des porcelets. Par contre, force est de constater que les mises bas du lot "Haut" se sont mieux déroulées. Moins de truies ont nécessité une fouille (16 vs 29%, p<5%). La vitalité des porcelets était aussi améliorée puisqu'en moyenne, ils ont significativement atteint la mamelle plus rapidement. Plus intéressant encore, les moyennes cachant parfois des situations très hétérogènes : plus de 90% des porcelets atteignaient le flanc de la truie dans l'heure suivant leur naissance dans 48% des portées du lot Haut contre seulement 28% dans le lot bas (p=7%). |
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N. Quiniou, Influence de la quantité d'aliment alloué à la truie en fin de gestation sur le déroulement de la mise bas, et la vitalité des porcelets et les performances de lactation, Journée de la Recherche Porcine, 37, février 2005, 187-194 |
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Commentaires de l'ISPAIA : Dans un contexte de recherche de performances
et de course contre la montre pour la prise colostrale, ces travaux
sont des plus intéressants. Si les taux de mortalité des porcelets ne
sont pas significativement améliorés dans cette étude, on peut s'interroger
sur l'impact que l'on peut attendre en élevage de production. Lot Haut
/ lot Bas : Nés Totaux : 13,9 vs 13,8 ; % Morts Nés (MN)/ NT
: 5,4 vs 6,8 ; %MN et morts périnataux / NT : 11,2 vs
13,2 ; %Morts J1 - sevrage / présents à J1 : 9,6 vs 10,8. |
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| 4. Prévalence des malformations de l'appareil reproducteur. | |
| Aux USA, une prévalence de 5% de malformations génitales chez les truies et les cochettes est rapportée, contre 22% en Suède (1970). La plupart de ces références sont assez anciennes. Une équipe brésilienne a cherché à évaluer cette prévalence au Brésil et à caractériser les défauts observés. L'analyse porte sur les appareils reproducteurs de 1072 femelles (cochettes de 4 à 6 mois ou truies âgées) récupérées de manière aléatoire (1 animal sur 10) sur 20 jours d'abattage. Les résultats sont présentés ci-dessous.
Une prévalence de 2,80% a été constatée soit un niveau bien inférieur aux données préalablement rapportées. Les auteurs émettent l'hypothèse que cette diminution soit due à l'amélioration de la génétique. Antérieurement, une prévalence de 11,3% avait été rapportée au Brésil sur une population de truies à problème de reproduction. Notons que 0,1% d'animaux concerné par anomalie correspondent à un animal détecté sur la totalité de l'échantillon. L'anomalie la plus fréquente ici (cloison vaginale) l'était aussi dans l'étude suédoise. |
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| L. Carvalho et al., Malformations of the sexual organs of female pigs in a Brazilian abattoir, Veterinary Record, 155, novembre 2004, 710 | |
| 5. Indicateurs biologiques des mammites. | |
| L'objectif de cet essai est d'identifier des marqueurs biologiques des mammites. Deux groupes de truies ont été constitués : 4 truies non inoculées (témoin sans mammite) et 12 truies inoculées avec une souche terrain de E. coli par voie intra-mammaire la veille de la mise-bas. La dose d'inoculum était la même pour toutes les truies. Des prises de sang étaient effectuées avant et après mise-bas pour suivre les cytokines pro-inflammatoires, les protéines de phase aigües et le cortisol. Quatre truies ont présenté des mammites cliniques et 8 n'ont pas semblé affectées. Les concentrations en TNF-alpha et en interleukine 6 sont significativement supérieures 24h post-partum chez les truies avec mammite clinique que chez les truies sans mammite clinique, ou que chez les témoins. Sur les truies témoins, ces indicateurs ne variaient pas autour de la mise bas. Ces travaux suggèrent que le TNF-alpha sérique et l'interleukine 6 plasmatique peuvent être utilisés comme marqueur de la sévérité des mammites chez les truies (voire d'indicateurs de mammites subcliniques). L'amyloïde A sérique est significativement plus élevée chez les truies inoculées mais cette élévation est retardée (maximum à 48h post-partum). De plus, elle n'est pas différente entre les truies inoculées avec signes cliniques et celles sans signe clinique. Quant à l'haptoglobine, les auteurs ne considèrent pas cet indicateur comme pertinent à ce stade car sa concentration augmente de manière générale chez toutes les truies au moment de la mise-bas. Il en est de même pour le cortisol dans cet essai. |
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| Y. Zhu et al., Tumor necrosis factor-alpha, interleukin-6, serum amyloid A, haptoglobin, and cortisol concentration in sows following intramammary inoculation of Escherichia coli, American Journal of Veterinary Research, 65, n°10, octobre 2004, 1434-1439 | |
| 6. Rang de portée et transmission de Lawsonia intracellularis aux porcelets. | |||||||||||||||||||||||||||||||||
| L'étude a été menée dans un élevage de 900 truies ayant précédemment
connu des épisodes d'entéropathie proliférative clinique. Des prélèvements
sanguins ont été effectués toutes les 3 semaines sur un même porcelet
dans 25 portées de cochettes et 25 portées de truies de rang 3 à 5,
toutes positives Lawsonia intracellularis par IFA. Les résultats
sont présentés dans le tableau ci-dessous.
