Août 2005 - 22ème numéro de Porcinews

 
 
 
SELECTION D'ARTICLES

1.

Alimentation au sevrage et pathologie digestive (1)

2.

Alimentation au sevrage et pathologie digestive (2)

3.

Identification d'une espèce d'Helicobacter à l'origine d'ulcères gastriques

4.

Prévalence et voies de contamination de Campylobacter en élevage de porcs

5.

Effet d'une supplémentation en extrait de canne à sucre sur le système immunitaire

6.

Impact d'une infection SDRP et/ou PCV2 sur les macrophages alvéolaires porcins

7.

Comparaison de kits dans le diagnostic sérologique de salmonelle

8.
9.
10.
11.

Quelques informations Pfizer
Actualités à l'ISPAIA

 

1. Alimentation au sevrage et pathologie digestive (1).

Il a déjà été largement montré que bon nombre de porcelets connaissent une période de jeun variable après sevrage (elle peut durer plus de 2 jours). Cette sous alimentation est lourde de conséquences : adaptation, croissance, structure de l'intestin, santé.

Une étude a été conduite à l'INRA de St Gilles pour mieux comprendre son impact sur le fonctionnement pancréatique. 18 porcelets ont été opérés à 28 jours d'âge afin de récupérer le suc pancréatique et de le réintroduire dans le duodénum. Ces porcelets se rétablissaient ensuite sous leur mère avant d'être sevrés à 33 jours puis mis en cage individuelle. L'analyse du suc pancréatique à été conduite en période basale et prandiale de la veille du sevrage au cinquième jour après sevrage (J5).

Les porcelets n'avaient pas accès à l'aliment solide avant le sevrage où ils ont été répartis en 2 lots. Les animaux suivaient alors un plan d'alimentation Haut (H) ou Bas (B) de progression quotidienne. Ils recevaient 2 repas/jour. Les animaux du lot B étaient alimentés de manière à simuler un jeun de 48h (niveau B à J3 similaire à celui de H à J1). Le rationnement B progressait ensuite à un rythme similaire au plan H tout en gardant ce décalage de 48 heures (J5B similaire à J3H).

Globalement, les volumes et débits de protéines, de trypsine et de lipase en période basale augmentent après le sevrage. L'activité spécifique de la trypsine augmente alors que celle de la lipase diminue. Le repas "booste" la production de protéines et de trypsine. Le suivi du lot H montre une véritable adaptation de la production pancréatique postprandiale qui ne cesse d'augmenter de J1 à J5.

Le débit basal de protéines est lié au plan d'alimentation (1,9 fois plus faible pour le lot B / lot H sur la période). De plus, dans le lot B, les valeurs basales et prandiales ne diffèrent pas. A J3, les débits de protéines, de trypsine et l'activité spécifique de trypsine sont significativement supérieure pour le lot H comparativement au lot B. Quand on compare l'activité pancréatique à J3 du lot H avec celle à J5 du lot B, c'est à dire à niveau d'ingestion similaire, on constate que les débits de protéines sont similaires mais que le débit et l'activité de la trypsine est 40 fois inférieure dans le lot B. Le jeun retarde donc la dynamique d'adaptation pancréatique.

 

A. Huguet et al., Dynamique de l'adaptation de la sécrétion pancréatique chez le porcelet au sevrage, Journées de la Recherche Porcine, février 2005, 37, 225-230

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Commentaires de l'ISPAIA : Il est constaté depuis longtemps que les animaux qui démarrent mal en consommation après sevrage sont plus à risque d'un point de vue pathologie digestive. C'était un des éléments qui ressortait par exemple de l'enquête sur les facteurs de risque de diarrhée en sevrage conduite il y a dix ans par l'AFSSA. Cette expérimentation permet de mieux comprendre ces constats. Après un jeun, les porcelets présentent donc une production enzymatique inférieure comparativement à ceux qui ont consommé rapidement (pour un ingéré identique). Qui dit alors ingéré identique mais production enzymatique inférieure dit aussi risque de diarrhée alimentaire. Les germes ont ensuite la porte ouverte...

