Décembre 2005 - 24ème numéro de Porcinews

 
 
 
SELECTION D'ARTICLES

1.

Analyse des taux d'avortement en élevage

2.

Effet de levures dans l'aliment de sevrage

3.

Brachyspira murdochii : agent causal de diarrhée ?…

4.

Coccidiose sur cochettes : diarrhée et mortalité

5.

Age au sevrage et comportement de tétâge de flanc

6.

Transmission de la MAP : pourquoi la limitation des adoptions fonctionne !

7.

Intérêt de la filtration par rapport à la transmission du SDRP

8.

Quelques informations Pfizer
Actualités à l'ISPAIA

 

1. Analyse des taux d'avortement en élevage.

Cette analyse porte sur les données extraites de la base nationale de GTTT. Le taux moyen d'avortements (nombre d'avortements / nombre de truies diagnostiquées gestantes) a été calculé sur les 3000 élevages de la base. Sur cette population, 58% ont connu un avortement en 2004. Rapporté au nombre de truies, cela représente une prévalence globale de 0,64% et une prévalence sur les élevages ayant connu au moins un avortement de 1,10%. Celle-ci est stable sur les 5 dernières années. Les auteurs suggèrent que l'absence d'avortement dans 40% des élevages puisse traduire en fait un sous-enregistrement de cette donnée par les éleveurs. Parmi ceux qui ont relevé des avortements, la prévalence de 1,5% est franchie dans un peu plus de 20% des élevages.

Une analyse individuelle des données des truies a été effectuée sur un sous échantillon représentatif de 333 élevages (prévalence globale de 0,62%, proche de la population nationale). Il en ressort que 30% des cas sont observés au-delà de 100 jours de gestation. D'autre part, l'effet saison est plus ou moins marqué selon les années. En 2003, par exemple, chaque mois du premier semestre représentait moins de 5 % des avortements annuels alors que les mois du second semestre "pesaient" tous pour plus de 10% dans le bilan annuel. En 2004, on observe encore un taux élevé en janvier puis des taux plus faibles jusqu'à juin, avant une nouvelle augmentation (maximum en août et octobre, comme en 2003 où chacun de ces deux mois représentaient 15% des avortements).

Les avortements sont plus nombreux chez les cochettes et chez les truies de rang 8 et plus (autour de 0,80% contre 0,60% pour les truies de rang 2 à 7). L'effet "cochette" est encore plus net en automne. Cela pourrait être dû à un cumul de facteurs de stress pour ces animaux : élevage en groupe, adaptation au bâtiment, stress thermique… 60% des truies ayant avortées ne sont pas remises à la reproduction. Sur les truies remises à la reproduction, il s'agit dans 2 cas sur 3 de cochettes et dans 1 cas sur 2 la carrière sera normale.

Le taux de prévalence de momifiés a été croisé avec celui des avortements et il n'a pas été trouvé de corrélation. Les auteurs notent là aussi que la qualité d'enregistrement des momifiés peut être sujette à caution.

 

S. Boulot et al., Importance des avortements dans les troupeaux français, Journées AFMVP, décembre 2005, 65-77

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2. Effet de levures dans l'aliment de sevrage.

Un premier essai porte sur 114 porcelets sevrés à 19-20 jours. Les animaux sont répartis en 3 groupes : un groupe témoin, un groupe supplémentation en plasma animal à raison de 5% dans l'aliment 1er âge (2 semaines) et 2,5% dans l'aliment 2ème âge (2 semaines) et un groupe supplémentation en levures à raison de 5% dans l'aliment 1er âge (2 semaines) et 2,5% dans l'aliment 2ème âge (2 semaines). Les animaux reçoivent en plus une supplémentation antibiotique en carbadox. Cet essai est répété une seconde fois avec 84 porcelets et sans supplémentation en carbadox.

Sur la phase de post-sevrage, les résultats sont globalisés entre les 2 essais. On ne peut donc pas évaluer l'interaction potentielle de la supplémentation antibiotique. Toutefois, il ressort de cette phase (0-28 jours post-sevrage) un effet bénéfique des levures sur le GMQ par rapport au témoin (382 vs 342, p<0,001). L'effet du plasma est similaire à celui des levures (GMQ=381).