Tous les porcelets étaient négatifs à 2 semaines d'âge. Par contre, les porcelets issus de cochettes montrent une séropositivité jusqu'à 26 semaines, alors que ceux issus de truies présentent des titres plus faibles et un déclin plus rapide. Ces travaux font suite à ceux de Barna et Bilkei (2003). Ils avaient montré que les porcelets issus de cochettes séronégatives étaient plus massivement et plus longtemps séropositifs que ceux issus de cochettes séropositives. L'ensemble de ces travaux suggère un effet protecteur partiel de l'immunité colostrale chez les primipares. Pour les multipares, cette immunité peut être beaucoup plus importante mais cela peut être aussi le fait d'une excrétion maternelle inférieure. |
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C.H.Y. Mauch et al., Effect of sow parity on the transmission of Lawsonia intracellularis to piglets, Veterinary Record, 155, octobre 2004, 532 |
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Commentaires de l'ISPAIA : Retenons que le protocole ne suit qu'un porcelet par portée et sous-entend que ces portées sont élevées séparément jusqu'à l'abattage. Les porcelets de primipares ont donc un statut sanitaire particulier vis à vis de Lawsonia intracellularis et présente un risque de diffusion et d'amplification de cet agent dans les bandes. Ce n'est pas sans rappeler les travaux de Cariolet et al. (AFMVP, 2001) qui montraient un risque similaire pour la rhinite atrophique en fonction de la qualité sanitaire des cochettes. Limiter les adoptions et constituer des cases de porcelets (avec cloisons pleines) en fonction des rangs de portées des mères demeure une stratégie d'actualité. |
| 7. Infection à Lawsonia en élevage. | |
L'objectif est de connaître l'infection naturelle des animaux en élevage. Pour cela 20 porcs / élevage, dans 5 élevages naisseurs-engraisseurs danois ont été suivis du sevrage à l'abattage. Les animaux étaient pesés et des prises de sang (pour IFAT) et prélèvements de fécès (pour PCR) étaient réalisés tous les 15 jours. Les élevages ne pratiquaient pas de supplémentation antibiotique systématique. Aucun signe clinique d'entéropathie proliférative n'a été noté. Toutes les histologies sur iléons à l'abattoir étaient normales. Par contre, 75% des porcs ont été positifs en PCR sur fécès à un moment donné. La plupart des porcs sont devenus porteurs à 10-12 semaines d'âge (22-29 kg) et pendant les 2 à 6 semaines consécutives. A 18 semaines d'âge, tout portage avait cessé et aucune ré-infection n'a pu être détectée par PCR par la suite. L'impact sur le GMQ est variable. Il est évalué par période de 2 semaines par rapport à des courbes de croissance de référence. Dans les élevages A et E, les GMQ sevrage-vente (abattage entre 18 et 22 semaines) sont similaires à une courbe dite optimale (536 g/j pour A et 588 g/j pour E). Mais dans le cas de l'élevage A, pour des raisons techniques, seuls 8 porcs ont pu être suivis jusqu'à l'abattage ; et dans l'élevage E, seuls 20% des porcs étaient positifs contre plus de 70% dans tous les autres élevages. Dans les élevages B, C et D (GMQ sevrage-vente respectivement 529, 429, et 557 g/j), un déclin ponctuel du GMQ apparaît juste avant et en début de portage si on compare à des courbes standard. Dans l'élevage B, une croissance compensatoire est observée en fin d'infection et après. L'élevage C (le plus fortement atteint au vu des prélèvements) est aussi celui dont le GMQ sevrage-vente est le plus affecté. Les résultats IFAT suivent les résultats de la PCR : la séroconversion est détectée à partir de 12-14 semaines d'âge. 92% des porcs ayant séroconverti sont restés séro-positifs jusqu'à l'abattage (20-24 semaines). |
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H. Stege et al., Infection dynamics of Lawsonia intracellularis in pig herds, Veterinary Microbiology, 104, décembre 2004, 197-206 |
