Février 2009- 43ème numéro de Porcinews


 
 
 
SELECTION D'ARTICLES

1. Intérêts de soins supplémentaires aux porcelets en maternité ?
2. Anémie du porcelet : quels résultats pour le traitement fer-vitamine A ?
3.

Dynamique d'excrétion de Campylobacter porcins et aviaires et transmission entre cases

4. Le jeûne avant abattage peut influer sur le développement d'Enterobacteriaceae dans le caecum
5.

Prévalence et performances zootechniques en engraissement des porcs ayant une hernie ombilicale ou inguinale ou de la cyphose

6.

Les mâles castrés présentent plus de lésions pulmonaires

7. Sensibilité aux antibiotiques de souches de Steptococcus suis provenant de truies porteuses saines en Chine...
8.

Quels facteurs favorisent l'infection expérimentale de porcelets avec PCV2 ?

Quelques informations Pfizer
Actualités à l'ISPAIA

 

1. Intérêts de soins supplémentaires aux porcelets en maternité ?
L'apport de soins supplémentaires aux porcelets en maternité du 1er au 16e jour de vie permet-il de réduire leur mortalité et d'améliorer leurs performances de croissance? Certains paramètres ont déjà été testés individuellement mais pas de manière combinée. C'est pourquoi, dans un même élevage, les auteurs ont réparti des truies et leurs porcelets selon 2 traitements : 60 portées comprenant 647 porcelets (soit 10,8 porcelets nés-vivants en moyenne) ont reçu des soins classiques de J1 à J16 alors que des soins supplémentaires étaient octroyés aux 66 autres portées comprenant 720 porcelets (soit 10,9 porcelets nés-vivants en moyenne). Par soins supplémentaires, les auteurs entendent l'assèchement des porcelets à la mise-bas, la présence de tapis de caoutchouc, l'apport d'électrolytes, le réchauffement des porcelets et l'apport de colostrum à ceux ayant froid, la désinfection du matériel de castration, la vaporisation d'iode sur les plaies de castration ainsi que l'augmentation de la ration de la truie sous la forme d'un 3e repas. Dans ce cas, le technicien passe en moyenne 18 minutes de plus par portée, temps principalement occupé par le nettoyage et la désinfection du récipient à électrolytes. Le poids moyen des porcelets à la naissance est équivalent entre les deux groupes (1,37 versus 1,39 kg) et aucun des porcelets de moins de 0,6 kg n'a survécu plus de 3 jours dans cet essai.

Le taux de mortalité des porcelets recevant les soins supplémentaires a tendance à être plus faible (7,2% versus 8,3%). Les porcelets de poids de naissance inférieurs à 1 kg et recevant des soins supplémentaires ont un taux de mortalité moindre (26,9% versus 40%, p=0,10) et une meilleure croissance que ceux recevant des soins classiques (3,7 versus 3,4 kg, p= 0,05). Cependant, les soins ne sont pas le seul facteur influant la croissance entre 1 et 16 jours d'âge. Les auteurs listent les facteurs suivants : le poids à la naissance, le rang de parité de la truie, la taille de la portée, la santé du porcelet et celle de la truie, l'adoption… Les soins supplémentaires ont donc une action limitée sur la survie et la croissance de l'ensemble des porcelets.

 

Dewey C. et al., Field trial to determine the impact of providing additional care to litters on weaning weight of pigs. The Canadian Journal of Veterinary Research, 2008, 72: 390-395.

