| Février 2006
- 25ème numéro de Porcinews |
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| 1. Circonstances associées à une infection par Lawsonia. | |
| Dans 95 élevages, 15 sérologies vis à vis de Lawsonia intracellularis ont été réalisées sur des porcs de 16 semaines d'âge (immunofluorescence indirecte). Les élevages ont été répartis en 3 classes en fonction du nombre de sérologies positives : 37 élevages ont été considérés comme non infectés (0 ou 1 sérum positif), 22 moyennement infectés (2 à 7 positifs) et 36 fortement infectés (>7 sérums positifs). Une analyse statistique a permis de mettre en évidence les facteurs les plus fréquemment associés à cette infection (comparaison des élevages négatifs / positifs et moyennement / fortement positifs). Une durée de vide sanitaire inférieure à 2 jours apparaît comme le facteur le plus à risque vis à vis de l'infection (Odds Ratio = 4,6). Sens de circulation du personnel, densité en post sevrage (PS) ou absence de transition alimentaire en sortie de PS sont aussi des facteurs significatifs. Les facteurs associés à une forte infection sont les changements de salle de tout ou partie de la bande en PS (OR = 9,9), la densité en PS (OR = 8,7) ainsi qu'une sortie des animaux avant 70 jours. A l'inverse, un traitement antibiotique lors de troubles digestifs en début d'engraissement est associé à une infection moindre infection des porcs. Au bilan les aspects hygiène et conduite ressortent donc largement de ce travail et mettent en exergue la contamination oro-fécale des porcs. |
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Fablet et al. Etude des circonstances associées à l'infection des porcs en croissance par Lawsonia intracellularis. Journées de la Recherche Porcine 2006, 38, 353-358 |
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Commentaires de l'ISPAIA : ne nous trompons pas sur le critère vide sanitaire. Au travers d'une durée inférieure à 2 jours, c'est bien évidemment une incapacité à mettre efficacement en uvre les mesures de nettoyage désinfection qu'il faut voir. Toutefois, il est sans doute judicieux d'élargir la réflexion et de ne pas se limiter aux seules salles d'élevages. Dans un site atteint, tous les animaux transitent par les même couloirs. Se pose alors la question de leur risque de contamination au cours de ces transferts. Il sera assurément le résultat d'un couple propreté des couloirs et temps passé par les porcs à explorer leur environnement au cours du déplacement. Nos leviers de lutte seront donc l'hygiène des couloirs mais aussi la qualité et la rapidité des déplacements. |
| 2. Evolution du statut salmonelles des élevages. | |
| Deux travaux récents vont alimenter les discussions en cours sur l'élaboration du plan salmonelles. Le premier a été présenté par C Fablet en communication courte à l'AFMVP. Il porte sur le suivi d'un élevage naisseur engraisseur de 170 truies. Le statut excréteur de l'élevage avait été confirmé à partir de chiffonnages d'environnement sur 3 lots de porcs en fin d'engraissement. Parallèlement le profil de ces trois bandes vis à vis des facteurs de risques à été déterminé. Par la suite, un travail a été conduit sur les modalités défaillantes, essentiellement sur des modalités d'hygiène plus aisément rapidement modifiables. Notons que d'un point de vue mise en uvre, l'éleveur a été accompagné dans ce travail d'amélioration. Cinq bandes ont ainsi été suivies en terme de profil de facteurs de risque en relation avec l'excrétion. Pour chaque bande, l'excrétion a été évaluée au vu de son résultat de chiffonnage. Le nombre de facteurs défaillants a été réduit d'un facteur 2 à 4 et les cinq bandes se sont avérées non excrétrices. Ce travail des plus encourageants montre donc qu'il est possible d'améliorer le statut d'un élevage vis à vis de l'excrétion en travaillant sur les facteurs de risques préalablement identifiés par les auteurs. Le deuxième travail apporte par contre lui une vision plus contrastée des choses. Huit élevages naisseurs engraisseurs ont été sélectionnés parmi un groupe de 20 élevages ayant fait l'objet d'un précédent travail par l'ITP (5 bandes suivies par élevage avec 20 porcs par bande). Ils ont volontairement été choisis pour avoir des statuts extrêmes en sérologie sur jus de viande, méthode retenue dans le futur plan. Un seuil de séropositivité placé à 10%, volontairement discriminant, a été utilisé (kit IDEXX). Il y avait donc 4 élevages considérés comme faiblement contaminés (<20 % de séropositifs) et 4 considérés fortement contaminés (>40 % de séropositifs), suivis au total sur une période de deux ans (5 bandes pour la sélection puis 6 bandes pour le suivi du statut). Au bilan, seuls deux élevages ont eu continuellement tous leurs lots du même statut (deux bons élevages). Le plan devant