 

2. Alimentation au sevrage et pathologie digestive (2).

Suite logique du travail précédent, nous nous devions de souligner le travail de Jean Le Dividich sur l'intérêt de l'alimentation liquide au sevrage. Deux essais visent à comparer aliment solide vs aliment solide + liquide. Les aliments premier âge testés étant bien sûr identiques, ces essais diffèrent par les modalités de transition 1er-2ème âge. Les résultats sont édifiants. Pendant les 2 semaines d'alimentation liquide, les porcelets de l'essai 1 ont consommé un tiers d'aliment en plus majorant ainsi leur croissance de près de 20% par rapport aux témoins (aliment solide uniquement). Dans l'essai 2, les performances ne sont pas améliorées (par rapport à l'essai 1) par un adoucissement de la transition.

Compte tenu de l'importance de l'ingéré sous la mère décrit dans la bibliographie, un troisième essai débutait avec une alimentation liquide en maternité. Il a montré l'intérêt de l'alimentation liquide en maternité. Les porcelets ainsi gérés ont consommé 560% de plus que les témoins en aliment solide ! Toutefois leur poids de sevrage restait similaire. L'avantage serait peut être alors à rechercher du côté des mères mais cela n'avait pas été évalué.

Et la diarrhée dans tout cela ? Même si l'intérêt théorique semble évident, il est impossible de conclure au vu de cet essai. S'agissant d'un essai en station, il n'a pas été observé de diarrhée sur les lots témoins…

Par contre, Keith Wilson, praticien américain, a présenté cas d'élevage à l'AASV 2005 qui alimente la discussion. Il a enregistré pendant des mois une forte mortalité en nurserie lié à un colibacille K88 multirésistant (2 périodes critiques : 3-7 j et 10-14 j après sevrage). Cette mortalité variait entre 4 et 20% selon les bandes auxquels s'ajoutait 5 à 20% d'euthanasies. Bien entendu, il a eu recours à de nombreuses stratégies sur les différentes bandes. Son témoignage était particulièrement intéressant car la situation au moment de son exposé semblait juste s'améliorer avec 2,5% de mortalité et 1,5% d'euthanasie… Sa stratégie reposait alors sur un protocole de nettoyage désinfection renforcé, une augmentation de l'âge au sevrage à 18 jours et un changement de formulation alimentaire pour utiliser des matières premières plus onéreuses mais aussi plus appétissantes pour le porcelet (plasma et farine d'avoine). En parallèle, il constatait une augmentation de l'ingéré quotidien et du GMQ ! Fin août, il confirmait ces bons résultats : taux de perte entre 2 et 4%. Au bilan, l'action clé à son sens pour lutter contre ce colibacille multirésistant a été le travail sur le démarrage des porcelets au travers de leur ingéré alimentaire.

 
J. Le Dividich et al., Evaluation d'une stratégie nutritionnelle basée sur l'alimentation liquide visant à rendre plus douce la transition allaitement-sevrage, Journées de la Recherche Porcine, février 2005, 37, 225-230
K Wilson, Fighting the K88 battle, AASV, 5 mars 2005, Seminar 4, 17-18

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3. Identification d'une espèce d'Helicobacter à l'origine d'ulcères gastriques.

Alors que les ulcères gastriques chez l'homme ont été pendant longtemps surtout liés au mode de vie, il a été montré qu'ils pouvaient être aussi d'origine infectieuse, dus à Helicobacter pylori. Chez le porc, Helicobacter heilmannii a été associé à des cas d'ulcères. Cependant, il est isolé dans les estomacs chez environ 50% des porcs sans ulcère gastrique et son pouvoir pathogène n'a pu être mis en évidence sur des animaux inoculés.