Sur la phase d'engraissement (J29-J130 : aliment identique pour tous les lots), les données ne sont disponibles que pour l'essai 2 (aliment en PS non supplémenté en antibiotique). Le lot "levures" présente le meilleur GMQ 29-130 (0,93 vs 0,87 kg/j pour les témoins, p<0,05). Le lot "plasma" a par ailleurs le moins bon GMQ sur cette période (0,82 kg/j). Ainsi, à 150 jours d'âge, le lot "levures" pèse en moyenne 106,3 kg contre 99,1 kg pour les témoins et 96,2 kg pour le lot "plasma".

 
MS. Carlson et al. Effects of yeast extract versus animal plasma in weanling pig diets on growth performance and intestinal morphology, Journal of Swine Health and Production, 13, 4, 204-209

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Commentaires de l'ISPAIA : Si on peut regretter que le plasma ne soit pas autorisé dans l'alimentation animale en France, on voit ici que ce n'est pas forcément la panacée si on considère l'ensemble de la période de croissance. En effet, les animaux recevant l'aliment supplémenté en plasma ont eu plus de mal à démarrer en début d'engraissement. Leur GMQ sur la phase croissance est pénalisé alors qu'il est similaire aux autres groupes sur la phase finition. Selon les auteurs, ce constat est cohérent avec d'autres travaux qui montrent que ces animaux sont plus sensibles à des challenges immunitaires ou des facteurs de stress. A l'inverse, et de façon encourageante dans notre contexte d'arrêt des derniers antibiotiques facteurs de croissance, les levures s'en sortent très bien.

 

3. Brachyspira murdochii : agent causal de diarrhée ?….

Cette équipe autrichienne a développé, à partir de souches de référence et d'échantillons prélevés sur des porcs inoculés, une PCR pour le diagnostic de routine des espèces de brachyspires. Elle l'a ensuite testée sur 7 échantillons terrain archivés dans la paraffine. Ces échantillons proviennent de gros intestins de porcs de 2-3 mois avec de l'entérocolite, diagnostiqués comme infectés par des brachyspires (diarrhée grise, contenu intestinal aqueux à mucoïde, présence de brachyspires validée par hybridation in situ).

Sur les 7 échantillons, B. murdochii a été la seule espèce isolée dans 3 échantillons. Dans 2 échantillons, B. murdochii a été isolé simultanément avec une autre espèce (B. pilosicoli ou B. innocens). Sur les 2 derniers échantillons, il s'agit soit de B. innocens soit de B. intermedia. Ces résultats de la PCR ont été confirmés ensuite par séquençage.

Au vu des examens cliniques, de façon surprenante, B. hyodysenteriae n'a pas été détecté et B. pilosicoli une seule fois. Par contre, B. murdochii est détecté dans 5 cas sur 7. Les auteurs soulèvent donc la question de la non pathogénicité de cette espèce, par ailleurs déjà discutée dans d'autres travaux. Ils évoquent même la possibilité de considérer toutes les espèces de brachyspires comme potentiellement pathogènes "dans certaines circonstances qui restent à établir". Ici la co-infection de certains cas par le PCV2 ou Lawsonia intracellularis pourraient constituer des co-facteurs.

 

H. Weissenbock et al., Amplification and sequencing of Brachyspira spp. specific portions of nox using paraffin-embedded tissue samples from clinical colitis in Austrian pigs shows frequent solitary presence of Brachyspira murdochii, Veterinary microbiology, 111, novembre 2005, 67-75

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Commentaires de l'ISPAIA : On peut s'interroger sur ce qui provoquait des diarrhées grises dans les 7 échantillons utilisés puisqu'un seul hébergeait une brachyspire reconnue pathogène (B. pilosicoli). B. murdochii est habituellement considérée comme non pathogène. Sa présence peut être aussi le reflet d'un désordre digestif, être simplement une bactérie opportuniste. Alors, B. murdochii agent pathogène ou cas de colite non spécifique ?