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Commentaires de l'ISPAIA : Dans ces 5 élevages, aucune diarrhée grise n'est relevée alors que 3 élevages sont atteints dans leurs performances. L'examen à l'abattoir avec histologie n'a pas permis non plus de les détecter. |
| 8. Distribution des salmonelles dans les tissus. | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Les Canadiens ont cherché à savoir quels étaient les tissus les plus à risque vis-à-vis des salmonelles. Ils ont réalisé d'un côté des ELISA sur sérum et de l'autre des cultures sur différents tissus. Ils ont ensuite comparé les résultats entre des élevages ayant connu des signes cliniques de salmonellose et des élevages n'ayant pas subi de signe clinique. Les résultats sont présentés ci-dessous. Pour les écouvillons sur carcasse et les sérums, les résultats sont significativement différents entre les 2 populations (p<0,01). Les principaux sérotypes isolés sont S. Typhimurium, S. Derby et S. Ohio. Parallèlement, afin de mieux connaître la dynamique d'infection et
l'impact potentiel d'un épisode clinique en terme de santé publique,
41 porcelets ont été inoculés par voie orale à 6 semaines d'âge avec
une souche multirésistante de S. Typhimurium DT104. Ces porcelets étaient
conduits en groupe de 10 dans des salles spécifiques. Cinq porcelets
étaient euthanasiés à intervalle régulier entre J1 et J14. Des recherches
bactériologiques étaient effectuées sur différents tissus (cf. résultats
ci-dessous). La persistance des salmonelles hors de l'intestin a été
accompagnée de symptômes cliniques (diarrhée, hyperthermie). La présence
de salmonelles sur les carcasses jusqu'à 7 jours post-inoculation puis
sa disparition à J14 pousse les auteurs à recommander un délai d'attente
minimum de 7 jours entre la fin des signes cliniques et l'envoi à l'abattage.
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| S. Côté et al., Distribution of Salmonella in tissues following natural and experimental infection in pigs, Canadian Journal of Veterinary Research, 68, octobre 2004, 241-248 | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
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Commentaires de l'ISPAIA : Partant du constat que les élevages à phase
clinique ont une séroprévalence significativement supérieure et que
notre futur plan de lutte salmonelles reposera sur la sérologie, ce
travail suggère donc de s'intéresser dès maintenant aux quelques élevages
à phase clinique. |
| 9. Capacité des pathologistes à diagnostiquer la peste porcine. | |
| Des cas d'élevages issus de l'épidémie de 1997 en Hollande ont été présentés à 5 vétérinaires pathologistes spécialisés en porc travaillant dans le même laboratoire. Ils font partie des 6 experts qui réalisent la majorité des autopsies en Hollande. Trente même cas ont donc été soumis au 5 pathologistes pour évaluer leur homogénéité de diagnostic. Deux semaines plus tard, chaque pathologiste devait se prononcer sur 60 cas d'élevages (20 déjà présentés dans les 30 premiers, afin d'éprouver la répétabilité de son diagnostic et 40 nouveaux) en sachant que le contexte général de la région était négatif ; puis à nouveau sur 60 autres cas dans un contexte régional positif depuis 2 semaines. Dans certains cas, ils ne disposaient que du rapport d'autopsie et dans d'autres du rapport plus des observations cliniques à l'élevage. Leurs réponses ont été comparées aux résultats d'isolement viral. Comme on pouvait l'imaginer, ils détectent mieux les cas (sensibilité) mais font aussi plus de faux diagnostics positifs (problème de spécificité) dans un contexte connu d'infection dans la région par rapport à un contexte de région indemne. Et cela quelque soit le niveau d'information (autopsie ou autopsie + clinique). Le même constat est