Quatre porcelets sains provenant d'un élevage de production ont été euthanasiés. Des prélèvements de muqueuse gastrique ont été réalisés et analysés en vue de détecter Helicobacter heilmannii et Helicobacter pylori. Un isolement s'est révélé positif en ELISA à H. pylori isolé habituellement chez l'homme et morphologiquement différent d'H. heilmannii. D'autre part, cet isolement présente un facteur de virulence identique aux souches humaines d'H. pylori.

Cet isolement a ensuite été inoculé par voie orale à 13 porcelets. Neuf d'entre eux ont présenté une ulcération gastro-oesophagienne et 5 une ulcération de la muqueuse gastrique glandulaire. En outre, les porcs ont produit une réponse en anticorps différente de celle des 9 porcs inoculés avec H. pylori (souche humaine). Ce travail laisse envisager qu'un autre agent qu'H. heilmannii pourrait induire des ulcères chez le porc. En outre, cet isolement apparaît différent sur le plan antigénique d'H. pylori isolé chez l'homme.

 

S. Krakowka et al., Isolation and preliminary characterization of a novel Helicobacter species from swine, American Journal of Veterinary Research, 66, juin 2005, 938-944
S. Krakowka et al., Experimental induction of bacterial gastritis and gastric ulcer diseasein gnotobiotic swine inoculated with porcine Helicobacter-like species, American Journal of Veterinary Research, 66, juin 2005, 945-952

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4. Prévalence et voies de contamination de Campylobacter en élevage de porcs.

Des prélèvements de fécès ont été effectués chez 7 naisseurs-engraisseurs sur des truies le jour de mise-bas (n=63) et sur des porcelets à 1 semaine (n=586), 3 semaines, en post-sevrage, après le transfert en engraissement, et durant la dernière semaine d'engraissement (mêmes animaux). D'autres prélèvements étaient effectués chez 8 engraisseurs avant et après le transport à l'abattoir.

Toutes les souches détectées appartenaient à Campylobacter coli. La prévalence moyenne est de 50,8% sur les truies le jour de la mise-bas et de 32,8% sur les porcelets à 1 semaine. Elle passe à 56,6% en post-sevrage puis à 66,8% en fin d'engraissement. Un élevage a conservé un prévalence très faible tout au long de la période d'élevage (max=5,3%). L'unique élevage en plein air présente une dynamique différente : 100% des porcelets infectés à 3 semaines mais 63% en fin d'engraissement. Par ailleurs, sur 1474 prélèvements d'environnement (eau, aliment, bottes, excréments de rongeurs, oiseaux ou chats, surfaces des cases en engraissement) 11 étaient positifs C. coli. Le transport à l'abattoir n'a pas d'influence sur le taux de portage de C. coli (79,1% avant transport et 78,2% après, n=330).

Les isolements ont été séquencés dans un élevage (conventionnel). Des souches similaires ont été isolées sur les truies et leurs porcelets en maternité. Après le transfert des porcelets en post-sevrage, de nouveaux génotypes apparaissent, mais les souches identifiées en maternité restent majoritaires. Après le passage en engraissement, les génotypes changent énormément. Cette étude met en avant le rôle des porcs comme réservoir. Elle montre aussi que les souches maternelles de C. coli constituent la première source d'infection mais ne sont pas liées à la contamination finale des porcs charcutiers.

 
T. Alter et al., Prevalences and transmission routes of Campylobacter spp. strains within multiple pig farms, Veterinary Microbiology, 108, juillet 2005, 251-261

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Commentaires de l'ISPAIA : Cette étude a été menée car deux récents rapports ont mis en lumière le rôle de Campylobacter coli dans les cas d'infections humaines à Campylobacter alors que cette espèce était considérée moins prévalente jusque là. On voit ici que l'hygiène des bâtiments semble jouer un rôle important…

 