 

4. Coccidiose sur cochettes : diarrhée et mortalité.

Le premier cas concerne un élevage de taille importante (quarantaine de 500 cochettes, livraison de 55 cochettes de 170-175 jours d'âge tous les 4 jours). La quarantaine est constituée d'un bâtiment et d'une cour paillée où les oiseaux et les chats ont accès. Il n'y a pas de signe particulier de présence d'une population de rongeurs.

Une semaine après la livraison d'un lot, en mars 2004, 25% des cochettes présentent des fécès liquides, mais continuent de manger correctement. Le lot est traité par l'aliment pendant 7 jours avec tylosine+flubendazole, sans investigation particulière. Pendant le mois qui suit, il n'y a pas de nouveau cas, jusqu'à une nouvelle livraison en avril. Cette fois, la consommation est affectée, 50% du lot présente une diarrhée sévère jaune et aqueuse, et 2 cochettes meurent 7 jours après leur arrivée.

Une cochette est autopsiée et des prélèvements de fécès de différents animaux sont analysés : 0,1 à 6,6 millions d'oocystes/g de fécès sont trouvés et aucun autre agent pathogène n'est identifié sur la cochette autopsiée. L'analyse histologique du jejunum et de l'ileum montre une forte invasion de la surface des entérocytes par les coccidies. Les espèces isolées sont Eimeria debliecki (30%), E. polita (24%), E. perminuta (20%) et E. suis (13%) et E. neodebliecki et E. porci. Des analyses de fécès d'un lot de cochettes suivant n'a pas mis en évidence d'oocystes. S'agissant d'un élevage commercial se fournissant chez un multiplicateur de haut statut sanitaire, les auteurs font l'hypothèse que les animaux, potentiellement naïfs, ont été soudainement exposés à une forte pression en coccidies présentes dans l'environnement de la quarantaine (paille).

Par ailleurs, le VLA (Veterinary Laboratories Agency) a investigué un autre cas à l'automne 2005, sur des cochettes de 6 mois dans un élevage plein air. Deux cochettes ont présenté des signes d'infection là aussi 7 jours après livraison et sont mortes. Les 16 autres du même lot n'ont eu qu'une légère diarrhée. L'autopsie a montré une sévère entérite nécrosante associée à une infection par les coccidies. L'analyse des fécès a révélé un score de 1,7 millions d'oocystes/g (dont 58% était Eimeria debliecki). Salmonella Reading et Salmonella Goldcoast ont également été détectées. Les auteurs en ont concluent que l'infection à salmonelle ou le mouvement des animaux ont pû prédisposer à cette infection clinique.

 
C.M. Gaudie et al., Coccidiosis in replacement gilts, Veterinary Record, octobre 2005, 157, 517-518
Veterinary Laboratories Agency disease surveillance report for September 2005, Veterinary Record, 157, novembre 2005, 611

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Commentaires de l'ISPAIA : Les coccidies isolées dans ces 2 cas d'élevages sur les cochettes, une semaine après livraison, sont différentes de celles rencontrées plus habituellement sur les porcelets sous la mère qui sont dues le plus souvent à Isospora suis.

 

5. Age au sevrage et comportement de tétâge de flanc .

L'étude a été réalisée dans un élevage de production. Chaque salle de post-sevrage (4 au total, soit 2272 porcelets) comprend 16 cases de 34 à 36 places. Les salles sont conduites en tout plein tout vide, c'est à dire que tous les porcelets entrent le même jour. Pour une salle donnée, 4 cases reçoivent des porcelets de 12 jours d'âge, 4 cases des porcelets de 15 jours, 4 cases des porcelets de 18 jours et 4 cases des porcelets de 21 jours. Les cases présentent un nombre équivalent de mâles et de femelles ainsi qu'une distribution des poids normale pour l'âge considéré. Les porcelets sont observés 15 minutes à J7, J14 et J21 post-sevrage.

La prévalence des comportements de tétâge diminue avec l'augmentation de l'âge au sevrage (p=0.02). La différence la plus critique apparaît entre les porcelets sevrés à 12 jours d'âge et ceux sevrés à 15 jours : la prévalence (pourcentage moyen de la population d'une case présentant un comportement de tétage pendant plus de 10 secondes sur une séquence d'observation de 15 minutes) est respectivement de 21%, 11%, 9% et 6% chez les porcelets sevrés à 12, 15, 18, 21 jours d'âge. Parallèlement, plus le poids de sevrage est élevé, moins il y a de porcelets téteurs.