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Commentaires de l'ISPAIA : Comment réduire la mortalité et améliorer les performances de croissance des porcelets en maternité ? C'est une question récurrente en élevage. Les valeurs qui ressortent de cet essai sont à prendre avec attention : 10,8 porcelets nés-vivants / truie, une castration à 10 jours d'âge… Si nous avons relevé cet article, c'est plutôt dans l'intérêt des soins spécifiques apportés aux petits porcelets : ils permettent d'améliorer leur taux de survie et leur croissance. A chacun d'y confronter le temps de travail supplémentaire occasionné…


2. Anémie du porcelet : quels résultats pour le traitement fer-vitamine A ?

L'anémie est l'un des premiers facteurs de risque chez le porcelet : né avec des réserves de fer très faibles, il est soumis à une croissance très forte et le lait maternel en contient peu. L'apport de fer dans les jours qui suivent la naissance est le traitement le plus commun en production porcine pour palier à cette anémie ferriprive. Dans cet essai, les auteurs veulent tester l'intérêt d'un traitement combiné de fer et vitamine A pour prévenir l'anémie. Cette vitamine a montré un intérêt pour lutter contre l'anémie, notamment chez la femme enceinte carencée en fer.

Quatre vingt seize porcelets sont répartis en trois groupes : le groupe " témoin " ne reçoit pas de fer, le groupe " fer " a une injection intramusculaire de 200 mg de fer à 2 jours d'âge et le groupe " fer + vitamine A " reçoit la même injection ainsi que l'administration par voie orale de 2000 UI de vitamine A à 2 jours d'âge.

Les porcelets " témoins " ont à 21 jours un gain de poids significativement inférieur aux autres (3,75 kg contre 4,39 pour les " fer " et 4,52 pour les " fer + vitamine A ") et leur mortalité est plus élevée (12,5% contre 3,13%, p<0,05). La concentration en fer dans le foie et la rate des animaux " témoins " euthanasiés à 21 jours est 3 à 5 fois plus faible (p<0,05) que celle des autres lots. Les prises de sang réalisées à 1, 7, 14 et 21 jours d'âge montrent qu'à 7, 14 et 21 jours, la concentration d'hémoglobine, l'hématocrite et la concentration en fer plasmatique des porcelets " témoins " sont significativement inférieurs. Enfin, la capacité totale de liaison du fer des " témoins " est supérieure (p<0,05) à celle des deux lots recevant du fer.

Les porcelets du lot " fer + vitamine A " ont un poids à 21 jours d'âge, un taux de mortalité et une concentration en fer dans la rate comparables à ceux du lot " fer ". Par contre, la concentration en fer dans le foie des porcelets " fer + vitamine A " est 10% supérieure (p<0,05) à celle du lot " fer ". Leur hématocrite est 10,3% supérieur à 7 jours mais cette différence s'efface à 14 et 21 jours d'âge. Ils ont une concentration d'hémoglobine supérieure de 11,2%, 10,6% et 10,7% à celles du lot " fer " respectivement à 7, 14 et 21 jours. De plus, leur concentration en fer plasmatique est significativement supérieure à celle du lot " fer " à 7 et 14 jours. Enfin, leur capacité totale de liaison du fer est plus faible à 14 et 21 jours (p<0,05). Pour les auteurs, l'association fer et vitamine A semble mieux prévenir l'anémie. Les raisons de cette amélioration sont encore floues pour les auteurs et les hypothèses sont nombreuses.

 
Jiang J.F. et al., Combined treatment with vitamin A and iron to prevent piglet anemia. Journal of Swine Health and Production, 2009, 22-27.

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Commentaires de l'ISPAIA : Cette étude permet de se remémorer l'intérêt d'apporter du fer au jeune porcelet. Dans ce cas, il est injecté à 2 jours mais il peut également être distribué par voie alimentaire. La consommation à cet âge est faible et variable. Dans ce cas, il convient de s'interroger si tous les porcelets reçoivent un apport suffisant.