5. Effet d'une supplémentation en extrait de canne à sucre sur le système immunitaire.

L'extrait de canne à sucre est rapporté dans plusieurs espèces comme bénéfique pour le système immunitaire : activité anti-inflammatoire, anti-oxydante, anti-stress, immunostimulante, améliore la résistance aux infections secondaires… Il a donc été testé dans un élevage naisseur-engraisseur (300 truies) qui souffrait de complexe respiratoire porcin. L'élevage est positif SDRP mais ne vaccine pas. Les porcelets étaient répartis en 2 groupes au sevrage : témoin (n=90) et supplémenté (n=90). L'extrait de sucre de canne était additionné à du tourteau de riz dans un rapport de 1:4. Il était ensuite incorporé à l'aliment à la dose de 500 mg/kg de poids vif/jour pendant 3 jours consécutifs par semaine pendant 4 semaines (entre 5 et 9 semaines d'âge).

La cytotoxicité des cellules Natural Killer est améliorée après 1, 2 et 4 semaines de traitement comparativement au témoin (p<0,05) ainsi que l'activité phagocytique des monocytes et des neutrophiles après 2 et 4 semaines. D'autre part, afin d'évaluer si cette supplémentation, par l'amélioration de l'activité cytotoxique des cellules Natural Killer, permet de diminuer la réplication virale, des sérologies SDRP ont été réalisées à la fin du traitement. La séroconversion est de 8% dans le groupe supplémenté contre 25% dans le groupe témoin (non significatif). Par ailleurs, la croissance (entre 5 et 14 semaines) est améliorée dans le groupe supplémenté (+7,87% ; non significatif) et aucune différence de mortalité n'est apparue.

 
D-Y. Lo et al., Effects of sugar cane extract on the modulation of immunity in pigs, Journal of Veterinary Medicine Science, 67, juin 2005, 591-597

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6. Impact d'une infection SDRP et/ou PCV2 sur les macrophages alvéolaires porcins.

Des macrophages alvéolaires ont été prélevés par lavage trachéo-bronchique sur des porcelets SPF. Ils ont ensuite été répartis en 4 traitements pour une expérimentation in vitro : Témoins (non infectés), Inoculés avec du PCV2, Inoculés avec du SDRP ou Inoculés avec du PCV2 et du SDRP. L'objectif était de voir l'action de ces virus sur les macrophages et la production d'interféron et TNF (Tumor Necrosis Factor) qu'ils induisent. Ces deux cytokines sont en effet connues pour avoir des effets anti-viraux.

Dans le traitement PCV2 seul, la contamination des macrophages est élevée mais il n'y a pas de mort cellulaire. A l'inverse dans le traitement SDRP seul, il y a peu de contamination cellulaire mais la survie des macrophages est altérée et le taux d'apoptose est important. Dans le traitement co-inoculation SDRP + PCV2, le taux d'infection par le SDRP et l'apoptose sont plus faibles comparativement au traitement SDRP seul.

Une forte production d'interféron-alpha est notée dans le traitement PCV2 mais pas dans les traitements SDRP ou témoin. Parallèlement, l'effet cytopathogène induit par le SDRP a pu être nettement réduit par pré-incubation des cellules avec le surnageant des macrophages infectés par le PCV2 seul. Dans un essai complémentaire où le surnageant des macrophages infectés par le PCV2 seul était pré-traité avec des anticorps anti-interféron-alpha, cette réduction a été abolie. En outre, le PCV2 induit une production de TNF mais en quantité inférieure à celle du virus SDRP et il n'a pu être montré d'effet protecteur comme avec l'interféron.

Ces résultats suggèrent que les macrophages alvéolaires sont un réservoir de virus du PCV2. En cas de co-infection par le virus SDRP et le PCV2, l'infection par le SDRP est réduite par la production d'interféron-alpha générée par l'infection par le PCV2. Cependant les auteurs relèvent aussi les effets pro-inflammatoires de l'interféron et du TNF. En cas de co-infection, malgré un effet anti-viral, ces cytokines pourraient contribuer à augmenter la sévérité des lésions de pneumonie interstitielle par augmentation de la réponse inflammatoire.