Que ce soit en terme de pourcentage de porcelets avec des lésions ombilicales ou de sévérité de ces lésions, il existe une différence significative (p<0,05) entre les porcelets sevrés à 12 jours et les porcelets sevrés aux autres âges. Dans le groupe des porcelets sevrés à 12j, il y a 2 fois plus de porcelets avec lésions ombilicales que dans les autres groupes. Toutefois, les porcelets avec lésions ombilicales ont des GMQ similaires aux porcelets sans lésion. Par contre, les porcelets téteurs ont des GMQ(0-42j après sevrage) significativement plus faibles que les porcelets non téteurs (respectivement 372 vs 386, p<0,001).

 
R. Main et al., Effects of weaning age on postweaning belly-nosing behavior and umbilical lesions in a multi-site production system, Journal of Swine Health and Production, 13, 5, 259-264

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Commentaires de l'ISPAIA : Le rôle de l'âge au sevrage avait déjà été montré, mais en comparant des âges extrêmes 12 vs 21j, ou 14 vs 28j. Cette étude montre que, à 3 jours prés, l'impact de l'âge au sevrage peut être très différent.

 

6. Transmission de la MAP : pourquoi la limitation des adoptions fonctionne !

Ce travail fait la synthèse de plusieurs travaux conduits à l'AFSSA sur le PCV2 depuis 2001. Dans une première expérimentation, deux moments d'infection (35 versus 70 jours de gestation) ont été testés suite à inoculation par voie trachéale et musculaire. Une seconde expérimentation visait à évaluer l'impact d'une inoculation à différentes doses par voie intra-utérine au moment de l'IA sur des truies non immunes PCV2. Un troisième essai a évalué l'inoculation par voie intra-utérine au moment de l'IA sur des truies immunes PCV2, vaccinées ou non contre la parvovirose (PPV). Différentes procédures d'adoptions ont été mises en place pour les porcelets de ce 3ème essai.

Les truies inoculées par voie trachéale et musculaire (IT+IM) présentent des symptômes marqués (hyperthermie, 1 avortement suivi de mortalité, majorité de porcelets morts nés et momifiés surtout pour les truies inoculées à 35 jours de gestation). Par contre, les truies inoculées par voie intra-utérine (IU) présentent, pour les truies non immunes PCV2, des symptômes légers et pour les truies immunes, pas de symptôme mais un impact sur le nombre de nés vifs.

Les porcelets issus des truies IT+ IM étaient négatifs PCV2 à la naissance. On peut donc en conclure qu'il n'y a pas de passage transplacentaire du PCV2. Néanmoins, les porcelets IU étaient positifs à la naissance, et dans l'essai 3, ceux issus de truies IU non vaccinées PPV avaient une charge virale significativement supérieure. Par la suite, la prise de l'immunité colostrale par les porcelets entraîne un accroissement du titre en anticorps puis une disparition lente de cette immunité passive. Certains animaux séroconvertissent à nouveau vers 9 mois d'âge. Toutefois, des porcelets EOPS mis en contact avec ces porcelets au sevrage à 28 jours n'ont pas séroconverti.

Tous les porcelets de l'essai 3 étaient séronégatifs avant prise colostrale. Un 1er groupe a séroconverti entre 34 et 48 jours d'âge. Il s'agit de porcelets issus de truies infectées et privés d'immunité passive (porcelets adoptés par des truies EOPS) et des porcelets issus des truies EOPS et en contact avec les porcelets décrits précédemment (adoptés issus de truies infectées). Le 2nd groupe correspond aux porcelets issus de truies infectées et recevant leur colostrum et aux porcelets de truies EOPS adoptés par des truies infectées. Ce groupe a un taux élevé d'anticorps par immunité passive, puis devient séronégatif vers 90 jours d'âge et jusqu'à l'abattage. Le rôle des adoptions et des mélanges dans la diffusion du PCV2 est ici mis en lumière ainsi que la chronologie de l'infection qui semble s'initier très précocement dès la gestation de la truie.