 

3. Dynamique d'excrétion de Campylobacter porcins et aviaires et transmission entre cases.

Le porc est un réservoir naturel de Campylobacter, agent zoonotique pouvant provoquer des toxi-infections d'origine alimentaire chez les humains. Sa prévalence en élevage varie entre 50 et 100% et le niveau d'excrétion se situe entre 102 et 107 bactéries/g de fèces. Il héberge surtout Campylobacter coli mais la présence de Campylobacter jejuni (principal Campylobacter mis en cause dans les toxi-infections) a aussi été rapportée chez le porc. Dans le but de mieux comprendre la dynamique d'excrétion, la transmission et la dissémination de cette bactérie, l'AFSSA inoculé des porcelets EOPS pour les observer et prélever leurs fèces.

Les 7 lots de 3 porcelets sont répartis en 4 unités :

  • Dans la première, un lot (A) est inoculé avec C. coli d'origine porcine et le second lot (B) n'est pas inoculé.
  • Dans la deuxième unité, un lot (C) est inoculé avec C. coli d'origine aviaire et l'autre (D) avec C. jejuni d'origine aviaire.
  • Dans la troisième, un lot (E) est inoculé avec un mélange des trois souches précédentes et l'autre (F) n'est pas inoculé;
  • Enfin, la dernière unité comprend un lot de porcelets témoin.

Les animaux sont tous indemnes de Campylobacter avant inoculation et celle-ci est réalisée à 7 semaines d'âge (J0). Les fèces sont collectés individuellement une fois par semaine jusqu'à 80 jours post-inoculation (J80).

Les auteurs relèvent peu de signes cliniques pendant l'essai ; seuls 2 animaux du lot E présentent de la diarrhée un jour sans hyperthermie, ni anorexie. Les GMQ des différents lots sont similaires. Les dynamiques d'excrétion sont variables selon les souches.

  • Dans le lot A, les porcs excrètent C. coli à raison de 103 à 107 CFU/g de fèces à partir de J2 et l'excrétion se maintient jusqu'à J80 avec une légère baisse vers la fin.
  • Le lot C présente un niveau d'excrétion moins élevé que le lot A et seul un porc du lot C excrète encore C. coli d'origine aviaire à J80. Dans le lot D, seul un porc excrète C. jejuni à J2 puis les 3 porcs excrètent entre 1x102 et 9x103 CFU/g de fèces à J8 (ce qui montre l'absence de transmission entre ces cases C et D). Campylobacter n'est plus excrété à J21, J35 et J49 dans ce lot ; seul un porc ré-excrète Campylobacter de J56 à J63.
  • Dans le lot E, le niveau d'excrétion de C. coli (aviaire et porcin) se situe entre 103 et 107 CFU/g de fèces de J2 à J80.

Les fèces des porcs témoins de contiennent pas de Campylobacter, excluant une possible contamination des lots par des facteurs exogènes. Enfin, Campylobacter est retrouvé dans les fèces des lots non inoculés B (C. coli d'origine porcine) et F (C. coli d'origines porcines et aviaires) à J49, entre 103 et 106 CFU/g de fèces. La transmission inter-case est donc possible.

Dans le lot A, un porc n'excrète pas de Campylobacter lors d'un prélèvement. Ceci suggère une excrétion intermittente.
Les auteurs concluent que la souche porcine de C. coli colonise préférentiellement le tube digestif porcin en comparaison de la souche aviaire de C. coli ou de C. jejuni

 

Leblanc Maridor M. et al., Experimental infection of specific pathogen-free pigs with Campylobacter : Excretion in faeces and transmission to non-inoculated pigs. Veterinary Microbiology, 2008, 131: 309-317.


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4. Le jeûne avant abattage peut influer sur le développement d'Enterobacteriaceae dans le caecum.

La mise à jeun chez les porcs a lieu environ 12 à 24h avant abattage, délai comprenant l'attente en élevage et celle à l'abattoir. Elle a pour but de réduire le risque de contamination des carcasses lors de l'éviscération, le gaspillage d'aliment et les viandes PSE. Cependant, ce délai peut modifier l'environnement de certains pathogènes et induire leur développement.