 

H.W. Chang et al., Reduction of PRRSV infection in swine alveolar macrophages by PCV2 induced interferon alpha, Veterinary Microiology, 108, juillet 2005, 167-177

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7. Comparaison de kits dans le diagnostic sérologique de salmonelle.

Dans la perspective d'une surveillance sérologique généralisée des porcs vis à vis de Salmonella, une équipe espagnole a cherché à comparer 2 kits de diagnostics : Svanovir (Svanova Biotech) et Salmotype (labor Diagnostik). 211 prélèvements sanguins proviennent de 20 élevages de statut bactériologique connu (17 positifs et 3 négatifs) et 150 prélèvements de 60 élevages de statut inconnu.

Tous les élevages connus positifs ont présenté des résultats positifs dans les 2 tests exceptés 2 engraisseurs (1 positif uniquement avec Salmotype et l'autre négatif avec les 2 tests). Toutefois, selon les élevages, la corrélation entre les ratio e/p varie de très bonne (r=0,97) à absente (r=0,05). Au bilan, le degré d'accord global entre les 2 kits (tout statut d'élevages confondus) est faible comme le montre le tableau ci-dessous :

Svanovir
Salmotype
+
-
+
118
62
-
84
97

Pour les 2 kits, environ 10% des échantillons présentaient des résultats à 10% près du seuil d'interprétation. Cette observation est en cohérence avec la bibliographie et met en évidence que selon les modalités de mise en œuvre des tests les résultats peuvent varier substantivement.

 

W. Mejia et al., Comparison of two commercial ELISAs for the serological diagnosis of salmonellosis in pigs, Veterinary Record, 157, juillet 2005, 47-48

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8. Utilisation des antibiotiques en élevage en France.

Dans un rapport paru en juin, l'AFSSA évalue à 1261 tonnes la quantité d'antibiotiques utilisées en santé animale en 2003. Cette utilisation a diminué de 2,7% par rapport à l'année précédente et de 9,1% par rapport à l'année 2000. 92% des tonnages d'antibiotiques sont destinées aux animaux de rente, 1,5% aux animaux de compagnie. Pour les 6,5% restants, l'AMM (Autorisation de Mise sur le Marché) ne permet pas de savoir à quelle espèce l'antibiotique à été donné. La voie orale reste la voie d'administration principale des médicaments vétérinaires (plus de 85%).

Les tétracyclines représentent la moitié des ventes, puis viennent les sulfamides, les béta-lactamines et les macrolides. Ces 4 familles d'antibiotiques totalisent 81,8% des prescriptions. Les fluoroquinolones et les céphalosporines représentent à elles deux moins de 1% du total. Sur la période 1999 - 2003, l'utilisation des macrolides augmente (+32,7%). A l'inverse, les ventes de sulfamides (-24,2% depuis 2000) et de tétracyclines (-8,9% depuis 2001) sont en diminution.

Par ailleurs, une modélisation de la répartition par espèce de l'utilisation des antibiotiques a été réalisée. Les résultats d'une enquête du SIMV sont également fournis à titre comparatif. On observe des différences entre les 2 approches. Toutefois, dans les 2 cas, l'espèce porcine est l'espèce la plus consommatrice d'antibiotiques, suivie des espèces bovines et des volailles à égalité. D'après la méthode de calcul de l'AFSSA, les consommations d'antibiotiques ont diminué entre 1999 et 2003 de 10% chez les bovins, 3% chez les porcins, 11% chez les volailles et 23% chez les poissons. Parallèlement, sur la même période, les cheptels bovins et porcins sont restés stables et le cheptel avicole a diminué de 13%. En conséquence, concernant la filière avicole, la diminution de population étant plus importante que la diminution de consommation d'antibiotiques imputée à l'espèce, cela pourrait en fait traduire une augmentation de la quantité utilisée par kg/poids vif.

En outre, l'augmentation de l'utilisation des macrolides serait principalement due à l'espèce porcine. Elle pourrait s'expliquer par l'interdiction de la plupart des antibiotiques de la liste des additifs autorisés dans l'alimentation animale.