Un fort effet protecteur de la vaccination PPV est mis en évidence ici en condition expérimentale. Il confirme les résultats de différentes études épidémiologiques sur le rôle de cette vaccination. En effet, les truies vaccinées présentent des résultats de mise-bas similaires aux truies témoins EOPS et significativement meilleurs que ceux des truies non vaccinées.

 

N. Rose et al., Travaux de l'AFSSA Ploufragan sur le circovirus et la reproduction, Journées AFMVP, décembre 2005, 83-97

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7. Intérêt de la filtration par rapport à la transmission du SDRP.

Des porcs de 25 kg ont été répartis en 4 groupes : les donneurs (inoculés par voie intranasale avec une souche SDRP virulente, n=40), les receveurs (n=40), les sentinelles (n=8) et les témoins (n=6). Ensuite, une seconde répartition avait lieu selon, soit le bâtiment témoin (entrée d'air dans la salle 1, passage par un conduit jusqu'à la salle 2 et extraction dans la salle 2), soit le bâtiment avec filtration EU8 et EU13 (entrée d'air dans la salle 1, passage de l'air par un conduit équipé du système de filtration et extraction dans la salle 2). Les porcs donneurs étaient placés dans la salle 1 et les porcs receveurs dans la salle 2 (pendant 6 heures). De plus, des porcs sentinelles étaient introduits dans le groupe des porcs donneurs.

Tous les porcs donneurs sont devenus virémiques SDRP et tous les porcs sentinelles positifs SDRP (PCR sur sérum). Parallèlement, dans le bâtiment témoin non filtré, 6 porcs receveurs sur 20 sont devenus positifs SDRP (PCR et ELISA) alors que dans le bâtiment filtré aucun porc receveur sur 20 n'a été contaminé. Cet effet bâtiment est significatif à p<0,01.

 

S. Dee et al., Evaluation of air-filtration system for preventing aerosol transmission of PRRS virus, Canadian Journal of Veterinary Research, octobre 2005, 69, 293-298

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Commentaires de l'ISPAIA : Scott Dee reconnaît maintenant que l'aérotransmission du virus du SDRP peut être une réalité. Sa visite en Bretagne à l'automne 2004 ainsi que ce travail l'ont convaincu que la filtration apparaît comme une solution intéressante. Désormais, ses travaux se tournent vers l'évaluation de différents systèmes et en particulier leur rapport coût / efficacité.

 

8. Potentiel d'infection du virus H5N1 isolé en Asie en 2004 chez le porc.

L'étude vise à évaluer si le virus H5N1 isolé en 2004 dans différents pays d'Asie du sud-est a diffusé dans la population porcine et s'il est capable de s'y répliquer. Ainsi, 3175 sérums de porcs vietnamiens, collectés entre septembre 2003 et juin 2004, ont été testés. 0,25% se sont révélés positifs aux virus aviaires H5N1 isolés en 2004.

Parallèlement, des essais expérimentaux de réplication et de transmission chez le porc des virus aviaires et humains H5N1 isolés en Asie en 2004 ont été conduits. Les 4 virus testés se sont répliqués dans l'appareil respiratoire des porcs. Les titres en virus des écouvillons nasaux présentent un pic le 2nd jour après inoculation. Tous les porcs inoculés ont présenté une hyperthermie et une légère toux de J1 à J4 post-inoculation, mais dans aucun cas il n'y a eu de transmission à des porcs contacts. Toutefois, les auteurs rappellent que cela ne signifie pas que la transmission ne peut avoir lieu en condition de terrain (présence de co-infections, facteurs de stress…).

 
YK. Choi et al., Studies of H5N1 Influenza virus infection of pigs by using viruses isolated in Vietnam and Thailand in 2004, Journal of Virology, Août 2005, 79 (16), 10821-10825

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Commentaires de l'ISPAIA : La situation semble donc similaire à celle de l'épizootie de 2003 en Hollande. Le virus H7N7 avait alors été détecté sur des porcs mais il n'y avait pas eu de transmission dans cette espèce d'après les données épidémiologiques (cf. porcinews n°11).

 


Quelques informations Pfizer

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