Dans cet essai, les auteurs testent 6 combinaisons en jouant sur le délai de mise à jeun en élevage (2 ou 12h) et l'attente à l'abattoir (0 ,5 ou 10h), à raison de 12 porcs par combinaison. Vingt minutes après abattage, différentes mesures et analyses dont les paramètres de fermentation, sont effectuées sur le tractus gastro-intestinal.

L'augmentation du délai de mise à jeun en élevage et celle de l'attente à l'abattoir entraînent une diminution du poids du tractus digestif (respectivement p<0,0001 et p<0,001) de 6,69 à 4,59 kg et une hausse du pH caecal (respectivement p<0,0001 et p=0,001) de 5,79 à 6,79. La modification des fermentations est confirmée par la diminution de la concentration totale en acides gras à chaîne courte avec l'allongement des deux attentes (respectivement p<0,005 et p=0,0001) de 210,5 à 99,9 mM alors que la concentration en NH3 suit la tendance inverse (respectivement p<0,005 et p<0,001). L'évolution des acides gras butyriques, valériques et à chaîne ramifiée est significativement liée aux traitements. Par contre, ces derniers n'influent pas sur la concentration en acides lactiques. Les lactobacilles ne décroissent qu'avec la hausse de l'attente à l'abattoir (p<0,05) alors que l'allongement de l'attente en élevage (p<0,01) et à l'abattoir (p<0,05) entrainent une augmentation des Enterobacteriaceae. Cela pourrait être lié aux modifications d'activité fermentaires et de pH. Le développement de cette population ne signifie pas assurément la hausse des pathogènes de cette famille comme Salmonella mais les auteurs l'évalue comme un hypothétique indicateur indirect.

 
Martin-Pelaez S. et al., Increasing feed withdrawal and lairage times prior to slaughter decreases the gastrointestinal tract weight but favours the growth of cecal Enterobacteriaceae in pigs. Livestock Science, 2008, 119: 70-76.

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Commentaires de l'ISPAIA : ce travail conduit aussi à des réflexions sur ce qui se passe en élevage. Si l'ajeunement est une mesure simple parfois mise en œuvre pour limiter des diarrhées, il faut bien être conscient qu'il y a aussi de stades d'élevage où un pourcentage plus ou moins important d'animaux peut se retrouver ajeuné sans qu'on l'ait décidé.
C'est particulièrement vrai lors du sevrage où l'on sait que des porcelets peuvent présenter une anorexie de 48 heures. Mais c'est aussi le cas lors de transfert d'animaux au cours desquels les animaux doivent souvent s'adapter à de nouveaux systèmes d'alimentation.
Quand la situation est aggravée par des défauts de confort, d'hygiène, quelles sont les conséquences de ce jeûne sur leur stabilité digestive ?

 

5. Prévalence et performances zootechniques en engraissement des porcs ayant une hernie ombilicale ou inguinale ou de la cyphose

L'entrée des porcs en engraissement dans ce site aux Etats-Unis a lieu vers 27 et 32 kg et ils quittent l'élevage pour l'abattoir entre 126 à 131 kg. Dans cette étude, les auteurs pèsent les porcs par lot à l'entrée en engraissement et, lorsqu'ils présentent une anomalie anatomique (hernie ombilicale ou inguinale ou cyphose), ces derniers sont marqués et pesés individuellement. Les hernies ombilicales sont classées selon 3 échelles de taille. Quatre-vingt jours plus tard (J80), les lots et les porcs marqués sont pesés à nouveau. Aucun porc non marqué ne présente d'hernie ou de cyphose à J80.

Les porcs présentant une anomalie anatomique ont un taux de mortalité significativement plus élevé que les autres (respectivement 7,2% pour les porcs ayant une hernie ombilicale, 25% pour ceux ayant une hernie inguinale et 11,8% pour ceux ayant de la cyphose versus 3% pour les porcs " normaux "). La mortalité chez les porcs ayant une hernie ombilicale de grande taille tend à être plus élevée. Les porcs morts pendant l'essai sont autopsiés et présentent la plupart du temps des péritonites en cas d'hernie et de la pneumonie en cas de cyphose.