 
G. Moulin et S. Roux, Suivi des ventes de médicaments vétérinaires contenant des antibiotiques en France en 2003 - Bilan de 5 années d'enquête (1999-2003), Rapport publié le 17/06/2005, disponible sur le site www.afssa.fr/ftp/afssa/rapport2003-6.pdf

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Commentaires de l'ISPAIA : Il est toujours difficile d'avoir une lecture de ces données par espèce animale. Toutefois, la diminution globale de l'utilisation des antibiotiques en usage vétérinaire est intéressante à noter (au moins sur le plan de la communication vers la société civile). Et ceci d'autant plus qu'on fait figure de bon élève européen (cf. rapport britannique similaire sur la période 1998-2002 mettant en évidence une stabilité de la consommation d'antibiotiques en santé animale ; porcinews n°20 - avril 2005).

 

9. Arbre décisionnel d'intervention en post-sevrage.

Le modèle a été calculé sur la base des données recueillies dans un élevage de production en sevrage 17 jours (3,95 kg en moyenne) et post-sevrage de 7 semaines. Le principe du modèle est le suivant : l'objectif est de maximiser la croissance et de minimiser la mortalité en post-sevrage. Les modalités d'interventions évaluées sont : 1) ne pas traiter, 2) traiter tous les porcelets, 3) traiter les porcelets en dessous d'un certain poids de sevrage (intervention tactique). L'efficacité de l'intervention est jugée d'un point de vue économique en fonction de la proportion de porcelets de faible poids et de la mortalité observée à l'issue du post-sevrage, et du coût du traitement.

Traiter la population entière est économiquement la stratégie la plus efficace si l'élevage présente un faible niveau de performances et que le traitement est très efficace (24% de porcelets de faibles poids en fin de PS - 14,5 kg à 10 semaines de vie - et effet bénéfique du traitement estimé à 40%). En revanche, dans la même situation de performances, si le traitement n'apporte qu'un bénéfice de 10% sur les porcelets de faibles poids, le traitement de la bande ne devient intéressant que si son coût est inférieur à 1$/tête.

L'intervention tactique (c'est à dire traitement des animaux en deçà d'un poids de sevrage défini) s'avère le choix le plus judicieux quand les performances initiales sont plus acceptables : mortalité <7% et moins de 18% de porcelets de faible poids. Parallèlement, moins le traitement est cher, plus le seuil de poids de sevrage pour mettre en place le traitement tactique peut être élevé.

 
A.J. Larriestra et al., A decision-making framework for evaluating interventions used at weaning to reduce the mortality in lightweight pigs and improve weignt gains in the nursery, Journal of Swine Health and Production, 13 (3), mai 2005, 143-149

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Commentaires de l'ISPAIA : Bien entendu, cette étude américaine ne doit pas nous faire oublier les spécificités de chaque maladie dans le choix des modalités de traitement. Néanmoins, elle répond à une attente légitime de l'éleveur : évaluer le rapport coût bénéfice des actions que nous préconisons. Le contexte d'élevage est très différent du nôtre et les repères suggérés pour cet élevage ne peuvent que nous surprendre (18% de porcelets à moins de 14,5 kg à 10 semaines de vie !). Ils ne sont donc absolument pas transposables mais l'esprit de ce travail nous a semblé intéressant.

 

10. Reproduction du stress prénatal par administration orale de cortisol.

La bibliographie indique que le stress subi par des femelles de différentes espèces au cours d'une gestation peut avoir de nombreux effets négatifs : immunitaire, poids de naissance... Dans ce contexte, vingt quatre truies ont été réparties en 4 groupes : témoin ou administration par voie orale de 20, 60 ou 180 mg/jour/truie d'hydrocortisone acétate. Le traitement a duré de la 7ème à la 11ème semaine de gestation.