travailler sur une moyenne de résultats, les auteurs ont considéré l'évolution moyenne des 8 élevages. Sur les 4 faiblement contaminés, deux restent donc excellents, le troisième obtient un mauvais statut sur la deuxième période avec des lots comportant de 25 à 60 % de séropositivité. Quant au quatrième, il apparaît intermédiaire avec 2 lots très mauvais (65%). Sur les 4 initialement fortement contaminés, 2 le sont restés. Les 2 autres ont eu ont eu une amélioration de leur résultat. Au final, sur 8 élevages suivis, 4 changent de statut. Dans cette étude, il n'a pas été possible de mettre en relation le statut des élevages avec des facteurs de risque issus de la bibliographie, ni d'expliquer le changement de statut par des modifications au sein des élevages. Retenons donc qu'un travail sur les facteurs de risque d'excrétion
peut améliorer la situation d'un élevage (en l'occurrence
en accompagnant l'éleveur) mais qu'il existe des cas où
on assiste à une évolution du statut sérologique
sans comprendre a priori pourquoi. Les effets d'échantillonnage,
certes fondamentaux, ne fournissent pas une explication suffisante.
Un troisième travail publié aussi aux JRP sur la situation
dans le sud ouest de la France et les facteurs de risques de séroconversion
permettra peut être de mieux explorer ces interrogations (Rossel
et al.). |
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| - Fablet et al. Utilisation d'une approche
multifactorielle pour prévenir l'excrétion de Salmonella enterica
par les porcs en croissance. AFMVP 2005, 151 - Corrégé et al. Evolution sur deux ans du statut sérologique d'élevages porcins à forte ou faible prévalence en salmonelles. Journées de la Recherche Porcine 2006, 38, 379-386 |
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| 3. Effets des fumonisines sur les performances et la santé des porcs. | |
| Profitant de la récolte d'un lot de maïs très fortement contaminé en fumonisines (FB1 et FB2) suite à la canicule de 2003, deux essais ont pu être conduits pour évaluer l'impact sur les performances de porcs charcutiers de 25 à 100 kg (4 doses différentes par essai - Grosjean et al., JRP 06). Ces deux essais font suites à ceux qui avaient permis d'évaluer l'impact en post sevrage (PS) et reprennent les mêmes animaux (JRP 05). Le premier essai portait sur 96 porcs et s'intéressait à de très fortes doses de FB1 et FB2 puisqu'un aliment en contenait 81 615 ppb. Le deuxième concernait des concentrations inférieures ( 0 à 8 470 ppb) administrées à 48 porcs. De 100 kg à l'abattage, les animaux ont eu un aliment sain. Tout d'abord, contrairement à ce qui est décrit dans la littérature, aucun dème pulmonaire n'a été observé. Dans le premier essai, il a été noté une réduction des croissances avec des fortes doses alors que rien de significatif n'a été détecté dans l'essai faible dose. A fortes doses, la réduction de croissance s'explique par une tendance à une baisse de consommation (toutefois non significative : p= 0,23) et par une altération nette de l'indice (p=0,04). Ces résultats sont conformes à ceux obtenus en première période de PS (JRP 2005). Toutefois, la réduction de consommation relevée en engraissement est inférieure à celle observée en PS. Cela peut être dû au rationnement des charcutiers. Aucun arrière effet n'est observé lors de la finition des porcs avec un aliment sain et les caractéristiques des carcasses des différents lots sont similaires. Compte tenu des interactions possibles entre mycotoxines et des problèmes de dosage évoqués ce travail ne permet cependant pas de définir un seuil recommandé. Ces résultats avec des doses moyennes ont été
confirmés dans un autre travail des JRP de cette année
(Tanguy et al.). 48 porcs de 10 semaines d'âge de la station de
Ploufragan ont été répartis en 4 lots. Ils ont
été alimentés avec un aliment sain ou contaminé
(8 500 ppb de FB1 et 2 500 ppb de FB2) puis soumis ou non à une
infection par Salmonella Typhimurium et suivis pendant 9 semaines. Aucune
altération des performances zootechnique n'a été
relevée alors que des indicateurs biologiques montraient bien
un phénomène d'intoxication. De même, aucun effet
immunitaire ou impact sur le portage asymptomatique de salmonelles n'a
pu être observé. Toutefois, les auteurs précisent
qu'il existe des travaux contradictoires, notamment une publication
d'Oswald et al. de 2003 qui avait montré une colonisation intestinale
plus importante par des colibacilles avec un aliment à 5 000
ppb de FB1. |
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- Grosjean et al. Effets des fumonisines sur les performances de porcs
charcutiers. JRP 2006, 225-232 |