fait quand ils disposent des informations cliniques en plus de l'autopsie (c'est à dire meilleure détection mais aussi plus de faux positifs), quelque soit le contexte (région infectée ou indemne). Globalement, le taux de diagnostic des cas avérés varie entre 35 et 73%, alors que le taux de faux diagnostics positifs varie entre 7 et 50% selon les situations. La répétabilité du diagnostic par vétérinaire est bonne. Par contre, il existe des variations importantes de diagnostic entre confrères. C'est particulièrement vrai lorsqu'ils disposent des observations cliniques en plus des autopsies. L'apport d'observations cliniques permet d'améliorer la détection mais induit une prudence qui fait augmenter les faux diagnostics positifs. |
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| A. Elbers et al., Ability of veterinary pathologists to diagnose classical swine fever from clinical signs and gross pathological findings, Preventive Veterinary Medicine, 66, décembre 2004, 239-246 | |
| Commentaires de l'ISPAIA : Les auteurs relèvent
fort justement que ces exercices n'imitent pas exactement la situation de
terrain. En effet, en pratique les pathologistes appellent le vétérinaire
praticien ou l'éleveur pour avoir des informations complémentaires s'ils
ont un début de suspicion. Elément qu'ils ne pouvaient pas faire dans cet
exercice. Toutefois, ils concluent que des évaluations régulières devraient
être effectuées et éventuellement des formations. Rappelons que la souche hollandaise de 1997 n'était pas très virulente ce qui complique les choses. Rappelons aussi qu'il y a 3 ans, les britanniques avaient confondu peste et MAP. Avec la souche qui sévit actuellement en Russie (OIE, janvier 2005), l'efficacité de détection serait assurément meilleure. La morbidité atteint en effet 85% et la mortalité 50% dans les premiers cas décrits. |
| 10. Quantification de la dissémination de Mycoplasma hyopneumoniae. | |
| L'équipe de Tom Meyns a cherché à évaluer le ratio de reproduction de Mycoplasma hyopneumoniae c'est-à-dire : pour un animal infecté, combien en infecte-il d'autres ? Pour cela, 48 porcelets ont été répartis en 6 cases de 8. Dans chaque case, 2 porcelets étaient inoculés et 6 servaient de porcelets contacts. Deux souches ont été utilisées : une souche faiblement virulente (3 cases) et une souche fortement virulente (3 cases). Les porcelets étaient inoculés à 28 jours d'âge par voie intra-trachéale. D'après les PCR sur lavage broncho alvéolaire réalisés 6 semaines après inoculation, 10 porcs contacts sur 18 ont été infectés dans le groupe "virulence élevée" contre 6/18 dans le groupe "virulence faible". Cela correspond à un ratio de reproduction de 1,47 pour le groupe "virulence élevée" et de 0,85 pour le groupe "virulence faible". En moyenne, un porcelet infecté à 28 jours infectera donc un porcelet congénère en post-sevrage. Autres différences : A J43 post-inoculation, seul des porcs contacts du groupe "virulence élevée" avaient séroconverti. De même, les porcs de ce groupe avaient en tendance des lésions pulmonaires plus importantes. |
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| T. Meyns et al., Quantification of the spread of Mycoplasma hyopneumoniae in nursery pigs using transmission experiments, Preventive Veterinary Medicine, 66, décembre 2004, 265-275 | |
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Commentaires de l'ISPAIA : Le ratio de reproduction est plus ou moins de 1 en fonction de la virulence de la souche. Cela signifie, qu'en moyenne, chaque animal malade en contamine un autre. La diffusion est donc lente en post-sevrage dans des conditions optimales d'élevage. Cette notion de virulence de souche renvoie aux travaux de Vicca (IPVS, 2002) démontrant ce point discuté depuis longtemps. |
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