La taille des portées et le poids de naissance sont similaires entre les groupes. Aucune différence de mortalité à 24 heures après mise-bas n'est relevée. Les durées de gestation ne sont pas différentes entre les groupes témoin, 20 et 60 mg/jour (115 jours). Dans le groupe ayant reçu 180 mg/jour, 3 truies (sur 6) ont avorté. En conséquence selon que ces truies sont conservées ou non dans le calcul de la durée de gestation moyenne, on obtient une moyenne de 113 jours ou de 88 jours. Les auteurs attribuent ces avortements au traitement car des pics de cortisol plasmatique ont été observés chez ces truies avant l'avortement.

Les concentrations plasmatiques et salivaires en cortisol étaient significativement plus élevées chez les truies ayant reçu 60 mg ou 180 mg comparativement aux truies témoins. Parmi les critères immunologiques évalués, seul le ratio neutrophiles / lymphocytes était supérieur chez les truies ayant reçu 180 mg/jour (p<0,05). Si le dosage à 60 mg semble bien mimer une situation de stress chronique, les auteurs concluent, au vu des 3 avortements que le dosage à 180 était trop élevé. En conclusion, les auteurs ne mettent pas évidence d'impact d'un stress chronique sur des truies en milieu de gestation.

 
G. Kranendonk et al., Evaluation of oral administration of corisol as a model for prenatal stress in pregnant sows, American Journal of Veterinary Research, 66, mai 2005, 780-790

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Commentaires de l'ISPAIA : Attention à ne pas étendre ces conclusions à l'ensemble de la gestation. Il est admis que stress en début de gestation à des effets sur la survie embryonnaire. Quant à la phase de mise bas, nous avons montré que le stress peut induire un problème de mortinatalité (Leneveu 2002).

 

11. Actualité : épidémie humaine à Streptococcus suis en Chine, plus de 200 cas !

Depuis fin juillet, des messages sont régulièrement diffusés sur le site web Pro-MED concernant cette épidémie surprenante. Il semble que les premiers cas remontent au mois de juin et concernaient 2 personnes qui avaient abattu des porcs qui bavaient. Au 21 août, il est fait état de 215 cas dont 39 morts. La plupart sont issus de la région de Sichuan, principale région productrice de porcs en Chine (plus de 50 millions de porcs par an). Tous les cas analysés semblent mettre en évidence Streptococcus suis type 2. La grippe tout comme le virus Nipah ont pu être exclus.

Dans 80 % des cas, les personnes concernées ont abattu des porcs malades ou les ont découpés, vendus, voire consommés ! Ce constat semble être à relier à une " coutume " locale qui consiste, compte tenu du niveau de pauvreté, à consommer des porcs malades. Toutefois, cette coutume a peut-être dépassé l'aspect " local ". Des cas ont été rapportés à Hong Kong (ex : boucher d'un supermarché). Les autorités chinoises ont déclaré aussi être intervenues dans un abattoir illégal qui avait ce genre de pratiques. Il ne semble par y avoir de transmission inter-humaines dans la mesure où il n'y a pas de cas d'enfants. 40% des cas ont entre 50 et 60 ans. La clinique semble variable et les personnes atteintes souffrent de fièvre élevée, de malaises, nausées, méningites, d'hémorragies sous cutanées voire de choc toxique mortel.

La particularité des symptômes (avec peu de cas de méningites décrits par exemple), le fort taux de mortalité (20%) laissent malgré tout l'OMS et les spécialistes dubitatifs quant au rôle seul de Streptococcus suis. Un deuxième agent est régulièrement évoqué dans les discussions tout comme une souche de Streptococcus suis particulièrement virulente pour l'homme. Pro-MED rapporte par exemple des propos de Marcello Gottschalk (Université de Montréal) qui émet l'hypothèse d'une recombinaison de Streptoccus suis avec d'autres bactéries. Les symptômes évoquent en effet Staphylococcus aureus et/ou Streptococcus pyogenes avec lesquels le streptocoque peut recombiner.

 
www.promedmail.org messages : Streptococcus suis, porcine, human - China

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Quelques informations Pfizer

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Actualités ISPAIA

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