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Commentaires de l'ISPAIA : La discussion lors de la présentation a aussi enrichi l'éclairage de ce travail. Tout d'abord, le dosage des fumonisines pose un réel problème de répétabilité entre laboratoires. A titre indicatif, la teneur des maïs français en fumonisines est généralement inférieure à 2000 ppb. Toutefois, il conviendra d'être plus attentifs lors d'étés chauds comme en 2003, étés alors propices au développement de ces mycotoxines. D'autres part, les travaux portent souvent sur les seules FB1 et FB2 alors qu'il existe d'autres fumonisines dont la toxicité est suggérée régulièrement mais qui ne sont généralement pas dosées. La législation apporte un autre élément de réflexion. Si aucun seuil de fumonisines n'est encore réglementé en productions animales, ce n'est plus le cas en alimentation humaine depuis 2005. On peut alors s'interroger sur le devenir des maïs refusés en alimentation humaine. |
| 4. Le tryptophane pourrait être utilisé comme sédatif. | |
| Le tryptophane est le précurseur primaire de la sérotonine. Celle-ci possède des propriétés sédatives, qui se traduisent entre autres par une réduction des comportements d'agressivité. Les présents travaux avaient pour objet de déterminer l'effet à court terme d'une supplémentation en tryptophane sur les réponses comportementales et les caractéristiques qualitative de la viande de porc. Trois études ont été menées. Dans la première, 100 porcs d'environ 70 kilos ont été répartis en 20 cases de 5 et suivis quotidiennement pendant trois semaines. La ration alimentaire était la même pour tous, excepté au cours de la 2e semaine d'observation au cours de laquelle 6 cases ont reçu du tryptophane à la dose requise selon les auteurs (0,11%) 7 cases à 2 fois la dose (0,23%) et 7 cases à 4 fois la dose (0,43%). Au cours de la semaine de supplémentation, des effets notables sur le comportement ont été enregistrés, affectant les deux lots d'animaux consommant des hauts niveaux de tryptophane, qui ont passé plus de temps couchés et moins de temps à manger que les témoins. La 2e expérience a porté sur 120 porcs, répartis en trois lots recevant les mêmes rations que précédemment. Ces rations ont été distribuées pendant 3 jours puis, à l'intérieur de chaque lot, des animaux provenant de cases différentes ont été mélangés. Dans les deux lots ayant consommé des hauts niveaux de tryptophane, la durée totale des combats a été réduite d'environ 50% sans que le nombre total de combats n'ait été diminué. Il n'a pas été observé de différence significative entre les animaux qui avaient reçu 2 fois et ceux qui avaient reçu 4 fois la quantité requise de tryptophane. La 3e expérimentation a également porté sur 120
porcs, répartis en trois lots et recevant les mêmes rations
que précédemment pendant une durée de 3 jours,
à l'issue de laquelle ils ont été soumis à
diverses manipulations par l'éleveur. Ils ont ensuite été
abattus et la qualité de la viande a été comparée
entre les lots. Des points de vue comportemental et physiologique, la
seule différence observée a été un mouvement
plus lent des animaux recevant 4 fois la dose et soumis à des
stimulus modérés. Lorsque le stress était plus
important (confinement, décharge électrique
), il
n'a pas été observé de différence entre
les lots. Enfin, il n'a été noté de différence
entre les lots sur aucune des caractéristiques qualitatives de
la viande. Il est à souligner que l'effet sur le comportement
est quasi-immédiat, les modifications étant observées
dès le premier jour suivant l'administration de hautes doses
de tryptophane et disparaissant dans les 3 jours suivant leur retrait. |
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| LI Y.Z. et al. Use of supplementary tryptophan to modify the behavior of pigs. 2006, J. Anim. Sci., 84, 212-220. | |
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Commentaire de l'ISPAIA : ces observations confirment et amplifient les résultats d'études antérieures. Des hauts niveaux de tryptophane peuvent conduirent les animaux à éviter les situations stressantes (évitement lors de combats) quand ils le peuvent, mais ne semblent pas avoir d'effet sur la réponse au stress proprement dit lorsqu'ils ne peuvent y échapper. Notons toutefois que las auteurs ne précisent pas les performances (GMQ, IC) dans la première expérience où les porcs traités passent moins de temps à manger. |
| 5. Qualité de la viande de réforme : avantage aux truies âgées. | |
| Le comportement technologique et de composition chimique des viandes
de réforme font l'objet dans cette étude d'une comparaison
entre des truies ayant au plus 2 rangs de portée et des truies
ayant au minimum 6 rangs de portée. Les truies âgées
ont un poids chaud moyen supérieur aux jeunes (178 kg vs 143
kg). La différence d'épaisseur de lard dorsal (13 mm pour
les jeunes, 17 mm pour les plus âgées) n'est pas significative,
peut-être du fait d'effectifs trop faibles (deux lots de 30).