Les prévalences des anomalies s'élèvent à 0,86% pour les hernies ombilicales et 0,70% pour les inguinales et 0,42% pour la cyphose. Cette dernière est significativement plus forte chez les mâles castrés que les femelles (p<0,05) alors que les auteurs ne relèvent aucune différence selon le sexe pour les hernies ombilicales. Aucune hernie inguinale n'est notée sur les cochettes. Enfin, le GMQ des porcs ayant une hernie ombilicale est plus faible que celui des porcs " normaux ", quelque soit la taille de l'hernie.

Les porcs ayant des anomalies anatomiques engendrent certains désavantages : ils consomment de l'aliment et occupent de la place en engraissement pendant quelques temps supplémentaires quand ils survivent. Du point de vue bien-être, leur présence peut être contestée. Pour ces porcs, l'euthanasie pourrait être une meilleure solution que la mise en engraissement.

 
Straw B. et al., Anatomical abnormalities in a group of finishing pigs : prevalence and pig performance. Journal of Swine Health and Production, 2009, 17: 28-31.

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6. Les mâles castrés présentent plus de lésions pulmonaires

Les données individuelles de 9286 porcs issus de 22 élevages et obtenues au cours de onze essais cliniques ont été utilisées pour étudier une éventuelle relation entre l'importance des lésions pulmonaires et le sexe des porcs.

Les résultats sont édifiants. Les porcs mâles castrés présentent significativement plus souvent des lésions de pneumonie (61,5% d'animaux atteints versus 54,0 %, p< 0,001) et le niveau lésionnel des porcs atteints est relativement plus marqué pour les mâles (5,47 versus 5,08 de note moyenne, p = 0,001). Cet effet est observable dans 21 des 22 élevages étudiés (significativement ou non). La pleurésie touche elle aussi plus sévèrement les mâles.

Très peu de publications discutent cet aspect dans la bibliographie. La plus significative est Sorensen et al. (Diseases of Swine 2006). Ils notent qu'il est régulièrement rapporté dans le système de surveillance danois que le taux de mâles présentant de la pneumonie ou de la pleurésie est de 10% plus élevé que celui des femelles.

S'agissant d'une étude conduite d'après des essais cliniques, les animaux des deux sexes avaient été exposés aux mêmes agents pathogènes et étaient de même âge. A ce stade, il ne peut être avancé d'explication tangible. Néanmoins, au vu des résultats, il est recommandé de prendre en compte le sex ratio pour comparer des contrôles pulmonaires entre différents groupes d'animaux.

 

Pommier et al. Sexe et lésions pulmonaires à l'abattoir chez le porc. Journées AFMVP 2008, 72-73.

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Commentaires de l'ISPAIA : cette étude est aussi à mettre en relation avec le résumé précédent. Dans cet élevage les mâles castrés présentent aussi significativement plus de cyphose que les femelles.

 

7. Sensibilité aux antibiotiques de souches de Steptococcus suis provenant de truies porteuses saines en Chine...

D'un point de vue épidémiologique, la principale source d'infection des porcelets par Streptococcus suis est leur mère, porteuse saine. En cas de pathologique à S. suis, les antibiotiques sont le moyen de lutte le plus efficace. C'est pourquoi, les auteurs ont voulu évaluer le niveau d'antibiorésistance de souches de S. suis isolées sur truies saines. Dans cet étude, 421 isolats de S. suis ont été collectés sur des truies cliniquement saines âgées d'un an ou plus. Ces souches ont été obtenues par culture de biopsies d'amygdale de truies provenant de 9 différentes régions de Chine entre 2005 et 2007. Une fois identifiées, les souches de S. suis ont subi un test de sensibilité vis-à-vis des 12 antibiotiques suivants : pénicilline, ampicilline, ceftiofur, enrofloxacine, clindamycine, érythromycine, tilmicosine, chloramphénicol, tiamuline, tétracycline, " sulfisoxazole ", triméthoprime-sulfaméthoxazole.