L'analyse des caractéristiques technologiques a porté
sur des longes désossées, dégraissées, sans
échine ni pointe. Les pH à 1 heure, respectivement de
6,08 et 6,25, sont corrects et non différents entre les deux
lots. Les pH à 24 heures sont également révélateurs
d'une bonne qualité technologique, et plus élevés
pour les truies âgées (5,89 contre 5,68 pour les plus jeunes).
Ces résultats suggèrent que les truies âgées
ont davantage puisé dans leur réserve énergétique.
Le taux en collagène thermosoluble est deux fois plus faible
(1,8% vs 3,7% du collagène total) chez les truies âgées,
de même que le taux de lipides. Les longes issues des truies âgées
sont plus lourdes de 1,2 kg en moyenne (2,8 kg vs 3,6 kg) et présentent
une amélioration de rendement de cuisson (+ 5,3%) à la
limite de la signification (p = 0,056). Les rendements de transformation,
eux, ne sont pas significativement différents entre les deux
lots. Les truies plus âgées présentent une viande
plus sombre, plus recherchée par les professionnels des salaisons
sèches. Enfin, les bacons issus des truies plus âgées
apparaissent plus tendres que ceux issus des truies jeunes. |
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| Frotin P. et al. Truie de réforme. Influence de l'âge sur les qualités de la viande. 2005, Viande et Produits Carnés, 24 (6), 219-222. | |
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Commentaire de l'ISPAIA : Le paiement des truies de réformes se fait en fonction du poids de carcasse comme seul critère de jugement. Ce travail laisse entendre que d'autres critères pourraient être pris en compte. Les éleveurs qui ont une bonne fertilité de troupeau et qui arrivent à faire vieillir leurs truies pourraient alors y avoir un avantage supplémentaire. |
| 6. Détection du virus SDRP chez des verrats dans les jours suivant leur inoculation. | |
| Cette étude avait trois objectifs. Le premier était de déterminer si, et quand, le virus SDRP pouvait être détecté dans le sérum ou la semence de verrats au cours des 6 jours suivant leur inoculation. Le second objectif était d'évaluer l'impact d'un mélange de semences sur la détection du virus par PCR. Enfin, l'éventuelle association entre température rectale et détection du virus dans le sérum a été recherchée. Pour ce faire, quatre groupes de 10 porcs ont été inoculés par le virus par voie intra-nasale. Toutes les 12 heures, à tour de rôle, des prélèvements de sang et de semence ont été effectués sur un des groupes. Au même moment, la température rectale était relevée sur tous les animaux. Au cours des 6 premiers jours suivant l'inoculation, le virus a été
détecté dans le sérum de 36 des 40 verrats alors
que seuls 4 échantillons de semence se sont révélés
positifs. Le temps médian nécessaire à la détection
a été de 36 à 48 heures selon la technique PCR
employée. Excepté lors du dernier prélèvement
(144 heures après inoculation), le mélange d'une semence
positive avec des échantillons négatifs réduit
considérablement la sensibilité de la technique de détection.
Enfin, au moment du prélèvement, les animaux qui se sont
révélés positifs pour l'un ou l'autre des prélèvements
n'ont pas subi d'élévation de température. Dans
les conditions de cette étude, la PCR sur sérum apparaît
donc plus sensible et plus précoce que la PCR sur semence pour
détecter le virus SDRP au cours des 6 jours suivant son inoculation.