Plus de 50% des isolats sont résistants aux antibiotiques suivants : tétracycline (91,7%), " sulfisoxazole " (86,7%), clindamycine (68,4%), érythromycine (67,2%), tilmicosine (66,7%) et triméthoprime-sulfaméthoxazole (59,1%). Les auteurs remarquent, en comparant ces résultats à d'autres études sur porcs malades en Europe, que la sensibilité au triméthoprime-sulfaméthoxazole est ici plus faible.
D'autre part, 34,4% des isolats sont résistants à la tiamuline contre 32,8% pour l'enrofloxacine, ce dernier résultat étant plus élevée que celui sur porcs malades en Europe. Les auteurs relient ces résultats à l'usage de ces antibiotiques en tant qu'additifs alimentaires. Près de 20% des isolats sont résistants au chloramphénicol alors que l'antibiotique est interdit en Chine depuis 2002. Les isolats sont moins résistants aux ?-lactamines (ceftiofur, 22,1% de souches résistantes et 37,3 % d'intermédiaires ; pénicilline, 9,5% de souches résistantes ; ampicilline, 4%) mais les auteurs recommandent la prudence sur les doses et les combinaisons. En tout, seules 11 souches sont sensibles à tous les antibiotiques testés. Plus de 80% des souches sont résistantes à plus de 3 antibiotiques et un isolat est résistant aux 12 antibiotiques.

 
Zhang C. et al., In vitro antimicrobial susceptibility of Streptococcus suis strains isolated from clinically healthy sows in China. Veterinary Microbiology, 2008, 131: 386-392.

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Commentaires de l'ISPAIA : les résultats de ce type d'enquête est toujours à analyser avec prudence en fonction des pratiques thérapeutiques et des spécificités des pays concernés. Mais même si nous ne disposons pas de résultats français d'isolats identifiés sur truies saines, ces résultats nous interpellent. Ainsi, à l'AFMVP fin 2007, Hervé Morvan a communiqué les résultats d'antibiogramme du LDA22 obtenus sur 258 souches de S. suis identifiées de 2002 à 2007. Les résultats sont nettement plus favorables. Aucune résistance n'a été détectée vis à vis de l'amoxycilline, du ceftiofur ou du florfénicol. Pour l'enrofloxacine ou le " TMP-sulfa " il y avait respectivement 18 et 17% de résistance. Cette étude nous montre donc que les choses peuvent évoluer et conforte toutes les démarches visant à raisonner les pratiques médicales.

 

8. facteurs favorisent l'infection expérimentale de porcelets avec PCV2 ?

La MAP est une pathologie difficile à reproduire en conditions expérimentales. Grâce à une méta-analyse sur 100 expérimentations issues de 44 essais, les auteurs ont déterminé les facteurs favorisant l'infection expérimentale avec PCV2 successivement par une analyse bivariante, une analyse factorielle des correspondances multiples et une régression de Poisson.

Le nombre de porcs varie entre 3 et 58, avec une moyenne de 10 porcs inoculés par essai. Ils sont âgés de 1 jour à plus de 5 semaines lors de l'inoculation. Dans 61 expérimentations, les porcelets reçoivent du colostrum. Parmi eux 65,6% sont séronégatifs vis-à-vis du PCV2 et 34,4% sont séropositifs. Tous les porcelets privés de colostrum sont séronégatifs. Vingt-deux souches de PCV2 ont été utilisées, deux souches (ISU-40895 et Stoon-1010) représentant respectivement 28 et 27 expérimentations. L'inoculation est réalisée à 87% par voie intra- ou oro-nasale avec des doses variant de 102 à 106 TCID50 par porc. Enfin, PCV2 est inoculé seul dans 57% des essais contre 8% avec immunostimulation, 12% en co-infection avec le parvovirus, 7% avec le virus du SDRP et 6% avec M. hyopneumoniae. Dans seulement 38% des essais, les chercheurs parviennent à reproduire la MAP avec en moyenne 15,1% des porcs inoculés atteints.