La réalisation des PCR sur pool de semences donne des résultats
inconstants. Enfin, la présence de virus dans le sang ou la semence
n'est pas corrélée à une élévation
de la température rectale. |
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Reicks D.L. et al. Detection of porcine reproductive and respiratory syndrome virus in semen and serum of boars during the first six days after inoculation. 2006, Journal of Swine Health and Production, 14, 1, 35-41. |
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Commentaires de l'ISPAIA : Rappelons qu'en Amérique du Nord, plusieurs CIA se sont contaminés par le virus du SDRP sans qu'il soit détecté de signes cliniques ce que confirme ce travail. Les modalités de surveillance des CIA s'en trouvent alors compliquées et une surveillance sérologique ne saurait être totalement satisfaisante, l'excrétion dans la semence pouvant démarrer avant la séroconversion. Christopher Hennings parlait à l'AASV 2003 d'une excrétion allant de 4 à 92 jours après infection expérimentale (majorité des verrats ayant une excrétion limitée). Côté pratique, les prélèvements de sang peuvent se faire facilement à la veine de l'oreille comme cela a été montré par l'auteur à l'AASV 2005. |
| 7. Génétique et sensibilité au virus SDRP | |
| L'équipe de l'Université de l'Iowa, auteur de cette étude, a déjà démontré que la réaction in vitro des macrophages à l'infection par le virus du SDRP était différente entre lignées génétiques. L'objectif de la présente expérimentation était de déterminer si cette différence se retrouvait in vivo, dans des lignées commerciales. A cet effet, 2 lignées ont été comparées, l'une dérivant de la race Large White et l'autre d'un croisement Duroc x Pietrain. Ces deux lignées ont été sélectionnées d'après la réaction in vitro de leurs macrophages et nommées respectivement FACShi (Fluorescence-Activated Cell Sorting Hi) et FACSlo. Les animaux ont été inoculés à 6 semaines
d'âge et suivis cliniquement jusqu'à leur autopsie à
10 ou 21 jours post-inoculation. Les animaux des deux lignées
ont commencé à présenter des signes cliniques respiratoires
ainsi qu'une augmentation de leur température rectale 24 heures
après inoculation, ces signes régressant entre 12 et 20
jours après l'infection. Au 10e jour, des différences
significatives ont été notées sur la quasi-totalité
des critères observés (score respiratoire, hyperthermie,
lésions pulmonaires microscopiques et macroscopiques) en faveur
de la lignée FACShi. (lignée dérivée du
Large White) qui résistait donc mieux après inoculation.
A 21 jours, seul le score de pneumonie interstitielle était significativement
moins élevé chez les animaux de cette lignée. Inversement,
la virémie tendait (de façon non significative : p<0,08)
à être plus élevée chez les porcs de la lignée
FACShi. Ces résultats confirment la forte probabilité
de l'existence d'une composante génétique pour la sensibilité
de l'infection par le virus du SDRP |
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| Vincent A.L. et al. An investigation of susceptibility to porcine reproductive and respiratory syndrome virus between two genetically diverse commercial lines of pigs. 2006, J. Anim. Sci., 84, 49-57. | |
| 8. Quantification du PCV2 dans les différentes voies d'excrétion potentielles. | |
| Le PCV2 (Circovirus porcin de type 2) est aujourd'hui généralement reconnu comme l'agent causal de la MAP. Il est cependant présent à un moment ou à un autre sur la quasi-totalité des porcs, atteints ou non, avec toutefois une charge virale différente. Il a été ainsi démontré à plusieurs reprises que les animaux présentant des signes cliniques et des lésions histologiques de MAP avaient une charge virale plus importante que les animaux indemnes, au niveau du sang et de différents organes (amygdales, poumons, iléon, ganglion ). La présence du virus a également été mise en évidence à partir d'écouvillons nasaux, rectaux, urinaires, salivaires, oculaires et d'amygdales prélevés tant sur des animaux atteints de MAP que sur des animaux indemnes. Toutefois, la charge virale de ces écouvillons (correspondant à des voies d'excrétion potentielles) n'avait pas encore été comparée entre les deux catégories d'animaux. Celle-ci a été évaluée par PCR quantitative sur 57 échantillons de sérum et des écouvillons nasaux (99), d'amygdales (108), trachéobronchiques (72), urinaires (91) et fécaux (42) prélevés sur 146 porcs différents, âgés de 2 jours à 5 mois et autopsiés à l'Ecole Vétérinaire de Barcelone. Tous les prélèvements ont été effectués au cours de l'autopsie. Les