D'après l'analyse bivariante, les paramètres nécessaires pour assurer la réussite de l'inoculation sont :

  • inoculation entre 1 jour et 3 semaines d'âge
  • privation de colostrum, statut séronégatif avant inoculation,
  • utilisation d'une souche de PCV2 de génotype 1,
  • une dose importante de PCV2 et
  • une co-infection ou immunostimulation.

L'analyse de correspondance multiple reprend les mêmes éléments, le choix de la souche mis à part, et en précisant une inoculation entre 1 et 7 jours d'âge et une dose supérieure à 106 TCID50 par porc. Elle précise que cette association de paramètres donne plus de 80% de réussite avec un taux de porcs infectés supérieurs à 50% alors que son opposé amène 70% d'échecs.
Enfin, la régression de Poisson confirme ces paramètres et les classe par ordre de signification. Cette analyse comporte également quelques limites : peu d'expérimentations ratées sont publiées, un nombre d'instituts de recherche faible (12 au total et 60% des essais ont été réalisés par 2 d'entre eux) et des habitudes de protocole et la non-étude de certains paramètres faute de précisions dans les publications.

 
Tomas A. et al., A meta-analysis on experimental infections with porcine circovirus type 2 (PCV2). Veterinary Microbiology, 2008, 132: 260-273.

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Quelques informations Pfizer

Sur http://www.pfizer-vet.fr/, Pfizer met à votre disposition deux experts dans le domaine porcin. N'hésitez pas à vous connecter sur http://www.pfizer-vet.fr/, rubrique Service Expert.

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Actualités ISPAIA

FORMATIONS MAI 2009

 

Approche des Problèmes Digestifs du Porcelet - 12 Mai 2009
Objectifs :
1. Connaître les signes cliniques et l'évolution des pathologies digestives du porcelet
2. Reconnaître les lésions digestives
3. Connaître les facteurs de risque d'émergence de la pathologie digestive en maternité et début de post-sevrage
4. Comprendre le rôle de l'alimentation
5. Structurer sa démarche diagnostic

 

Approche des Problèmes Digestifs du Porc Charcutier - 13 Mai 2009
Objectifs :
1. Connaître les signes cliniques et l'évolution des pathologies digestives du porc en fin de post-sevrage et en engraissement
2. Reconnaître les lésions digestives
3. Connaître les facteurs de risque d'émergence de la pathologie digestive en fin de post-sevrage ou en engraissement
4. Comprendre le rôle de l'alimentation
5. Structurer sa démarche diagnostic

 

Approche des Problèmes Respiratoires - 26 Mai 2009
Objectifs :
1. Connaître les signes cliniques et l'évolution des pathologies respiratoires du porc
2. Reconnaître et savoir noter les lésions pulmonaires et nasales du porc
3. Connaître les facteurs de risque d'émergence des problèmes respiratoires
4. Structurer sa démarche diagnostic

 

Pour toute demande d'informations, vous pouvez joindre Bénédicte LECLERC (benedicte.leclerc@zoopole.asso.fr).

L'ISPAIA se tient à votre disposition pour toute réflexion dans le domaine de la formation et de l'animation technique en productions animales.

Articles intégraux disponibles au centre de documentation du Zoopôle (Tel : 02.96.78.61.25 - email : francoise.duborgel@zoopole.asso.fr). Retrouvez l'ensemble des résumés parus également sur http://www.pfizer-vet.fr/ et sur www.zoopole.com/ispaia.

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