animaux ont été classés en 3 catégories sur des critères histologiques et viraux : porcs atteints de MAP (groupe A, n = 42), porcs infectés de façon subclinique (groupe B, n = 29) et porcs indemnes (groupe C, n = 75). Toutes catégories confondues, la charge virale la plus élevée a été observée dans les écouvillons tracheobronchiques, suivis par le sérum, les écouvillons d'amygdales, les écouvillons nasaux, fécaux puis urinaires. Le génome du PCV2 a été détecté dans les trois catégories d'animaux. Sur tous les sites étudiés, la charge virale moyenne était significativement plus élevée chez les animaux du groupe A que chez les animaux des groupes B et C. En conclusion, le PCV2 est probablement excrété dans les sécrétions respiratoires et orales, mais aussi dans l'urine et les fèces, que les porcs soient ou non atteints de MAP. Cependant des charges virales plus élevées sont associées à l'existence de lésions de MAP. |
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| Segales J. et al. Quantification of porcine circovirus type 2 (PCV2) DNA in serum and tonsillar, nasal, tracheo-bronchial, urinary and faecal swabs of pigs with and without postweaning multisystemic wasting syndrome (PMWS). 2005, Veterinary Microbiology, 111, 223-229. | |
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Commentaire de l'ISPAIA : Ces résultats confirment et complètent ceux obtenus antérieurement, en particulier par les chercheurs de l'AFSSA (voir Porcinews n°13 de février 2004) qui avaient observé une forte corrélation entre la charge génomique en PCV2 dans différents tissus et la sévérité de l'expression de la MAP. C'était aussi dans les ganglions trachéobronchiques et les amygdales qu'ils avaient trouvé les charges les plus élevées. |
| 9. MAP et adoptions | |
| Le but initial de ce travail était de voir l'influence d'un sevrage précoce sur l'immunité du porcelet. Huit truies ont été suivies à la station de Guernevez (Finistère). Aucune adoption n'a été pratiquée au cours des 36 premières heures. Vingt-deux couples de porcelets ont été constitués à l'intérieur de ces portées, un porcelet étant sevré à 7 jours et l'autre à 28 jours. Le statut sérologique des truies vis-à-vis du PCV2 a été mesuré avant mise bas. L'immunité des porcelets a été suivie par dosage d'IgG et d'anticorps PCV2. Il ressort de ce travail qu'il n'apparaît pas d'effet négatif du sevrage précoce sur les concentrations sériques en IgG. Relevons que le niveau d'immunité passive à 48 h est inférieur à ce qui pouvait être attendu, ceci étant sans doute à mettre en relation avec la taille importante des portées (15,5 nés vivants). Une corrélation positive est notée entre ce niveau à 48 h et celui à 28 jours. Ce résultat est conforme avec d'autres travaux récents qui associent une bonne mise en place de l'immunité active à 28 jours et une bonne immunité passive à 48 h. Comme le soulignent les auteurs, l'intérêt majeur est dans le suivi des titres d'anticorps PCV2. De manière surprenante, les titres des porcelets progressent entre 2 et 7 jours d'âge ce qui traduit une évolution différente des IgG sériques. Il existe une corrélation entre les titres à 28 jours et à ceux obtenus à 2 jours. Là non plus, il n'est pas mis en évidence d'impact négatif du sevrage précoce. Du côté des truies, deux sur huit étaient séronégatives PCV2 avant mise bas, montrant par là même la possibilité d'avoir des statuts différents au sein d'une petite population. A 63 jours d'âge, leurs porcelets n'avaient toujours pas séroconverti. Ceci est à mettre en relation avec le récent travail de l'AFSSA sur la gestion des adoptions de portées issues de truies inoculées et développé aux JRP (voir aussi Porcinews n°24). L'essentiel des cas de MAP (12 sur 16) a été observé dans des portées issues de mères séronégatives mais qui avaient reçu des porcelets issus de truies infectées par voie utérine et n'ayant pas eu de colostrum avant adoption. Ces travaux illustrent l'importance de la prise colostrale et pose à nouveau la question de la gestion des adoptions en élevage. |
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| Le Dividich et al. Teneur du colostrum en
IgG et titres d'anticorps PCV2 : incidence du sevrage à 7 jours sur
l'immunité des porcelets. Journées de la Recherche Porcine
2006, 38, 347-352 Rose et al. Vaccination parvovirus-rouget chez des truies EOPS infectées expérimentalement par le PCV2 : influence sur le développement de la MAP chez la descendance. Journées de la Recherche Porcine 2006, 38, 339-346 |
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